Lesotho : Accorder de l’importance aux droits des personnes transsexuelles

| novembre 24, 2014

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Tampose Mothopeng est un défenseur des droits de la personne au Lesotho. De plus, il est jeune, idéaliste et transsexuel. M. Mothopeng raconte : « Il y a beaucoup de préjugés au sein de la population. » Il soutient que la communauté transgenre lutte contre la violence et l’intimidation dans les écoles, le manque d’accès aux services de santé et le taux de chômage élevé.

Les personnes trans se définissent comme des gens ayant une identité genre différente de leur sexe de naissance. Elles ont de la difficulté à trouver de l’emploi sur la base de leur identité et de leur expression sexuelles. Elles abandonnent souvent leurs études en raison de la violence dont elles sont l’objet en famille ou à l’école.

Selon M. Mothopeng, sans éducation et sans emploi, plusieurs ont recours à la prostitution pour s’en sortir.
Toutefois, malgré ces problèmes et bien d’autres, le mouvement trans est très dynamique au Lesotho, aussi bien au niveau communautaire que national. M. Mothopeng est le directeur du Matrix Support Group, un organisme qui sensibilise les populations et lutte contre la discrimination.

Le groupe Matrix travaille avec les chefs traditionnels, les enseignant(e)s et les représentant(e)s du gouvernement. Ses membres s’expriment pendant des émissions-débats diffusées à la radio et la télévision. Le groupe mène des campagnes sur l’autonomie corporelle et organise des discussions avec les communautés.

Lorsque le gouvernement du Lesotho élabore des plans stratégiques nationaux, le groupe Matrix insiste pour que ce dernier prenne en compte les opinions des groupes minoritaires, dont les lesbiennes, les homosexuels, les bisexuels, les transsexuels et les intersexués (LGBTI), les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes et d’autres groupes concernés.

M. Mothopeng déclare : « Nous sensibilisons et éduquons les enseignants(e)s par rapport à l’identité de genre et aux droits de la personne, et nous travaillons avec le ministre de l’Éducation, en vue de développer un nouveau module pour les élèves du secondaire. »

M. Mothopeng souligne que la question des soins médicaux peut être particulièrement problématique pour la communauté trans.

Il explique : « Nous n’avons pas accès aux services de santé. Ils ne semblent pas être prêts à nous venir en aide. » Face à cette situation, le groupe Matrix a publié sa propre étude sur la santé des personnes transsexuelles cette année. M. Mothopeng soutient qu’il était important de réaliser cette étude, car la plupart des recherches mettent uniquement l’accent sur les hommes qui sont des relations sexuelles avec d’autres hommes.

En mai 2014, le groupe Matrix a organisé une marche à travers Maseru, la capitale du Lesotho pour célébrer la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. Le groupe profite de ces journées, ainsi que de la Journée internationale du souvenir trans célébrée le 20 novembre pour rendre publics les problèmes auxquels sont confrontées les personnes transsexuelles, et organiser des activités visant à développer la conscience communautaire, telles que des projections de films et des discussions de groupes.

Il reconnaît que l’expérience qu’il a vécue récemment grâce au Mandela Washington Fellowship aux États-Unis lui a permis d’améliorer ses compétences en leadership et en résolution de problèmes. M. Mothopeng déclare : « Maintenant, je sais quand dire ‘non’ et quand dire ‘oui’. Je ne me précipite pas automatiquement dans les projets. J’analyse les situations et vois ce qui est prioritaire avant de me lancer. »

M. Mothopeng dit qu’il fier des partenariats que Matrix a noués. Il souligne également la diversité que l’on retrouve au sein de la direction de l’organisme et à travers les programmes de leadership.

Il déclare : « En général, en Afrique, la plupart des organisations se battent pour entretenir des partenariats avec d’autres groupes de défenses des droits de la personne ou le gouvernement. Nous ne perdons pas nos partenaires. Nous sommes une organisation de jeunes dirigée par des activistes LGBTI. »

Pour lire l’intégralité de l’article duquel provient cette histoire intitulée « Un mouvement qui en vaut la peine : les droits des personnes transsexuelles au Lesotho », cliquez sur : http://www.huffingtonpost.com/randal-mason/a-movement-that-matters-t_b_6177810.html (en anglais seulement)