Mali : Comment un groupe de jeunes femmes encouragent les jeunes à aller faire des tests de dépistage pour les IST

| septembre 5, 2022

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Ada Diam Assouba, 28 ans, est la présidente de l’Association Voix des jeunes, un groupe qui sensibilise et se bat pour prévenir et soigner les infections sexuellement transmissibles, ou IST, près de Ségou, au Mali. Madame Assouba explique les IST sont des infections qui peuvent se transmettre lors des rapports sexuels non protégés, mais également par le sang ou le lait maternel. Au Mali, comme ailleurs, les IST constituent une grave menace pour la santé, mais elles sont rarement abordées dans les discussions. En raison du caractère sensible des IST, beaucoup de personnes sont peu disposées à faire le dépistage ou à aller dans des centres de santé par crainte d’être rejetées. En collaboration avec l’Association malienne pour la protection et la promotion de la famille, l’Association la Voix des jeunes sensibilise et encourage plus de personnes à subir régulièrement des tests de dépistage des IST. L’organisation gère également une clinique mobile pour réaliser des tests de dépistage sur place.

Aujourd’hui, sur la grand-place principale de Pélengana, une commune située à cinq kilomètres de Ségou, au centre du Mali, des membres de l’Association la Voix des Jeunes retient toutes les attentions. Entourés d’un groupe de femmes, devant une clinique mobile, les membres expliquent l’importance de faire des tests de dépistage pour les infections sexuellement transmissibles, ou IST.

Ada Diam Assouba, 28 ans, est la présidente de l’Association la Voix des jeunes, une structure qui sensibilise et œuvre pour apporter un changement par rapport aux questions telles que la violence fondée sur le genre, la santé de la reproduction, ainsi que la prévention et le traitement des IST. Madame Assouba explique que les IST sont des infections qui peuvent se transmettre lors de rapports sexuels non protégés, mais également par le sang ou le lait maternel.

Au Mali, comme ailleurs, les IST constituent une menace grave pour la santé, mais on en parle rarement. À cause du caractère sensible du sujet des IST, beaucoup sont réticents à faire des tests de dépistage ou à se rendre même dans des centres de santé par crainte d’être rejetés.

Pour lutter contre cette stigmatisation et accroître le taux de dépistage, l’Association la Voix des Jeunes travaille avec l’Association malienne pour la protection et la promotion de la famille, une organisation non gouvernementale locale. Ensemble, les deux organisations font de la sensibilisation sur les avantages qu’il y a à subir un test de dépistage pour les IST et la raison pour laquelle il est important d’aller demander des soins dans des centres de santé.

Assetou Haïdara est la coordinatrice de l’antenne de l’Association malienne pour la protection et la promotion de la famille à Ségou. Selon elle, il existe plusieurs sortes d’IST, dont les plus courantes sont la syphilis, l’herpès, la chlamydia, la gonorrhée et le VIH. Elle explique que les symptômes de ces IST sont, par exemple, les boutons qui apparaissent sur les organes génitaux, les démangeaisons, les pertes vaginales, les douleurs lors des rapports sexuels. Elle ajoute que les IST ont une incidence directe sur la santé sexuelle et reproductive des femmes et des hommes en ce qu’elles causent des problèmes tels que l’infertilité, des complications durant les grossesses et le VIH.

Madame Haïdara conseille le dépistage régulier afin de détecter et traiter rapidement les IST et pour protéger contre les infections. Mais selon elle, ce rêve ne s’est pas encore concrétisé. Elle explique : « Au Mali, parler d’IST est un sujet tabou. Car, les personnes atteintes d’IST sont stigmatisées et se retrouvent isolées par leur entourage. C’est pourquoi les jeunes refusent le dépistage. »

Selon elle, le dépistage régulier des IST est important pour tout le monde. Il permet aux gens de connaitre leur statut sérologique, l’état actuel de leur santé et de suivre des traitements contre les IST.

Pour les femmes, d’autres IST nécessitent parfois un examen gynécologique, qui permet d’évaluer la santé des organes reproducteurs externes et internes. Madame Haïdara explique : « À l’aide d’un spéculum, on examine l’utérus de la femme. Cette étape ne fait pas du tout mal et en cas de présence de maladies nous leur donnons des médicaments aux femmes. »

L’Association la Voix des Jeunes et l’Association malienne pour la protection et la promotion de la famille encouragent plus de gens à subir régulièrement des tests de dépistage pour les IST. Les organisations gèrent une clinique mobile qui se déplace dans les quartiers de Ségou pour faire des tests de dépistage sur place.

Madame Assouba explique que son association a formé un groupe de jeunes femmes pour qu’elles apprennent ensemble ce que sont que les IST, et s’encouragent mutuellement à se faire dépister.

Elle continue : « Ensuite, nous avons mis en place de petits groupes dans les quartiers de Ségou. Ces groupes sont animés par les mêmes adolescentes et chacun travaille à encourager les jeunes, les femmes et les hommes à subir des tests de dépistage également. »

Selon Madame Haïdara, cette stratégie fait ses preuves sur le terrain. Elle explique :« Avant, on se limitait à des émissions radio de sensibilisation, des caravanes et nous profitons des festivals pour dépister, mais il n’y avait pas de mobilisation. » Cependant, le fait d’avoir de jeunes femmes comme responsables et une clinique mobile qui peut atteindre les groupes éloignés fait en sorte que le nombre de personnes qui se font dépister, notamment celui des jeunes hommes et des jeunes femmes augmente.

Madame Assouba et l’Association la Voix des jeunes appuient aussi cette stratégie. Madame Assouba déclare : « Avec l’implication des femmes et notre système de pair-éducation, qui consiste à faire véhiculer le message entre nous-mêmes jeunes s’avère efficace. Nous allons sans nul doute lever le tabou autour du dépistage des IST et permettre aux jeunes de connaitre leur statut sérologique. »

Cette ressource a été produite grâce à l’initiative « HÉRÈ — Bien-être des femmes au Mali » qui vise à améliorer le bien-être des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et reproductive et à renforcer la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre dans les régions de Sikasso, Ségou, Mopti et le district de Bamako au Mali. Le projet est mis en œuvre par le Consortium HÉRÈ – MSI Mali, en partenariat avec Radios Rurales Internationales (RRI) et Women in Law and Development in Africa (WiLDAF) grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.

Photo : Clinique mobile de l’Association la Voix des jeunes et de l’Association Malienne pour la Protection et la Promotion de la Famille.