Ghana : Pour un meilleur accès à l’eau, une communauté s’unit pour construire un barrage

| novembre 1, 2026

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À Tahiru Akurah, une petite communauté agricole de la municipalité de Kintampo, dans la région du Bono Est, au Ghana, les saisons avaient toujours régulé le quotidien des populations. Entourés d’une réserve forestière et vivant largement de l’agriculture de subsistance, les agriculteurs et les agricultrices cultivent du maïs, des ignames, des arachides, du niébé et des légumes, et comptent beaucoup sur la pluie pour les besoins de leurs cultures et leurs ménages. Ces dernières années, cependant, il était devenu de plus en plus difficile de prévoir le rythme de ces saisons. Les membres de la communauté ont expliqué comment les longs épisodes de sécheresse et la raréfaction de l’eau compliquaient leur quotidien, notamment l’accès à l’eau pour la cuisine, la boisson, la lessive et l’agriculture. Pour plusieurs ménages, il leur fallait souvent parcourir de longues distances, afin de trouver en l’eau, une routine qui était devenue progressivement plus astreignante à mesure que les saisons sèches se prolongeaient. 

Le groupe d’écoute communautaire avait écouté l’émission d’ADARS FM sur les solutions fondées sur la nature. En écoutant des discussions sur la conservation de l’eau, la protection des écosystèmes et les solutions locales aux changements environnementaux, les membres commencèrent tranquillement à comprendre en quoi l’adaptation au climat consistait de façon pratique. 

La communauté chercha une solution à la situation de l’eau, et les membres parlèrent de construire eux-mêmes un barrage pour avoir une source d’eau plus fiable. Le groupe fit le lien entre les connaissances acquises à travers les émissions de radio et la réalité qu’il vivait chaque saison sèche.

Les efforts de plaidoyer de la communauté lui ont permis d’obtenir un financement dans le cadre de la phase II du projet Ghana Productive Safety Net de la Banque mondiale. Ce projet fournissait des conseils techniques et des ressources pour la réalisation du projet de construction du barrage. Aujourd’hui, les travaux de construction impliquent environ 105 membres de la communauté, dont 60 % sont des femmes.

Les travaux commencent tôt chaque matin. Ceux et celles qui participent pointent à 7 h du matin et terminent à 11 h. Un ingénieur du projet Safety Net apporte une assistance technique sur place. Les hommes et les jeunes creusent des fosses qui définissent la forme de la cuvette du barrage. Les femmes transportent le sable des fosses au moyen de bandeaux, et les femmes âgées s’occupent des enfants dans une pouponnière située non loin. Les membres de la communauté avaient été préparés pour utiliser leurs outils personnels pour ce projet, même si le financement fournit plus tard les équipements nécessaires. 

Le financement de Banque mondiale prévoit une rémunération pour ces activités menées par les membres de la communauté, mais ils affirment être plus encouragés par le meilleur accès à l’eau. Même si le travail n’est pas encore terminé, l’impact est déjà visible. L’eau commence à s’accumuler dans le réservoir, et Tahiru Akurah et les communautés voisines viennent y puiser.

Il faut quand même traiter l’eau avec de l’alun avant de l’utiliser, mais il ne fait aucun doute que cela fait une différence dans le quotidien des gens. Les membres de la communauté n’ont plus à parcourir de longues distances pour aller trouver de l’eau pour les travaux domestiques ou agricoles. De plus, les réserves d’eau duraient jusqu’en novembre, durant la période sèche. 

Parallèlement aux travaux de construction, les émissions de radio continuent à façonner les connaissances et la réflexion des membres de la communauté sur la protection de l’environnement. Les auditeurs et les auditrices se rappellent avoir entendu des discussions concernant la plantation d’arbres autour des sources d’eau, afin de les protéger et d’éviter qu’elles soient contaminées, ainsi que des messages provenant d’autres communautés qui encourageaient les gens à ne pas couper les arbres pour avoir du bois de chauffage, car les arbres améliorent la qualité de l’air et favorisent l’atténuation du changement climatique.

Pour les habitants de Tahiru Akurah, le barrage fait leur fierté, tant pour l’eau qu’il fournit, que pour l’action collective qui a permis sa réalisation. Les membres de la communauté ont expliqué qu’une grande partie des travaux avait été réalisée grâce à leurs propres moyens et à leur collaboration, et traduisent leurs dires par cette déclaration : « Nous sommes fiers d’avoir construit ce barrage nous-mêmes » et que cette initiative avait déjà amélioré leur quotidien en facilitant l’accès à l’eau au sein de la communauté.