admin | avril 15, 2024
Nouvelle en bref
Durant ces deux dernières décennies, les feux, l’exploitation illégale des forêts et les espèces envahissantes ont détruit 20 % des forêts du sud-ouest kényan. L’Association forestière de Chehe, appuyée par 700 bénévoles, est à la pointe des efforts déployés pour protéger ce qui reste de ces habitats importants. Le village de Chehe dépend de la forêt pour les plantes médicinales, l’herbe pour le bétail, comme lieux de rituels culturels, et elle sert d’attraction touristique majeure. La communauté a contribué à la restauration de 43 hectares de forêt et à la plantation de plus de 500 000 arbres depuis 2009. Cependant, l’abattage illégal, les espèces envahissantes, les animaux de pâturage et les fonds limités entravent les efforts de conservation.
Durant les 20 dernières années, les feux, l’exploitation illégale des forêts et les espaces envahissantes ont détruit 20 % des forêts sur les pentes du mont Kenya, au sud-ouest. Les 700 membres de l’Association forestière de Chehe Forest œuvrent pour la protection des forêts montagneuses restantes de leur région contre des dégâts supplémentaires.
Le village de Chehe est perché à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer sur les pentes du mont Kenya, à 40 kilomètres au nord de la capitale kényane, Nairobi. Sur les pentes inférieures de la montagne dominent des peuplements de cèdres à feuilles persistantes et de bois jaune d’Afrique de l’Est, cédant la place aux feuilles plus larges du Cassipourea gummiflua et aux peuplements denses de bambous dans les zones plus élevées où les précipitations sont plus abondantes. Ces forêts abritent des antilopes, des mangoustes, des céphalophes à front noir, ainsi que des léopards et des sangliers géants des forêts, bien qu’ils soient plus rarement aperçus sur les pentes de la montagne.
Les habitants de Chehe et d’autres communautés voisines dépendent de la forêt pour les plantes médicinales, l’herbe pour le bétail et comme lieu de rituels culturels. Les forêts constituent également une attraction touristique importante.
Mais pendant ces 20 dernières années, les bûcherons illégaux et les agriculteurs et les agricultrices qui ont empiété sur les terres de la réserve forestière ont gravement endommagé la forêt. Les bûcherons et les bûcheronnes ont abattu un grand nombre des plus grands arbres. Des espèces envahissantes se sont installées, empêchant les espèces d’arbres indigènes de se reproduire.
Depuis 2009, les membres de l’Association forestière communautaire de Chehe essaient de protéger la forêt de ces menaces. En collaboration avec les services forestiers du Kenya, l’association de plus de 700 membres a restauré 43 hectares de forêt.
L’association organise également des séminaires pour expliquer le lien entre la dégradation des forêts et les phénomènes météorologiques locaux.
Selon les services forestiers du Kenya, plus de 500 000 arbres indigènes ont été plantés par les communautés et les agents au cours des cinq dernières années dans l’ensemble de la région du mont Kenya. Nickson Mariga, directeur de la station locale du service forestier du Kenya, indique que plus de 500 hectares de forêt dégradée ont été restaurés.
Il existe 27 associations forestières communautaires à l’intérieur et autour du mont Kenya, et Chehe est l’une d’entre elles en termes de superficie forestière restaurée. Geoffrey Wandeto est le président de l’association forestière communautaire de Chehe. Il explique : « Après avoir planté des arbres, nous ne les laissons pas survivre seuls. Nous veillons à les protéger des animaux herbivores et des espèces envahissantes. »
L’association forestière communautaire a également aménagé ses propres pépinières pour élever des espèces exotiques et indigènes destinées à la vente. Joyce Wangare, une agricultrice de la localité, explique que la vente de plants est devenue sa principale source de revenus, améliorant ainsi son niveau de vie. Elle déclare : « J’ai les moyens de payer mon assurance-hospitalisation, le fonds national d’assurance maladie, de scolariser mes enfants et de m’offrir un repas équilibré. »
Milka Musyoki est un agent de liaison communautaire qui travaille pour l’ONG de conservation Nature Kenya. Elle explique : « Les communautés jouent un rôle très important dans la protection et la restauration des forêts. Sans elles, c’est tout l’écosystème qui risque de disparaître. En retour, les communautés obtiennent de la nourriture et améliorent leur statut économique grâce à divers projets dans la forêt, tout en effectuant le travail de conservation. »
Cependant, les membres de la communauté ont des besoins divers, dont certains ralentissent ou mettent en péril les efforts de conservation. Monsieur Wandeto explique que certains habitants de Chehe continuent d’abattre des arbres illégalement ou de faire paître leur bétail dans la forêt, détruisant ainsi les jeunes arbres.
Monsieur Mariga a déclaré que son bureau s’occupait de ces questions en tenant compte des besoins des habitants. En ce qui concerne du pâturage, il a déclaré : « Il s’agit d’une mesure qui doit être appliquée progressivement. Les communautés dépendent de leur bétail pour leur subsistance. Leur interdire l’accès à la forêt pourrait donc entraîner des conséquences graves, comme le recours à l’exploitation forestière pour assurer leur subsistance, ce qui pourrait nuire à l’écosystème forestier. »
Selon monsieur Wandeto, l’association forestière communautaire compte restaurer 120 hectares supplémentaires de forêts dégradées, mais le travail sera lent à cause des budgets réduits.
Cette nouvelle est inspirée d’un article écrit par Shadrack Omuka et publié par Mongabay sous le titre « Community forest association helps hold the line to protect Mount Kenya forest. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.mongabay.com/2023/11/community-forest-association-helps-hold-the-line-to-protect-mount-kenya-forest/.