Ghana : Une agricultrice améliore son revenu en faisant éclore des poussins dans une couveuse

| janvier 20, 2020

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Nouvelle en bref

Lorsque Suraya Bawa, originaire de la région du Nord, au Ghana, commença à élever des pintades, elle n’avait que 20 œufs qu’elle avait achetés et placés sous ses poules pour faciliter l’éclosion des poussins. Désormais, elle fait éclore 2 000 œufs de pintades chaque semaine dans une couveuse. Elle travaille dur pour que tout se passe bien. Elle maintient la température de l’incubateur entre 35 et 37 degrés et retire les œufs craquelés ou gâtés. Elle prend également soin des poussins après l’éclosion, et sollicite les services d’un vétérinaire le cas échéant. Elle vend le poussin à 0,50 $ US et peut gagner plus de 2 000 $ par an.

C’est un après-midi chaud et ensoleillé de jeudi et Suraya Bawa est vêtue de ses vêtements de travail, son bébé au dos. Cette mère de 30 ans travaille dans un vieux bâtiment transformé en poulailler pour élever des petits de pintades. Madame Bawa sourit en nourrissant les poussins, communément appelés pintadeaux, qui ont éclos il y a à peine quelques jours dans une couveuse artisanale.

Elle déclare : « Deux milles éclosent actuellement chaque année, et c’est pour cela que je travaille dur pour bien faire les choses. »

Madame Bawa réside à Tishiegu, en banlieue de Tamale, dans la région du Nord du Ghana. L’élevage des pintadeaux est une activité d’homme, mais madame Bawa a dérogé à la règle. Cela fait 18 ans qu’elle fait éclore des pintadeaux pour les vendre.

Déjà toute petite, l’élevage des volailles la passionnait. Après son mariage, elle a démarré sa propre activité d’élevage de pintades avec seulement 20 œufs. Madame Bawa affirme élever surtout les pintadeaux, car ce marché est florissant.

Selon elle, faire éclore des pintadeaux n’est pas sorcier pour les agriculteurs et les agricultrices qui élèvent d’autres sortes de volailles. Les œufs sont la seule chose dont ils ont besoin pour commencer.

Madame Bawa se rappelle : « J’ai acheté 20 œufs de pintades, et lorsque mes poules ont commencé à pondre, j’ai retiré leurs œufs et les ai remplacés par ceux des pintades pour qu’elles les couvent et fassent éclore [les] pintadeaux. »

Au début, ça ne fonctionnait pas bien. Elle n’arrivait pas à maintenir la couveuse à la bonne température, ne prêtait pas très attention à l’alimentation des pintadeaux ou négligeait de les garder au chaud, et ne retirait pas les œufs craquelés ou gâtés de la couveuse.

Lorsque son mari vit qu’elle peinait à s’en sortir, il décida de l’aider en apprenant comment fabriquer des couveuses.

Aux dires de madame Bawa, les couveuses permettent de garder plus facilement les œufs à la bonne température, ce qui est important pour l’éclosion des poussins.

Grâce à la couveuse, le nombre de pintadeaux a augmenté. Elle explique : « Quand les gens voient de nombreux pintadeaux chez moi, ils demandent s’ils peuvent m’apporter leurs œufs pour les faire couver. C’est comme cela que j’ai commencé à pratiquer l’incubation commerciale. »

Sa couveuse peut contenir 1 000 œufs, mais ce sont en moyenne 500 à 700 pintadeaux qui éclosent. Madame Bawa affirme que lorsque les gens lui apportent des œufs, elle choisit les bons, vérifie qu’ils ne sont pas craquelés et ne paraissent pas vieux. Elle les place dans la couveuse et maintient la température entre 35 et 37 degrés. Pour chaque œuf dont éclot un pintadeau, le propriétaire initial de l’œuf lui paie un cedi ghanéen (0,18 $ US).

Après avoir passé une semaine dans l’incubateur, madame Bawa vérifie l’intérieur des œufs à l’aide d’une flamme de bougie. Ceux à l’apparence transparente sont infertiles, tandis que ceux qui contiennent un point noir sont fertiles et demeurent dans la couveuse.

Elle garde les œufs au chaud dans la couveuse jusqu’à ce qu’ils commencent à éclore au bout de 28 à 30 jours. Puis, elle transporte les pintadeaux dans une autre pièce où elle s’occupe d’eux en attendant l’arrivée des acheteurs. Elle vend le pintadeau à trois cedis ghanéens (0,53 $ US).

Madame Bawa soutient n’avoir suivi aucune formation et, comme les pintadeaux sont fragiles, elle fait appel au vétérinaire en cas de besoin.

Sintaro Mahama est le directeur général de TIZAA Farms au Ghana. Selon lui, il faut encourager les femmes à élever les pintades et à pratiquer l’incubation commerciale des pintades. Monsieur Mahama ajoute que prendre soin des pintadeaux exige du temps et de l’attention, et que les femmes semblent plus attentionnées que les hommes. En effet, elles surveillent les volailles quand elles sortent, les protègent de la pluie et s’assurent qu’elles mangent assez. À ses dires, l’incubation est une bonne source de revenus pour les femmes et peut les aider à couvrir leurs dépenses familiales.

Madame Bawa veut apprendre aux jeunes femmes qui le souhaitent comment faire éclore et élever des pintades. Elle raconte que c’est une activité gratifiante qui l’aide à subvenir aux besoins de sa famille.

L’incubation d’œufs de pintade lui rapporte environ 12 000 cedis ghanéens (2 110 $ US) par an et elle paie les frais de scolarité de ses enfants lorsque son mari manque d’argent. Madame Bawa affirme subvenir également aux besoins de ses parents et ses frères et sœurs quand ils en ont besoin. Elle ajoute : « Cela me responsabilise. »

Radios Rurales Internationales Ghana a réalisé ce projet dans le cadre d’Uniterra, un programme piloté par l’EUMC et le CECI. Uniterra est financé par le gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca.