Lovemore Khomo | février 2, 2026
Nouvelle en bref
Dans le district de Salima, au Malawi, le cultivateur de bambou Sonny Chanzie aide des communautés à lutter contre la déforestation tout en gagnant des revenus durables. Près du lac Malawi, Chanzie apprend au groupement communautaire Kasinjamchewere à fabriquer des articles ménagers et des ruches avec du bambou, une solution de rechange au bois, qui se régénère en quelques semaines. Ses cultures de bambou favorisent la reforestation, protègent les bassins hydrographiques et rapportent un revenu stable à sa famille. Les femmes du groupement rapportent une amélioration des moyens de subsistance grâce aux chaînes de valeur du bambou, tandis que les responsables des services forestiers encouragent la plantation de bambou à côté des arbres pour restaurer le couvert végétal et lutter contre le changement climatique.
C’est un après-midi chaud de jeudi, et les températures avoisinent 33 degrés Celsius, juste à 400 mètres des berges du lac Malawi. Sonny Chanzie, 43 ans, un cultivateur de bambou originaire du village de Mikuju, dans l’autorité coutumière de Ndindi du district de Salima, dirige les membres du groupement communautaire Kasinjamchewere. Il leur apprend à fabriquer des articles ménagers avec du bambou, en vue de lutter contre la déforestation tout en promouvant les initiatives de reboisement.
Monsieur Chanzie déclare : « Cela fait plusieurs années que je cultive le bambou. J’ai commencé après que mes parents nous ont conseillé de valoriser le bambou, car ils avaient très à cœur l’environnement et la nature. J’ai suivi leur exemple et, par la suite j’ai acheté ma propre exploitation où je cultive du bambou. »
À ses dires, la culture du bambou fait partie d’efforts de conservation des forêts à portée plus large qui visent à reconstituer les bassins hydrographiques et à regénérer le couvert végétal perdu grâce à la plantation et à la régénération naturelle.
Monsieur Chanzie déclare : « Les bambous et les arbres sont très différents. Les bambous se régénèrent quelques semaines après la récolte, tandis qu’il faut plusieurs années aux arbres pour le faire. C’est pourquoi ma famille et moi évitons de couper les arbres. Les bambous nous aident à les protéger. »
Comme le bambou se régénère rapidement, il comporte des avantages sur le plan environnemental et économique, selon lui. Il déclare : « Après l’avoir récolté, il repousse en quelques semaines, et un après, je peux effectuer à nouveau une récolte au même endroit. »
Chaque année, monsieur Chanzie vend plus de 250 fagots de bambou, constitués chacun de 20 perches, et remplit un camion de sept tonnes. Il déclare : « Les ventes de bambou à elles seules me rapportent environ 1 400 $ US (approximativement 2,5 millions de kwacha malawites) chaque année. » Il ajoute : « J’utilise également le même bambou pour fabriquer des produits artisanaux, ce qui me permet de subvenir aux besoins quotidiens de ma famille. »
Monsieur Chanzie affirme que ce revenu a transformé la vie de sa famille. Il déclare : « Cela m’a permis de payer les frais de scolarité de mes enfants, dont un qui est à l’université et l’autre au secondaire. Je finance également les études secondaires de mon neveu. »
Même s’il travaille souvent seul, monsieur Chanzie dit collaborer régulièrement avec le groupement communautaire Kasinjamchewere qui regroupe sept hommes et dix-huit femmes. Ce groupement a adopté le bambou comme une chaîne de valeur, et fabrique des tables, des chaises et des ruches pour la vente.
Monsieur Chanzie déclare : « Au lieu de couper des arbres pour fabriquer des meubles et d’autres produits, nous utilisons désormais le bambou. » Il ajoute : « Nous testons de nouvelles approches qui protègent les arbres à tout prix. »
L’une des femmes du groupement, Pilirani Gondwe, 35 ans, et mère d’enfants originaire du village de Mikuju, raconte que l’apprentissage de la culture du bambou et de l’artisanat lui a offert de nouvelles possibilités de revenus.
Madame Gondwe déclare : « J’en apprends plus sur la culture du bambou et la façon de l’utiliser pour fabriquer différents produits. » Elle ajoute : « Nous partageons le gain des ventes, ce qui m’aide véritablement. Avant, je restais à la maison sans rien faire. Maintenant, je peux subvenir aux besoins de ma famille. »
Elle raconte que le groupement fabrique aussi des ruches avec le bambou, ce qui leur permettra de produire et de vendre du miel. Elle raconte : « Cela nous aidera à gagner plus de revenus et à subvenir aux besoins de nos ménages. »
Un autre membre du groupement, Liness Kamphonje, mère de quatre enfants, raconte avoir rejoint la chaîne de valeur du bambou en juin 2025, afin d’améliorer les moyens de subsistance de sa famille.
Madame Kamphonje déclare : « La vie au village est très difficile. » Elle ajoute : « Rester à la maison sans mener d’activités ne m’aidait pas. C’est pourquoi je me suis impliquée dans la culture et la chaîne de valeur du bambou. »
Elle affirme être reconnaissante pour l’impact de l’initiative dans sa vie. Elle déclare : « Cette initiative du bambou à changer la donne pour moi. »
L’agent forestier du district de Salima, Adam Jason, raconte que les agriculteurs et les agricultrices sont encouragés à cultiver des bambous et des arbres dans le cadre d’initiatives visant à reconstituer le couvert végétal, protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique.
Monsieur Jason déclare : « Les agriculteurs sont confrontés à de graves problèmes environnementaux. Le bambou est une solution pratique, car il pousse plus rapidement que les arbres qui mettent parfois plusieurs années pour parvenir à maturité. Le bambou parvient parfois à maturité en moins d’une année. »
Il ajoute que les agriculteurs et les agricultrices apprennent également à apporter une valeur ajoutée au bambou en l’utilisant pour fabriquer des objets d’art, notamment des chaises, des tables et des ruches, ce qui leur permet d’avoir des revenus durables.
Monsieur Jason raconte que la plantation de bambou et d’arbres « permet aux forêts de se régénérer naturellement. » Il ajoute : « En utilisant le bambou comme une solution de rechange au bois pour la fabrication d’objets d’art, nous pouvons réduire la pression sur les forêts déjà épuisées. »
