Kenya : Pour les agriculteurs kényans, l’engrais organique bokashi fait revivre les terres (Mongabay)

| janvier 24, 2022

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Nouvelle en bref

Peninah Muthoni cultive dans le village de Karungaru, à l’est du Kenya. Madame Muthoni s’essaie à l’utilisation du bokashi, une sorte d’engrais issue d’un mélange de déchets agricoles. La région où madame Muthoni a subi des sécheresses ces dernières années. Mais l’utilisation du bokashi permet de restaurer la qualité du sol et de cultiver des légumes là où le sol est pauvre. La production du bokashi nécessite seulement deux semaines. Cet engrais est composé de diverses matières domestiques et agricoles, y compris de la poudre de charbon de bois, du fumier, du riz, du blé ou du maïs, de la mélasse et de terre végétale pour inclure plus de microorganismes. En utilisant le bokashi pour reconstituer son sol, madame Muthoni parvient à produire assez de nourriture pour elle et ses 14 enfants, et d’avoir un surplus de nourriture pour les autres.

Peninah Muthoni cultive dans le village de Karungaru, à l’est du Kenya. Madame Muthoni expérimente dans ses champs l’utilisation du bokashi, une sorte d’engrais faite à base d’un mélange de déchets agricoles.

Elle a suivi un cours en 2019 avec une organisation dénommée Resources Oriented Development Initiative (RODI) Kenya, où elle a appris à préparer et à utiliser le bokashi. Cet engrais s’obtient à partir de la fermentation de matières organiques pour produire du compost riche en éléments nutritifs qui contribuent à restaurer les sols de mauvaise qualité.

La région où madame Muthoni vit a connu des sécheresses ces dernières années. Mais l’utilisation du bokashi permet de restaurer la qualité du sol et de cultiver des légumes là où le sol n’est plus arable.

Patrick Gicheru est un éminent chercheur kényan, qui dirige la Kenya Agricultural and Livestock Reseach Organization. Monsieur Gicheru affirme que la cause la plus courante des sols appauvris et mal nourris est la surexploitation, notamment lorsque le champ est ensemencé de façon répétitive sans être mis en jachère.

Au départ, on pensait que la mauvaise qualité des sols kényans était due à l’acidité. Mais les résultats d’une enquête nationale révélèrent que les sols manquaient de zinc et de potassium, un signe que les sols sont surexploités, et qu’on y cultive régulièrement chaque année sans remplacer les éléments nutritifs du sol. Le bokashi permet de refaire le plein de minéraux manquant pour constituer un sol plus riche et plus viable.

La préparation du bokashi nécessite deux semaines. Quand il savent comment s’y prendre, les agriculteur.trice.s peuvent en faire eux-mêmes avec les matériaux locaux. Mais il existe une façon très particulière de produire le bokashi, et beaucoup d’agriculteur.trice.s et d’associations commencent à produire l’engrais de façon commerciale pour vulgariser son utilisation à travers le Kenya.

L’engrais est composé de diverses matières domestiques et agricoles, y compris de la poudre de charbon de bois, du fumier, du riz, du blé ou du maïs, de la mélasse et de terre végétale pour inclure plus de microorganismes.

La difficulté avec le bokashi c’est que sa fabrication prend du temps et son action pour la restauration des champs est longue, alors que certains paysan.ne.s recherchent des résultats rapides. À cause des contraintes de temps et des coûts élevés, certains agriculteur.trice.s hésitent à acheter le bokashi plutôt que les engrais chimiques, ou même à le produire en personne.

Philemon Olembo est un cultivateur de maïs qui possède un champ de quatre acres. Il préfère les engrais chimiques, car ils sont plus concentrés, plus accessibles et plus fiables.

Selon les scientifiques, bien que les engrais chimiques coûtent moins cher à court terme, leur utilisation peut nuire aux microbes présents dans le sol et qui jouent un rôle crucial dans la reconstitution des éléments nutritifs nécessaires pour cultiver de bons aliments sains. En outre, les engrais chimiques doivent être réappliqués chaque saison, tandis que le principe du bokashi c’est de permettre au sol de rester nourri pendant plusieurs saisons.

Lors de la première saison d’utilisation du bokashi, les agriculteur.trice.s ont besoin de 20 sacs de 50 kilogrammes par acre et chaque sac coûte 2 000 shillings (17,50 $ US). C’est pourquoi le coût est l’un des facteurs les plus dissuasifs pour l’utilisation du bokashi. Maintenant, des organisations telles que Resources Oriented Development Initiative offrent des cours sur la fabrication du bokashi, en vue de réduire les dépenses des agriculteur.trice.s d’exploitations familiales tels que madame Muthoni.

En utilisant le bokashi pour restaurer le sol de son potager, madame Muthoni arrive à produire assez de nourriture pour elle et ses 14 enfants, en plus d’avoir un surplus d’aliments pour les autres.

RODI s’est associée à des fermes gérées par 35 prisons à travers le pays pour faire de la sensibilisation et instaurer l’utilisation du bokashi, et travaille avec 28 écoles du Kenya. L’organisation exhorte fortement les autorités kényanes à investir dans la recherche agricole sur le bokashi, et à partager les connaissances et faire plus de sensibilisation sur cette technique.

La présente nouvelle est inspirée de l’article « For Kenyan farmers, organic fertilizer bokashi brings the land back to life. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.mongabay.com/2021/11/bokashi-fast-decomposing-bio-fertilizer-proves-effective-for-organic-farmers-in-kenya/

Photo : Madame Muthoni dans son jardin. Crédit : Isaiah Esipisu pour Mongabay.