Madagascar : une femme apprend à produire des légumes sans jardin

| septembre 7, 2015

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Jeannette Razanamaro travaille tout en portant sa petite-fille au dos à l’aide d’un pagne. Vêtue d’un chapeau blanc qui ombrage sa tête du soleil matinale, elle sarcle des feuilles et arrose des légumes qui poussent dans de vieux contenants sur une table en bois devant sa maison.

Photo: Noro Raoeliharison

Photo: Noro Raoeliharison

Mme Razanamaro vit à Amboditsiry, un village près d’Antananarivo, la capitale de Madagascar. La femme de 62 ans est veuve depuis 1997. Elle a travaillé pendant plusieurs années comme domestique au sein d’une famille aisée. Mais en 2014, après avoir fracturé son bras gauche, elle a dû quitter son emploi.

En mai 2015, elle a refait sa vie. Elle a commencé à cultiver des légumes chez elle en utilisant des caisses en bois, des fûts et des sacs en plastique – tout ce qu’elle avait a sa disposition pour y planter une semence.

Sa vie a commencé à changer de façon spectaculaire. Mme Razanamaro explique: « Je passais un jour près du bureau de quartier et j’ai vu une démonstration de la culture des brèdes et des légumes dans des fûts en plastique et dans des tables en bois. Je me suis tout de suite intéressée. J’en ai parlé avec l’agent qui travaille dans notre quartier, et c’est lui qui m’a inscrit sur une liste pour être formée ».

Ces formations s’inscrivent dans le cadre d’un projet initié par la commune d’Antananarivo en partenariat avec l’Institut des Métiers de la Ville (IMV).

Tamara Teissedre Philip est la directrice de l’IMV. Elle explique: « Ce qui nous intéresse dans ce projet c’est [l’aspect] sécurité alimentaire, c’est-à-dire, comment sécuriser pour les habitants les plus vulnérables leur accès à l’alimentation de base ».

Mme Razanamaro a été formée à l’agriculture de base. Elle reçoit régulièrement la visite de techniciens agricoles qui lui apportent des conseils sur les différentes techniques comme le sarclage et l’arrosage. Pour l’aider, le projet a donné à Mme Razanamaro deux tables en bois et un fût en plastique.

Et ce n’était que le début. Mme Razanamaro a progressivement étendu son espace de culture en ajoutant trois bidons et un sac en plastique. Elle explique : « J’y cultive des salades, des brèdes, des oignons vertes, des céleris, et des melons et je trouve les pépinières auprès de  mes amies ».

Mme Razanamaro en est maintenant à sa troisième saison culturale. Les récoltes lui servent à nourrir sa famille. Elle précise : « Quand la famille a envie de manger des brèdes, il suffit de les cueillir chaque matin pour l’accompagnement au riz pendant le déjeuner et le diner. Je dépensais 500 à 600 Ariary malgaches [0 ,15 à 0,18 $] par jour pour les brèdes et les légumes et maintenant je ne paye plus rien ».

Photo: Noro Raoeliharison

Photo: Noro Raoeliharison

Valérie Andriamanga Andoniaina est ingénieure agronome. Elle dit : « On peut cultiver toute l’année avec ce [système de culture] ».

Ralalasoa Fanomezana Voahirana est une autre bénéficiaire du projet. Elle raconte avec fierté et enthousiasme : « Je n’ai jamais imaginé qu’on peut faire de l’agriculture même si on n’a pas assez de terrain. Grâce à mes récoltes, je fais chaque jour une économie de 1200 Ariary [0,36$]. J’utilise l’argent pour des œuvres à l’église, pour acheter du savon et pour mon argent de poche ».

Pour les jours, Mme Razanamaro retrouve plus d’espoir et de joie de vivre grâce à l’agriculture. Elle dit : « Le fait de voir les fûts couverts de légumes et de brèdes me rend heureuse chaque jour ».