admin | mai 11, 2026
Nouvelle en bref
Il y a cinquante ans, le village de Kavuru, dans le comté d’Embu, au Kenya, était quasiment une prairie sèche. L’agriculteur Kinaro Waithaka avait de la difficulté avec les cultures pluviales peu fiables jusqu’à ce qu’il participe à une formation en 2017 sur la collecte de l’eau. Il a par la suite investi dans un étang, un puits et un système d’irrigation solaire. Aujourd’hui il cultive des légumes très demandés, comme les tomates et obtient des gains stables. Son expérience révèle comment l’irrigation à petite échelle peut réduire les risques climatiques, augmente les rendements et améliore la sécurité alimentaire des agriculteurs et des agricultrices en Afrique.
Il y a cinquante ans, le village de Kavuru, dans le comté d’Embu, au Kenya, était principalement constitué de prairies arides. Kinaro Waithaka y a acheté une parcelle de quatre hectares en 1978 pour y aménager une exploitation agricole. À l’époque, les terres dans cette région étaient plus abordables que dans d’autres régions du pays. Mais en comptant sur l’agriculture pluviale pour cultiver du maïs, des haricots et des mangues, monsieur Waithaka avait du mal à rentabiliser ses investissements agricoles. Il était confronté à la pauvreté, mais il était déterminé à améliorer sa qualité de vie, et ses fils étaient prêts à l’aider.
Grâce aux investissements réalisés ces dix dernières années dans la formation et les techniques d’irrigation, monsieur Waithaka a réussi à redresser sa situation. Il cultive désormais des légumes très demandés, ce qui lui procure un revenu supplémentaire.
Thanks to investments in training and irrigation technology over the past 10 years, Mr. Waithaka has changed his fortunes with investments in training and irrigation technology. He now grows vegetables that are in high demand, bringing in additional income.
En 2017, monsieur Waithaka a assisté à un séminaire agricole aux côtés d’autres agriculteurs et agricultrices locaux dans une église voisine. Les participants ont découvert les techniques de collecte de l’eau et d’agriculture irriguée. Monsieur Waithaka avait vu un étang creusé à la main dans la ferme d’un voisin. Encouragé, il a décidé d’investir dans le creusement d’un étang et de deux puits peu profonds, mais cela s’est avéré plus coûteux que prévu. Il a mis sa propre main-d’œuvre à disposition des creuseurs de puits et a dépensé 30 000 shillings (300 $ US) pour creuser un étang, mais il a dû nourrir les creuseurs tous les jours, un coût qu’il n’avait pas pris en compte.
Malgré le coût, ces investissements ont permis à monsieur Waithaka d’assurer l’irrigation d’autres cultures, telles que les bananes.
Il a également mis en place un système d’irrigation comprenant un réservoir en plastique de 10 mètres cubes, qu’il a installé sur une plateforme en bois et raccordé à l’étang de la ferme et à un puits peu profond. Il a ajouté une pompe à essence pour pomper l’eau du puits et d’un réservoir plus petit recueillant l’eau de pluie de son toit.
Un panneau solaire installé sur le toit est relié à une pompe submersible placée dans l’étang. Le toit recueille également l’eau de pluie, qui est acheminée par des gouttières vers un tuyau d’évacuation alimentant l’étang de la ferme. Lorsque le soleil brille, même par temps légèrement nuageux, l’énergie solaire permet de pomper l’eau de l’étang vers le réservoir surélevé. Monsieur Waithaka a ensuite ouvert la vanne du réservoir, libérant ainsi l’eau dans les tuyaux enterrés qui alimentent le système d’irrigation goutte à goutte dans le champ.
Grâce à ce système, monsieur Waithaka peut irriguer ses cultures quand il le souhaite. Il préfère irriguer les cultures très demandées sur le marché, telles que les tomates, les pastèques, les courges musquées et les légumes-feuilles.
Monsieur Waithaka réalise un bénéfice d’au moins 40 000 shillings kényans (400 $) rien qu’avec ses tomates et vend d’autres légumes cultivés grâce à l’irrigation goutte à goutte. Il vend également des bananes et assure une irrigation d’appoint pour le maïs lorsqu’il pleut. Ses récoltes ne sont plus compromises et il est satisfait des techniques de collecte de l’eau et d’irrigation qui lui permettent d’augmenter sa production agricole.
Seuls 6 % des terres cultivées en Afrique sont irriguées. Les investissements dans l’irrigation peuvent permettre aux agriculteurs et aux agricultrices de mieux supporter les aléas climatiques, renforçant ainsi la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Même les petits systèmes d’irrigation peuvent faire une grande différence, selon Richard Colback, responsable mondial du programme « Water for Food » au sein du Groupe de la Banque mondiale.
L’Afrique dispose d’immenses réserves d’eau souterraine, avec de vastes zones où l’eau se trouve à moins de sept mètres de la surface et est facilement accessible à l’aide de pompes. Les systèmes d’irrigation à énergie solaire génèrent entre 95 et 97 % d’émissions moins que les pompes fonctionnant au diesel ou raccordées au réseau électrique.
Les technologies d’irrigation de précision permettent d’acheminer l’eau directement aux racines des plantes, tandis que les systèmes équipés de capteurs permettent aux agriculteurs et aux agricultrices de mesurer l’humidité du sol en temps réel.
Des projets de plus grande envergure profitent également aux agriculteurs et aux agricultrices, comme le Projet d’agriculture commerciale du Ghana, mené par le gouvernement ghanéen avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale. Ce projet a investi 62 millions de dollars américains pour moderniser les infrastructures publiques d’irrigation et de drainage, notamment en installant des revêtements en béton pour les canaux et en ajoutant des réseaux de canalisations dans les champs. Il a profité à quelque 14 000 personnes et a contribué à faire passer le rendement moyen du riz de 4,5 tonnes par hectare en 2017 à environ 5,5 tonnes par hectare.
Les projets d’irrigation impliquent certes de réfléchir à la manière de réduire au minimum le ruissellement et l’accumulation de sel, ainsi qu’à la gestion des ressources en eau communes, comme les rivières. Cependant, monsieur Colback précise qu’il existe des ressources pour faciliter la coordination de ces efforts.
La présente nouvelle est inspirée d’un articule publié par SciDev.Net intitulé « Irrigation a must for smallholders in changing climate. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.scidev.net/global/opinions/irrigation-a-must-for-smallholders-in-changing-climate/
Photo : Un agriculteur irriguant ses cultures près de Gondar, en Éthiopie. Les nouvelles technologies d’irrigation peuvent réduire la dépendance des agriculteurs et des agricultrices d’exploitation familiales aux précipitations dans un contexte de changement climatique. Droit d’auteur : Niels Van Iperen