Sawa Pius | octobre 13, 2014
Quelque part dans la province occidentale du Kenya il n’était pas rare d’assister à un tel spectacle : des femmes se tenant debout dans leurs champs et lançant des pierres aux oiseaux. Il s’agissait de quelques femmes du groupement d’agricultrices et d’agricultrices d’exploitations familiales de Namulo. Les oiseaux se nourrissaient de leur sorgho.
Ces femmes avaient tenté par plusieurs moyens d’arrêter les oiseaux, mais chacun de leurs efforts s’était avéré exigeant en termes de main-d’œuvre, de coûts et de temps. Chaque saison, elles dépensaient 85 $US pour recruter des chasseurs d’oiseaux.
Cependant, l’an passé, les femmes ont découvert une solution peu coûteuse et pratique : les tournesols!
Regina Khayundi est membre fondatrice du groupement féminin de Namulo, basé dans le comté de Bungoma à l’ouest du Kenya. Elle dit qu’elles ont formé le groupement pour économiser de l’argent et lutter contre la faim, tout en ajoutant que les terres se font rares et qu’une coopérative a plus de faciliter à louer une terre.
Les femmes cultivent la variété gadam du sorgho, car elle arrive vite à maturité et elle produit beaucoup. Cette variété est particulièrement prisée des brasseurs kenyans pour son goût sucré. Malheureusement, sa saveur est également très appréciée des oiseaux.
Lorsque les femmes remarquèrent que les oiseaux aimaient le tournesol, elles ont décidé d’agir, en plantant des tournesols entre les rangées de sorgho sur leur parcelle d’un demi-hectare. Quand les deux cultures ont mûri, les oiseaux se sont régalés avec les têtes des tournesols et ont délaissé le sorgho.
Lydia Barasa est une autre membre du groupement. Elle explique que les tournesols sont une grande distraction pour les oiseaux, et permettent aux femmes de protéger les investissements qu’elles ont consentis avec le sorgho. Elle poursuit : « Nous avons dépensé seulement 1 200 shillings kenyans [15 $US] pour acheter quatre kilogrammes de graines de tournesol que nous avons semées dans cette [parcelle], et le résultat dépasse nos attentes, car les oiseaux ne mangent pas du tout le sorgho. »
Mme Barasa ajoute que le sorgho est très productif, bénéficie d’un marché florissant, et rapporte plus que le maïs sur les marchés locaux. « Un sac de maïs de 90 kilogrammes se vend à 1 800 shillings [20 $US], alors que celui du sorgho vaut 4 000 shillings [44 $], » déclare-t-elle.
Le groupement a récolté 45 sacs de sorgho dans son champ d’un demi-hectare. Non seulement leur production a été plus importante, mais elles n’ont pas eu besoin de dépenser de l’argent pour chasser les oiseaux. Les femmes auront plus de nourriture et de revenus que si elles avaient cultivé du maïs.
Priscilla Onyango fait également partie du groupement de Namulo. Elle raconte : « [Ce] sorgho a éloigné la faim de ma famille. J’encourage les autres agricultrices et agriculteurs à utiliser les tournesols et à adopter la variété gadam. »