Madagascar: Les agriculteurs et les pêcheurs essayent de reconstruire après un cyclone (IRIN)

| octobre 21, 2013

Téléchargez cette nouvelle

Le Cyclone Haruna a dévasté certaines parties de Madagascar en février 2013. Les agriculteurs et les pêcheurs qui vivent dans les zones côtières ont été durement affectés. Cela pourrait prendre de nombreuses années pour refaire leur vie. Leur première priorité est de trouver à manger pour leur famille.

Mme Faravavy a 32 ans et trois enfants; elle pratique l’agriculture sur un lopin de terre situé dans une zone aride du sud de Madagascar. L’agriculture est le seul mode de survie de sa famille. Elle cultive du maïs, des haricots rouges et du manioc, mais admet qu’elle est désormais incapable de cultiver suffisamment pour nourrir sa famille tout au long de l’année.

Elle dit : « Nos champs ont été inondés en février quand le Cyclone Haruna est arrivé. Depuis, il n’y a pas eu de pluie. Avant, nous récoltions 15 charrettes pleines de [manioc]. Cette année, nous en avons à peine rempli une. »

La famille de Mme Faravavy, comme beaucoup d’autres, souffre d’une combinaison de conditions météo rapidement changeantes, du cyclone, et d’une récente invasion de sauterelles. Maintenant, elle parcourt une forêt voisine à la recherche de sources alternatives de nourriture.

Mme Faravavy se souvient que quand elle était enfant, son village était près de la forêt. Mais vu que les arbres ont été abattus continuellement au cours des ans, elle doit aller de plus en plus loin, à pied, pour l’atteindre. Récemment, Mme Faravavy a dû emmener ses plus jeunes enfants dans la forêt, où ils ont déterré des racines pour enrichir le régime alimentaire de la famille.

Elle se souvient : « Quand j’étais petite, notre vie était meilleure que celle de mes enfants aujourd’hui. Il y avait de la pluie et toujours assez à manger. »

Un rapport récent du Programme alimentaire mondial des Nations Unies et de l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture déclare que les récoltes de riz et de maïs de Madagascar ont été détruites cette année. Ce rapport dit que quatre millions de personnes vivant dans les zones rurales de Madagascar subissent l’insécurité alimentaire. Près de dix autres millions de personnes sont à risque.

À Madagascar, la saison annuelle des cyclones dure de novembre à mars. On estime que 60 pour cent des tempêtes de l’Océan Indien affectent cette île-nation. Mais un manque préparation continue de semer le chaos dans les communautés de petits agriculteurs et de pêcheurs. Il est souvent difficile de se refaire une vie avant que le cyclone suivant ne frappe.

Le long de la côte ouest de Madagascar, les pêcheurs sont encore en train de se remettre des effets du cyclone. Melau Feaucre Johanison, trente-neuf ans, dit : « J’ai perdu tous mes outils, y compris les filets et le bateau. »

De nombreuses familles ont été déplacées par les inondations causées par les fortes pluies qui ont accompagné le Cyclone Haruna. Les zones côtières ont été inondées pendant plusieurs jours avant que le cyclone ne touche terre. On estime à 50 000 le nombre d’habitants sans abri qui n’ont pas pu retourner chez eux, jusqu’à trois mois après la tempête. Ils recommencent à zéro, mais tout en sachant que la prochaine saison des cyclones les rattrapera bientôt.

M. Johanison met de l’argent de côté afin d’acheter de l’équipement de pêche neuf. En attendant, il emprunte afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa femme et de ses six enfants.

Il dit : « C’est très dur, vu que la majeure partie de l’argent que nous gagnons est utilisée pour nourrir la famille. Une [pirogue] neuve coûte jusqu’à 100 000 ariary (44$ US), et c’est sans compter la voile. » À l’allure où ils épargnent présentement, M. Johanison estime que ça leur prendra deux ou trois ans avant que le niveau de vie de la famille ne revienne aux niveaux pré-tempête.

Mais ce ne sont pas seulement les agriculteurs et les pêcheurs qui ont vu leur moyen de subsistance dévasté. Vance Leonce a 61 ans et huit enfants; autrefois, elle gagnait sa vie en collectant des algues et des huitres. Mais le Cyclone Haruna a balayé les bancs d’huitres. Elle dit : « Je ne peux pas dire quand je serai capable de revenir à la vie que j’avais avant. Il n’y a plus rien dans la mer. »