Malawi : Pallier la baisse de rendements dans la durée (SciDev.net)

| avril 14, 2025

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Nouvelle en bref

Dans le district de Mzimba, au nord du Malawi, Fanny Ndhlovu, une agricultrice d’exploitation familiale, constate une baisse des rendements du maïs et des bananiers à cause de la dégradation des sols et des coûts élevés des engrais. Elle déclare : « Nous vivons grâce à la culture de la banane et de maïs, mais la production a baissé ces dernières années. » Toutefois, un projet de l’Université Mzuzu offre de l’espoir. Une équipe de recherche a développé un engrais organique, bon marché, à base de résidus de mouches soldat noires, de biocharbon, de balle de riz et de marc de café. Ndhlovu, formée dans le cadre du projet, croit que cette solution pourrait redynamiser l’agriculture locale.

Dans le district de Mzimba, au nord du Malawi, s’étalent de vastes étendues de terres agricoles où abondaient jadis des plants de maïs doré et de bananiers vigoureux. Mais, ces dernières années, ces champs produisent beaucoup moins, de sorte que les agriculteurs et les agricultrices peinent à préserver leurs moyens de subsistance.

Fanny Ndhlovu, une agricultrice d’exploitation familiale du district de Mzimba, a connu des problèmes de baisse de rendements. Elle déclare : « Nous vivons grâce à la culture de la banane et de maïs, mais la production a baissé ces dernières années. Nous n’avions aucun moyen d’inverser la tendance à la baisse. »

Face à la hausse du coût des engrais chimiques, plusieurs agriculteurs et agricultrices d’exploitations familiales n’ont plus les moyens d’acheter ces intrants. Ceux et celles qui en ont les moyens enregistrent quand même une faible productivité à cause des changements météorologiques et de la dégradation des sols.

Un projet de l’Université Mzuzu, réalisé en partenariat avec la Science Granting Councils Initiative et la Commission nationale du Malawi pour la science et la technologie, pourrait offrir une solution. Une équipe de recherche a développé un engrais organique à base de résidus de mouches soldat noires, de balle de riz et de marc de café.

La chercheuse en chef Elija Wand explique que les excrétions de la mouche soldat noire sont riches en protéines, en calcium et en potassium. Lorsqu’on les mélange avec du biocharbon, elles fournissent un engrais riche en éléments nutritifs. Le mélange est analysé dans un laboratoire, séché et conditionné pour utilisation.

Elle nous raconte : « Le but est de combattre la dégradation des sols et d’améliorer la productivité agricole grâce à une solution de rechange durable bon marché aux engrais synthétiques. »

Une note d’orientation de l’Institut Mwapata estime que la dégradation des sols au Malawi entraîne une perte de 2,3 millions de tonnes de maïs chaque année. Considérant que le maïs est une denrée de base, la restauration de la santé des sols est importante.

Le projet a également exploré la possibilité d’élever des mouches soldat noires pour fabriquer des aliments pour animaux. Maggie Munthali-Ngosi, chercheuse universitaire à l’Institut Mwpata, affirme que le plan de santé des sols de 10 ans du Malawi englobe les engrais durables et les sources d’aliments alternatives.

Madame Ndhlovu, bénéficiaire d’une formation du projet, transmet ses connaissances à d’autres agriculteurs et agricultrices. Ses collègues et elle ont aménagé une bananeraie où elles emploient le nouvel engrais.

Elle déclare : « Nous croyons que c’est la solution à nos luttes agricoles. Avec un peu d’assistance, nous pouvons produire suffisamment d’engrais pour assurer notre subsistance. »

La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Charles Mpaka pour SciDev, sous le titre « Fly poo boosts Malawi crop yields. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.scidev.net/global/supported-content/fly-poo-boosts-malawi-crop-yields/