L’agriculture sous contrat aide des producteurs de blé à obtenir de meilleurs prix et une garantie de marché

| juin 7, 2021

Téléchargez cette nouvelle

Nouvelle en bref

Lorsque le cultivateur de blé éthiopien, Buta Feyisa, entendit parler de l’agriculture sous contrat pour la première fois, il eut des doutes. Mais son fils le persuada qu’il pourrait tirer profit d’un système de commercialisation laissant entrevoir l’obtention de meilleurs prix par les agriculteurs(trices). Monsieur Feyiza accepta et signa un contrat avec une usine de production de farine qui lui assura qu’elle lui paierait le prix courant du marché. Après que les agriculteurs(trices) sous contrat ont fourni leur blé, qui est entreposé par l’usine, celle-ci les paie chaque fois qu’ils/elles demandent des fonds. En octobre 2020, monsieur Feyisa fournit 78,9 tonnes de blé dans le cadre d’un contrat avec la Sodre Flour Factory. À l’instar d’autres collègues, monsieur Feyisa peut se rendre à l’usine à tout moment et obtenir le prix du jour.

C’était tôt un matin d’octobre 2020, et le soleil brillait avec éclat au-dessus de la concession de Buta Feyisa. Derrière la concession s’étend le champ de blé de 20 hectares de monsieur Feyisa, ainsi que des étables de vaches, d’ânes et de moutons. Le cultivateur de 47 ans sortit de sa maison recouverte d’un toit en tôles de cuivre et vit un groupe de personnes se diriger vers lui.

Il se souvient : « Le groupe formé de membres représentant le bureau agricole de zone, des usines de farine de blé et des organisations non gouvernementales était venu pour m’apprendre l’agriculture sous contrat et me convaincre d’y adhérer avec l’usine de farine de blé de notre région. »

Monsieur Feyisa est originaire d’Eteya, une localité du village de Guchi Have, dans la région d’Oromia, en Éthiopie. Il soutient qu’au début il pensait que l’agriculture sous contrat était risquée. Comme il n’était pas certain de comprendre ce que cela signifiait, il demanda au groupe de revenir plus tard après qu’il aurait réfléchi là-dessus.

L’équipe expliqua à monsieur Feyisa que l’agriculture sous contrat permettait aux producteurs(trices) de blé de trouver un marché avant même de commencer à cultiver et qu’ils/elles signaient une entente avec l’usine pour lui fournir une certaine quantité de blé. En retour, l’usine entreposait et transportait le blé, et l’achetait.

Lorsque les agriculteurs(trices) livrent le blé, l’usine les paie chaque fois qu’ils/elles demandent de l’argent.

Une semaine plus tard, monsieur Feyisa n’avait pas décidé s’il s’engagerait ou pas dans l’agriculture sous contrat. Finalement, son fils de 24 ans l’en persuada.

Il explique : « Mon fils me dit que je devais tester des méthodes modernes de commercialisation du blé afin de pouvoir comparer les prix plutôt que de continuer à souffrir avec les bas prix de l’ancien système de commercialisation traditionnel. » Dans le système traditionnel, les sous-traitants et les intermédiaires gagnent plus d’argent que les producteurs(trices) qui investissent de l’énergie et de l’argent dans le champ.

Après que son fils l’eu persuadé, en octobre 2020, monsieur Feyisa fournit 78,9 tonnes de blé dans le cadre d’un contrat avec la Sodre Flour Factory.

À l’instar d’autres producteurs(trices), monsieur Feyisa peut aller à l’usine de farine en tout temps et obtenir le prix courant du jour. Ainsi, les agriculteurs(trices) se rendent généralement auprès de la société lorsqu’ils/elles pensent que le prix courant est bon.

Par exemple, en mai 2021, monsieur Feyisa demanda à l’usine de lui payer 2 200 birrs éthiopiens (51,46 $ US) par 100 kilogrammes de blé. La société effectua immédiatement le paiement sur son compte bancaire.

Il explique : « Je réalise maintenant que l’agriculture sous contrat est le meilleur moyen pour vendre mon blé … Je ne me préoccupe plus des fluctuations de prix, car je vends à partir de mon stock qui se trouve déjà à l’usine. Je m’assure de vendre quand le prix sur le marché est bon. »

Monsieur Feyisa ajoute : « L’autre avantage c’est que je ne fais pas de transaction monétaire physique, car tous les paiements se font par mon compte bancaire. »

Solomon Teka est le gestionnaire de Sodre Flour Factory. Il déclare : « L’instauration de la confiance est une chose cruciale à gérer lorsque vous travaillez avec des agriculteurs sous contrat. Dans certains cas, nous organisons plus de six rencontres pour convaincre les agriculteurs d’adhérer à l’agriculture sous contrat. »

Il se souvient d’une fois où un agriculteur avait eu une grande dispute avec sa femme lorsque des gens de l’usine vinrent au champ pour récupérer le blé. Il déclare : « La femme pensait que son mari voulait prendre le blé pour aller le vendre à un endroit qu’elle ne connaissait pas. Mais nous l’avons convaincu que lorsque le paiement serait effectué, elle le saurait. Depuis lors, c’est elle qui fait la promotion de l’agriculture sous contrat dans sa région. »

Selon monsieur Teka, l’usine travaille maintenant avec plus de 1 000 producteurs(trices). Il ajoute : « Dans le cadre de l’agriculture sous contrat, nous supervisons les champs pour surveiller et nous assurer que les agriculteurs suivent de bonnes pratiques agricoles pour produire du blé de qualité. Nous les aidons également à transporter leurs produits agricoles à l’usine. Parfois, nous leur prêtons de l’argent pour l’engrais et d’autres intrants agricoles. »

Sheko Sharte est l’agent des ressources agricoles et naturelles de la zone d’Arsi. À ses dires, cela prend beaucoup de temps pour que les gens aient confiance en l’agriculture sous contrat, car le concept est nouveau pour plusieurs en Éthiopie.

Monsieur Sharte déclare : « À Arsi, plus de 20 000 producteurs de blé testent l’agriculture sous contrat avec cinq usines de production de farine. »

Il affirme que les acheteurs(euses) offrent différents types de soutien pour aider les cultivateurs(trices) à produire du blé de haute qualité, y compris des prêts, des engrais et des tracteurs.

Après avoir goûté aux avantages de l’agriculture sous contrat, monsieur Feyisa encourage désormais les autres producteurs(trices) de blé à suivre ses pas. Il déclare : « La bonne chose c’est que beaucoup de producteurs de blé de mon village qui n’aimaient pas l’agriculture sous contrat s’y intéressent maintenant à cause de mon expérience. »

Cette nouvelle a été produite grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme des Centres d’innovations vertes.

Photo : Un agriculteur tient du blé dans ses mains en Éthiopie, en 2014. Crédit : Simon Scott