Malawi : La dénonciation des violences basées sur le genre sauve des mariages brisés

| novembre 27, 2023

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Nouvelle en bref

Le mariage de Daniel Banda a connu des turbulences à cause de ses comportements irresponsables, notamment l’alcoolisme et sa réputation de coureur de jupons, qui le poussaient à être violemment physiquement et verbalement envers sa femme, Malifa. Malgré plusieurs tentatives de réconciliation par le counseling, madame Banda demanda finalement le divorce. Le tribunal avertit monsieur Banda qu’il pourrait être arrêté si son comportement violent persistait. Réalisant la gravité de la situation, il réforma ses habitudes, arrêta de consommer des stupéfiants et réduisit sa consommation d’alcool. Constatant ses changements positifs, madame Banda retira son dossier de divorce. Agness Napwanga, une spécialiste en genre, souligne le besoin pour les victimes de demander de l’aide plutôt que de tolérer les violences. Le gouvernement a créé des centres à guichet unique dans certains hôpitaux pour apporter une assistance pour les plaintes relatives à la violence basée sur le genre et leur traitement.

Daniel Banda avait passé des nuits blanches à penser à son dossier de divorce qui se trouvait au tribunal depuis des semaines. Toutefois, monsieur Banda affirme qu’il a arrêté de stresser quand sa femme, Malifa, rentra précipitamment un jour dans la pièce et lui dit que l’eau du bain était prête pour lui, en ajoutant : « Devine quoi? J’ai un cadeau pour toi. »

Madame Banda tendit ensuite à son mari un document du tribunal indiquant qu’elle retirait son dossier de divorce. N’en revenant pas, monsieur Banda versa des larmes de joie. Il se tint debout et embrassa sa femme. Après un moment, il la regarda dans les yeux et lui dit : « Mon amour, j’ai appris une grande leçon. Je promets de ne plus jamais te battre ni te dire de gros mots, que je sois sobre ou ivre. »

Monsieur Banda raconte qu’il buvait la bière de façon irraisonnée et draguait les femmes de temps en temps, et que ces comportements avaient failli lui coûter son mariage. Lorsqu’il était ivre, il devenait violent, battait et critiquait rudement sa femme. Il soutient qu’ils se disputaient chaque fois et qu’il lui avait dit de quitter la maison, et de le quitter, car il ne l’aimait pas. Leur mariage était au bord du gouffre.

Il ajoute : « Ma femme se plaignait de mon comportement depuis longtemps. Nous avions discuté du problème avec des conseillers matrimoniaux plusieurs fois. J’arrêtais ce comportement pendant quelque temps, puis recommençais. »

Madame Banda en avait assez de la violence physique et verbale de son époux.

Elle déclare : « Plusieurs fois, je l’ai quitté pour retourner chez mes parents, en emportant certains ustensiles de cuisine. Mais quelques jours plus tard, il venait toujours s’excuser avec ses conseillers matrimoniaux. »

Elle ajoute : « Parfois, lorsque ses conseillers matrimoniaux refusaient de l’aider à s’excuser parce qu’ils étaient fatigués, nous avions l’habitude de nous réconcilier au téléphone, et je repartais chez lui. »

Par la suite, madame Banda décida de divorcer officiellement de son mari en déposant le dossier au tribunal d’instance. À ses dires, il avait plaidé auprès du tribunal pour que la situation soit réglée en dehors du tribunal parce qu’il l’aimait et qu’il n’était pas près de divorcer d’avec elle.

Le tribunal prévint monsieur Banda que s’il persistait dans son comportement violent, il serait arrêté. Depuis lors, monsieur Banda affirme avoir cessé d’abuser des stupéfiants et de boire de façon excessive. Après avoir constaté une amélioration dans le comportement de son mari, madame Banda retira le dossier de divorce.

Agness Napwanga est la responsable du genre du conseil municipal de Blantyre. Elle affirme que beaucoup de familles qui vivent des problèmes de violence basée sur le genre commettent l’erreur de tolérer ça sans porter plainte à la police ou au tribunal.

Elle ajoute : « Leur calvaire perdure, et elles [s’y] habituent jusqu’à ce que certaines subissent des blessures fatales et permanentes. Cela se produit parfois parce que certaines ignorent où aller signaler les cas de violence basée sur le genre. »

Aux dires de madame Napwanga, la violence basée sur le genre telle que les bagarres, la bastonnade et le viol sont des affaires pénales qui doivent être signalées à l’Unité de soutien aux victimes de la police.

Le gouvernement a ouvert des centres à guichet unique dans des hôpitaux afin de faciliter le traitement et le signalement des cas de violence basée sur le genre qui entraîne des blessures. Du personnel de police et des services sociaux est affecté dans ces centres.

La présente nouvelle a été produite grâce au soutien financier du gouvernement du Canada fourni par l’entremise d’Affaires mondiales Canada dans le cadre du projet « The Innovations in Health, Rights and Development », ou iHEARD. Le projet est dirigé par un consortium composé de Radios Rurales Internationales, CODE et Marie Stopes Internationales (MSI) et mis en œuvre au Malawi par Farm Radio Trust, Women and Children First, Girl Effect et Viamo.