Malawi : Alimentation variée, famille en bonne santé

| décembre 23, 2016

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Enfant, le fils aîné d’Enelesi Nkhoma était très frêle. Il maigrissait beaucoup et était souvent malade. Ses jambes et ses pieds étaient enflés, et il avait la diarrhée et le paludisme. Mais, cette mère de trois enfants ignorait que son fils de 15 ans souffrait de malnutrition. Elle servait toujours aux membres de sa famille les mêmes repas composés de nsima (plat à base de farine de maïs blanche) accompagné de moutarde, de feuilles de potiron ou de haricots, et rien d’autre à part ça. La famille consommait de la viande ou du poisson une fois par mois.

Puis, en 2014, Mme Nkhoma s’est mise à écouter une émission radiophonique où il était question de l’importance de consommer des aliments de chacun des six groupes alimentaires. L’émission a transformé sa vie, ainsi que celle de ses enfants.

Mme Nkhoma vit à Chiyanila, un village du district de Kasungu, à environ 110 kilomètres au nord de Lilongwe, la capitale malawite. Ses enfants, et surtout son premier-né, étaient souvent malades. Ce dernier s’absentait des cours, avait de mauvaises notes, échouait à ses examens, et avait dû redoubler certaines classes.

En écoutant la radio, Mme Nkhoma a appris que les agricultrices et les agriculteurs pouvaient souffrir de malnutrition s’ils n’avaient pas un régime alimentaire équilibré composé d’aliments des six groupes, dont les aliments de base, les légumineuses et les noix, les fruits, les huiles et les matières grasses, les aliments d’origine animale et les légumes.

Mme Nkhoma attribue à la radio communautaire Maziko le mérite d’avoir permis à sa famille et d’autres agriculteurs et agricultrices locaux de cultiver et manger des fruits et des légumes, en plus de les aider à faire l’élevage et consommer des aliments d’origine animale. Elle déclare : « Le problème, c’est que nous n’avons quasiment aucun contact avec l’agent(e) de vulgarisation dans notre région, et nous cultivions sans tenir vraiment compte de l’aspect nutritionnel. »

En 2014, les agricultrices et les agriculteurs ont formé des clubs d’écoute radiophonique et ont reçu des postes de radio offerts par la radio communautaire Maziko. Mme Nkhoma affirme que ce sont les clubs qui ont permis aux agricultrices et aux agriculteurs de diversifier leurs cultures et de commencer à consommer des aliments plus variés.

Tesha Segula anime l’émission Maziko Athanzi (Fondement pour une bonne santé) à la radio communautaire Maziko. Elle raconte : « Dans cette émission, nous expliquons et discutons avec les agricultrices et les agriculteurs de sujets ayant trait à la nutrition, la santé et l’assainissement, car nous avons observé un taux de malnutrition très élevé dans la région. » Plusieurs agriculteurs et agricultrices du district de Kasungu ont amélioré leurs pratiques agricoles, leur hygiène et leurs habitudes alimentaires après avoir écouté l’émission.

Maria Phiri, cultivatrice dans le village de Chilowa, tire profit de l’émission. Elle explique : « Le club se réunit tous les lundis, à 15 h 30 pour écouter Radio Maziko. Nous pouvons envoyer des informations et faire des commentaires sur l’émission radiophonique par le biais de messages textes et WhatsApp. »

Alefa Mwadzangati est une agricultrice originaire du village d’Eledi, dans le district de Kasungu. Membre elle aussi d’un club d’écoute, elle observe des progrès en termes de nutrition, ainsi que des changements au niveau des habitudes alimentaires des habitant(e)s de sa région. Elle déclare : « Avant, les gens préparaient plus de nourriture, et le budget consacré à l’alimentation posait problème. Selon la tradition, les bons aliments tels que les morceaux de poulets revenaient aux pères, et, par conséquent, les enfants souffraient de malnutrition. Mais tout cela a changé. »

Mme Nkhoma a l’intention de transmettre des messages sur la nutrition aux agriculteurs et aux agricultrices des villages voisins. Elle déclare : « Je me suis aperçue à quel point il était bénéfique d’avoir une alimentation diversifiée, de cultiver diverses denrées et de faire de l’élevage. J’encouragerai plus d’agriculteurs et d’agricultrices à adhérer aux clubs d’écoute radiophonique afin de pouvoir apprendre ces choses. »

Cet article a été initialement publié en janvier 2016