Mali : Des hommes s’impliquent dans les travaux domestiques pour aider leurs épouses

| mai 13, 2024

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Nouvelle en bref

C’est un dimanche matin à Djicoroni Para, au Mali, et Boubacar Doumbia balaie la concession de la maison pendant que sa femme prépare le petit déjeuner de la famille. Monsieur Doumbia prend une part active aux travaux domestiques avec sa femme, en allant puiser de l’eau, en faisant la lessive et en prenant soin des enfants. Il partage également son expérience avec la communauté, en qualité de facilitateur communautaire de l’Association du Sahel d’Aide à la Femme et à l’Enfant, remettant ainsi en question les rôles selon le genre qui attribuent les responsabilités ménagères aux femmes. Monsieur Doumbia déclare : « Les travaux ménagers sont de notre responsabilité collective dans le couple. Le mariage est fait pour l’entraide et la complémentarité. »

C’est un dimanche matin du mois d’avril à Djicoroni Para, un quartier de la commune IV du district de Bamako, au Mali. Boubacar Doumbia, un quadragénaire, est réveillé depuis six heures du matin. Il balaie la cour pendant que son épouse s’active pour préparer le petit déjeuner de la famille. Il déclare : « Les travaux ménagers sont de notre responsabilité collective dans le couple. Le mariage est fait pour l’entraide et la complémentarité. »

Monsieur Doumbia et sa femme, Oumou Diarra, s’entraident pour maintenir la bonne entente dans leur couple et inspirer d’autres personnes autour d’eux. Au Mali, les croyances religieuses et traditionnelles attribuent la responsabilité des travaux ménagers aux femmes. Mais, malgré cette pression sociale, monsieur Doumbia soutient sa femme et l’aide à accomplir les tâches ménagères. Il montre son attachement à sa famille en s’impliquant dans les activités domestiques. Il n’hésite pas à puiser de l’eau pour sa famille, balayer la cour, faire la lessive ou encore prendre soin de ses enfants.

Il déclare : « Être un chef de famille implique des responsabilités. Même le vendredi dernier, j’ai amené deux de mes enfants dans un centre de santé pour la vaccination de routine. »

Monsieur Doumbia est membre de l’Association du Sahel d’Aide à la Femme et à l’Enfant. Il partage son expérience avec sa communauté pour un changement de comportement. Dans son quartier à Djicoroni Para, il est facilitateur communautaire et les gens le remarquent grâce à son exemplarité et son engagement au sein de la communauté.

Chaque dernier mercredi du mois, l’association tient une séance de sensibilisation. Monsieur Doumbia explique : « Nous sensibilisons les gens dans les quartiers de la commune sur le partage de responsabilités dans l’exécution des travaux domestiques. »

Madame Doumbia croit que l’aide de son mari lui permet d’avoir du temps pour se reposer et entreprendre de petites activités lucratives, telles que le jardinage. Elle utilise les revenus de ces activités pour couvrir les dépenses de la famille.

Mamadou Diarra est un expert en égalité de genres au Centre d’Étude et de Coopération Internationale. Il déclare : « La masculinité positive consiste à privilégier la communication, l’entraide et la complémentarité entre l’homme et la femme dans un couple. » Selon lui, l’entraide dans l’accomplissement des travaux domestiques a beaucoup d’avantages pour les couples et la société, en ce qu’elle garantit la stabilité de la famille et permet aux enfants de grandir dans un environnement paisible. Cela peut aussi contribuer à lutter contre les violences conjugales et les autres formes de violences dans les familles.

Pour monsieur Diarra, le combat de la masculinité positive est un combat de longue haleine. Il préconise la poursuite des formations et des campagnes de sensibilisation, qui, selon lui, pourrait favoriser le changement de comportement dans la société malienne.

Monsieur Doumbia estime que son comportement impacte les autres hommes de sa communauté. Il note : « Je reçois des retours positifs, car beaucoup de jeunes me considèrent comme leur idole. Cela me réjouit. »

Il est convaincu qu’aucune religion ou valeur traditionnelle ne s’oppose au fait qu’un homme aide sa femme. Il conclut : « Aujourd’hui, je suis un homme heureux qui inspire dans ma communauté et je suis déterminé à continuer dans ce sens. »

Cette ressource a été produite dans le cadre de l’initiative UCARE – La prestation des soins non rémunérée en Afrique subsaharienne qui vise à renforcer l’égalité des genres et le pouvoir des femmes par un engagement pour un partage plus juste et équitable des soins non rémunérés et du travail domestique au sein du ménage et de la famille en Afrique subsaharienne. Le projet est mis en œuvre en partenariat avec Radios Rurales Internationales (RRI), ONU Femmes et le Réseau de développement et de communication des femmes africaines (FEMNET) grâce à un financement d’Affaires mondiales Canada.