admin | mai 21, 2026
Nouvelle en bref
Des femmes de la région de Kérouané, en Guinée, restaurent les forêts dégradées en ramassant des semis d’arbres locaux pour des activités de reboisement menées par la Fondation arboRise. Dans plus de 40 villages, des femmes ramassent des semis de variétés d’arbres locales qui servent pour l’alimentation, les remèdes et la reconstitution des sols, permettant ainsi aux forêts de se régénérer naturellement. Les participants sont rémunérés pour leur travail, ce qui leur permet de subvenir aux besoins de leurs familles en période de difficulté et de financer de petits investissements, tels que l’élevage et les activités agricoles. Les communautés rapportent une amélioration de la fertilité et de la capacité de rétention d’eau des sols, à mesure que les forêts reconstituées commencent à transformer les paysages et les moyens de subsistance.
Dans la région boisée de Kérouané, en Guinée, des femmes jouent un rôle crucial dans la restauration des paysages dégradés tout en transformant leurs moyens de subsistance personnels. Grâce au ramassage de semis d’arbres locaux, elles contribuent à faire revivre des forêts qui avaient disparu à cause de l’agriculture, de la coupe du bois et de la production du charbon.
Dans le village de Kofilakoro, Mariame Condé se rappelle une période difficile. Alors qu’elle était enceinte et peinait à nourrir sa famille en 2022, elle affirme que le travail de la forêt est arrivé juste au bon moment. Elle ajoute : « Mon mari est parti chercher du travail, et il nous restait à peine de quoi manger. L’argent que je recevais m’aidait à acheter de la nourriture et à prendre soin de mon enfant. »
Madame Condé ramassa 20 000 semis du Carapa procera autour de sa maison en 2022. Il a reçu environ 115 $ US pour cet effort dans le cadre d’un projet de la Fondatiom arboRise. Depuis lors, madame Condé continue de ramasser des semis de variétés d’arbres locales, et gagne un revenu qui aide sa famille pendant les mois les plus difficiles de l’année, quand les réserves de bois diminuent et que la prochaine récolte est très loin.
À travers plus de 40 villages, des femmes parcourent les collines et les champs, ramassant des semis d’une grande variété d’arbres locaux, notamment les variétés appréciées pour les aliments, les remèdes et la restauration des sols. Les pousses sont par la suite éparpillées directement sur les terres dégradées, ce qui permet aux forêts de se régénérer naturellement sans qu’il y ait besoin de recourir à des pépinières ou à un équipement coûteux.
Anne Dray, une chercheuse chevronnée impliquée dans l’initiative, déclare : « C’est une méthode très simple. Mais elle permet de restaurer de grandes superficies à moindre coût, tout en impliquant les communautés locales directement. »
Le travail est coordonné avec des partenaires locaux et des familles de propriétaires terriens qui offrent des terres et contribuent à la protection des zones restaurées contre les feux et les animaux qui paissent. Les femmes, cependant, sont au cœur du système, de la collecte des semis au suivi de la régénération des arbres.
Pour beaucoup de participants, le revenu a changé leur vie. Les femmes reçoivent des paiements mensuels qui sont considérablement plus élevés que le salaire minimum national, ce qui leur permet de couvrir les pénuries de vivres, les besoins scolaires et les investissements de petits ménages.
Madame Condé explique avoir pu acheter du bétail et constituer progressivement un petit troupeau. Elle déclare : « Avant, nous dépendions de récoltes incertaines. Désormais, j’ai quelque chose de stable qui aide ma famille. »
Au-delà du revenu, les communautés constatent des changements au niveau de l’environnement. Les ruisseaux jadis secs coulent maintenant toute l’année, et la fertilité des sols s’améliore tranquillement à mesure que les arbres réapparaissent dans le paysage.
Des femmes des localités assument aussi de nouvelles responsabilités après la phase initiale de ramassage de semis. Elles surveillent la croissance des arbres, vérifient qu’il n’y a pas de dommage causé par les feux et appuient un reboisement là où cela est nécessaire, ce qui leur confère une voix plus forte dans la gestion des terres restaurées.
Dans certains villages, des femmes ont formé des coopératives, afin de développer les activités agricoles à petite échelle, telles que la culture du piment, du gombo et de l’arachide, diversifiant ainsi encore plus leurs revenus.
Les membres des communautés soutiennent que cette approche a renforcé la collaboration entre les familles, et que les décisions sont prises collectivement concernant l’utilisation des terres et le partage des profits.
Pour des femmes comme madame Condé, l’impact dépasse la restauration de l’environnement. Il s’agit d’une question de stabilité, de dignité et d’un avenir plus sûr.
Elle déclare : « Lorsque je vois les arbres pousser à nouveau, je sais que les choses peuvent changer. Pas simplement pour la terre, mais pour nous aussi. »
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Liz Kimbrough et publié dans MongaBay, sous le titre « Women scatter seeds, restore forests in Guinea, the ‘water tower of West Africa’. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.mongabay.com/2025/12/women-sow-seeds-restore-forests-in-guinea-the-water-tower-of-west-africa/.
Photo: Instruction concernant la façon d’estimer la hauteur d’un arbre au moyen d’un bâton gradué lorsqu’une personne dans les communautés de la Guinée ne sait pas lire. Image publiée avec l’aimable autorisation de GUIDRE.