Kenya : Une agricultrice obtient de généreuses récompenses grâce à ses petits animaux (par Sawa Pius pour Agro Radio Hebdo)

| mars 3, 2014

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Lucy Ndu’gu n’est pas une agricultrice comme les autres. Cette femme de 35 ans et mère de trois enfants a fréquenté l’université en vue d’obtenir un diplôme en gestion d’entreprise. Cependant, elle souhaitait devenir une agricultrice prospère. Puis, en 2009, un ami l’a initié à l’élevage des lapins.

Mme Ndu’gu dit que les Kenyans instruits considèrent l’agriculture comme un sale boulot. Alors que la plupart des jeunes diplômés se cherchent un emploi rémunéré dans un bureau, elle a choisi l’agriculture.

Elle a acheté une lapine reproductrice contre 8 000 shillings (92 $ US). La lapine lui a coûté cher, car il s’agissait d’une race exotique. Elle était déjà enceinte et peu de temps après l’achat, elle a donné naissance à huit lapereaux. C’était le début de la colonie de lapins de Mme Ndu’gu.

Elle dit: « Nous avons commencé avec quelques lapins en guise d’expérience. Quelques mois plus tard, ça s’est … transformé en une entreprise commerciale lorsque nous avons découvert l’énorme potentiel inexploité ».

La colonie de Mme Ndu’gu est passée à 700 lapins sur une parcelle de terre de 500 mètres carrés. Elle a commencé à fournir de la viande de lapin aux supermarchés locaux et aux hôtels autour de Nairobi et a réinvesti ses profits dans la ferme pour étendre ses activités  à l’élevage de volaille. Elle élève des races locales et exotiques améliorées de poulets ainsi que des dindes et des pintades. Elle a même trouvé de l’espace pour cultiver des fruits à chair tendre comme des fraises.

Mme Ndu’gu a initié d’autres agriculteurs d’exploitations familiales au monde des d’affaires de l’élevage de lapins et de volailles. Elle vend ses lapins hybrides à d’autres agriculteurs, à des organisations non gouvernementales, à des groupes de jeunes et à toute autre partie intéressée.

Sa ferme, Sigona Rabbit and Poultry Farm, forme des personnes et des groupes sur l’utilisation de méthodes modernes d’élevage et de commercialisation de lapins et de volailles. Les formations portent sur la façon de construire des huttes modernes de lapin et des cages de volailles.

Sigona Farm est située à l’ouest de Nairobi sur la route principale menant à Nakuru. Elle emploie une douzaine de travailleurs qui s’occupent des poulets et des lapins et ramassent les œufs des cages à poules.

Mme Ndu’gu approvisionne ses clients locaux de 50 kilogrammes de viande de lapin par jour, en plus des 100 kg qu’elle vend aux supermarchés. La demande est trop élevé pour que la ferme de Mme Ndu’gu puisse y répondre. Elle dit que ses plus gros problèmes sont les coupures de courant fréquentes et le coût élevé des aliments de volaille et les médicaments vétérinaires.

Cinq ans après l’achat de son premier lapin, Mme Ndu’gu gagne maintenant environ 100 000 shillings kenyans par mois (1 160 $ US) grâce à sa ferme. Elle est invitée à parler de l’élevage de la volaille à la radio et a publié un livre sur l’essentiel de l’élevage de lapins et de volailles.

Mme Ndu’gu exhorte les jeunes agriculteurs à démarrer une entreprise d’élevage de lapins et de volailles, car ça n’occupe pas beaucoup d’espace. « On peut vendre des poulets, des œufs, de la viande,  même les déjections des volailles et des lapins sont une bonne source d’engrais pour la culture de légumes », d’ajouter Mme Ndu’gu.

Agro Radio Hebdo a publié des Notes aux radiodiffuseurs sur l’élevage de petit bétail en juillet 2013 (ARH no254 : http://weekly.farmradio.org/2013/07/22/notes-to-broadcasters-raising-small-livestock/).