admin | janvier 19, 2024
Nouvelle en bref
Les bomas mobiles permettent aux éleveurs et aux éleveuses masai comme Bernard Leshinga d’effectuer une percée au sud du Kenya. Ces clôtures mobiles ont été introduites dans la région en 2017 et elles protègent le bétail des prédateurs et contribuent à la gestion des pâturages. Elles permettent également de lutter contre la réduction du nombre d’herbivores liée aux menaces telles que le développement immobilier. Grâce aux bomas mobiles, les éleveurs et les éleveuses de bétail locaux peuvent regrouper leurs morceaux de terrain individuels en réserve, laisser la végétation se reconstituer en promenant les troupeaux tout autour et gagner continuellement un revenu grâce au tourisme axé sur la faune. Les bomas mobiles contribuent également à la lutte contre les maladies, la gestion des espèces végétales envahissantes et à l’amélioration de la fertilité des sols grâce aux crottes de bétail.
Bernard Leshinga est un éleveur masai du sud du Kenya qui aime passer une journée tranquille à s’occuper de son troupeau.
Mais récemment encore, monsieur Leshinga ne connaissait pas les stratégies efficaces permettant à son bétail de faire concurrence pour le pâturage avec les animaux sauvages ou de les protéger des prédateurs. Les éleveurs et les éleveuses sédentaires aménagent souvent un boma, ou un parc ou un abri permanent pour protéger leurs troupeaux la nuit. Cependant, les gens qui comme lui vivent loin de chez eux peinent souvent à éviter les prédateurs. Et lorsque les pâturages se dégradent et qu’il y a moins de brouteurs sauvages, les prédateurs de la chaîne alimentaire complexe du Masai Mara ciblent plus fréquemment le bétail.
Une percée s’est produite pour les éleveurs et les éleveuses comme monsieur Leshinga en 2017 avec l’introduction des bomas mobiles. Ce sont des clôtures en grillage métallique où les éleveurs et les éleveuses protègent leur bétail contre les prédateurs la nuit. La superficie des bomas varie de la taille d’un terrain de tennis à la moitié d’un terrain de football. Chaque 10 jours à 14 jours, en fonction de la saison, les responsables des bomas déplacent manuellement les abris vers un nouveau site. Monsieur Leshinga affirme que ces enclos améliorés empêchent les attaques de prédateurs sauvages.
Le nombre d’herbivores diminue dans la région, car les sécheresses croissantes brûlent les prairies, réduisant ainsi les pâturages. Mais la disparition des animaux sauvages ongulés est également liée aux menaces auxquelles sont exposés les cinq corridors de migration du pays.
Nicholas Oguge est le directeur des politiques environnementales du Centre for Advance Studies in Environmental Law and Policy de l’Université de Nairobi. Selon monsieur Oguge, le développement immobilier et l’expansion des infrastructures constituent la menace la plus inquiétante pour les herbivores. Alors que les terres passent de la propriété communale à la propriété individuelle, elles sont souvent clôturées et le bétail ne peut pas passer à travers les barrières, ce qui l’oblige à paître au bord des routes.
Cependant, grâce aux bomas mobiles, les éleveurs et les éleveuses de bétail locaux peuvent maintenant regrouper leurs terrains individuels au sein d’une réserve. La réserve permet à la végétation de se régénérer en ce que les troupeaux se déplacent aux alentours, et les éleveurs et les éleveuses de bétail gagnent un revenu permanent avec le tourisme axé sur la faune au lieu de dépendre du revenu de la vente des propriétés qui laisse les familles dans le dénuement après qu’elles ont dépensé l’argent.
Monsieur Leshinga explique les enclos facilitent la gestion des pâturages et la repousse de la végétation, car les crottes de bétail enrichissent le sol partout où des bomas sont temporairement installés, et les graines non digérées par les animaux se disséminent. De plus, les sabots des animaux creusent de petites entailles à la surface du sol à l’intérieur des bomas, ce qui permet à l’eau de pluie de s’infiltrer dans le sol, où les graines peuvent s’en servir pour germer, plutôt que de s’écouler par le ruissellement.
Depuis plus de sept ans, la station de recherche et la réserve naturelle de Kapiti de l’Institut international de recherches sur l’élevage, situées le long de la frontière sud-est du parc national de Nairobi, mène des recherches sur l’efficacité des bomas mobiles.
Nehemiah Kimengich est le gestionnaire du ranch de Kapiti. Il déclare qu’ils ont découvert que les enclos offraient des avantages supplémentaires. Le déplacement régulier des bomas et du bétail d’un site vers un autre semble faciliter le contrôle de la propagation des maladies des animaux. Lorsque les troupeaux sont gardés dans des parcs, leur grande proximité et l’accumulation du fumier créent des conditions où les agents pathogènes responsables des maladies des animaux comme la fièvre de la côte orientale peuvent se développer et se propager.
Un autre avantage est le contrôle des espèces végétales envahissantes qui étouffent les écosystèmes. Lorsqu’un boma mobile est installé sur un site que ce genre de plantes ont colonisé, la forte circulation d’animaux élimine souvent les mauvaises herbes.
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par David Njagi et publié par Mongabay sous le titre « A mobile solution for Kenyan pastoralists’ livestock is a plus for wildlife, too. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.mongabay.com/2023/11/a-mobile-solution-for-kenyan-pastoralists-livestock-is-a-plus-for-wildlife-too/.