Mark Ndipita | février 29, 2016
Akisoni Msandula plantait des arbres et encourageait ses collègues à faire de même bien avant le tournant du siècle. M. Msandula vit à Thandaza, un village situé à environ 35 kilomètres au nord-ouest de Lilongwe, la capitale du Malawi.
En 1999, M. Msandula a planté 700 arbres autour de son habitation et ses champs de maïs et de tabac. Il explique : « L’agent forestier est venu dans notre village pour expliquer qu’il était nécessaire pour nous d’avoir plus d’arbres. J’ai acheté et planté des semis de cassia par les soins de l’agent forestier, mais les autres agricultrices et agriculteurs ont jugé que cela coûtait cher et ils n’ont planté aucun arbre. »
Il poursuit : « J’ai suggéré à mes collègues agricultrices et agriculteurs de commencer à planter des arbres autour de leurs habitations et leurs champs, mais ils ne m’ont pas écouté. Cela explique pourquoi il y a très peu d’arbres dans cette région. »
Les paysannes et les paysans du village s’affairaient à couper les arbres sans prendre la peine de planter d’autres pour les remplacer. M. Msandula déclare : « Dans mon village, plusieurs champs sont exposés à une érosion massive du sol. Les femmes doivent parcourir de longues distances pour aller chercher du bois de chauffe … il faut désormais dépenser beaucoup d’argent pour l’achat du bois destiné à la construction d’habitations pour les personnes et les animaux. » Le déboisement est un des facteurs des sécheresses, des températures extrêmes, des inondations et des précipitations irrégulières observées dans la région.
Mais, aujourd’hui, M. Msandula récolte les fruits de sa plantation d’arbres. Ses arbres ont rapidement grandi, et plusieurs autres agricultrices et agriculteurs de son village suivent désormais son exemple.
Veronika Biniwelo est une agricultrice du village de Thandaza qui a également planté des arbres cette année. Elle attribue le déboisement observé dans sa région au manque d’eau, ainsi qu’aux précipitations imprévisibles et aux inondations.
Elle explique : « [Durant] ces dernières années, les pluies ont été irrégulières … il est désormais difficile de planifier les activités agricoles, et surtout la période de plantation de cultures telles que le maïs. En outre, les catastrophes provoquées par les inondations nous causent du tort … par exemple : la semaine dernière, un homme est mort après avoir été emporté par les eaux de la rivière tout près d’ici. Cet accident est survenu à la suite d’un ruissellement d’eau plus important puisque [le] peu d’arbres dont nous disposons ne peuvent ni retenir l’eau ni réguler son débit. »
Overton Sinoya est le chef du village de Thandaza. Il s’est mis à encourager les membres de sa communauté à planter des arbres chaque année après s’être aperçu des effets néfastes du déboisement sur l’agriculture. Il explique : « Cette année … nous avons repéré une terre près la berge de la rivière de notre village, et nous y avons planté 3 000 arbres … J’encourage également chaque agricultrice et agriculteur à planter à titre personnel des arbres chaque année, et je les dissuade de poursuivre la fabrication du charbon de bois qui détruit les arbres de ma région. »
Joseph Mkayala est l’agent forestier de la région. Il est heureux de voir que les villageois(e)s prennent des mesures pour inverser la tendance du déboisement. Il raconte : « J’apprends à ces gens à planter des arbres et à les soigner. Comme il y a peu d’arbres dans la région, je les encourage à planter des arbres qui poussent plus vite, tel que le cassia, afin qu’ils puissent en jouir rapidement. »
En plus d’utiliser les arbres pour les besoins de sa famille, M. Msandula gagne un revenu en vendant les arbres élagués aux villageois(e)s. Il déclare : « Tous les ans, les arbres me rapportent environ 60 $US. J’utilise cet argent pour acheter des vêtements pour ma famille. Cette année, j’ai planté 400 semis, et je continuerai à planter des arbres jusqu’à ma mort, afin que les prochaines générations de ma famille puissent en bénéficier également. »