Kathryn Burnham | août 28, 2017
C’est par un temps chaud et ensoleillé que Gonfa Gutema suit les deux bœufs qui labourent son champ. Il a plu récemment, ce qui signifie qu’il est temps de labourer, et remuer la couche arable dure et sèche avec l’eau provenant des flaques formées en surface.
Lorsqu’on lui demande, monsieur Gutema accroche une billonneuse améliorée de la marque Aybar à sa charrue, démontrant ainsi comment c’est facile de la glisser dans le décompacteur et de l’attacher à l’arbre. Ce n’est pas encore le moment d’utiliser la billonneuse améliorée, qui sert aussi de silloneur, car monsieur Gutema labourera son champ à nouveau avant de semer le blé dans quelques semaines.
Beaucoup d’agriculteurs et d’agricultrices éthiopiens labourent leurs champs plusieurs fois avant de semer, exposant ainsi le sol au soleil pour contrer les organismes nuisibles et les maladies. Le labour fait partie de la préparation de la terre, et la billonneuse améliorée, ou BBM, est un outil important pour les vertisols qu’on trouve partout en Éthiopie. Les vertisols sont des sols argileux qui contiennent peu de matière organique. Ils durcissent lorsqu’ils sont secs, et sont collants et gorgés d’eau lorsqu’ils sont humides. La BBM creuse des sillons par lesquels l’excès d’eau s’écoule du champ.
Plus de sept millions d’hectares de terre sont de type vertisol en Éthiopie, ce qui rend difficile l’agriculture dans ces régions, surtout en saison pluvieuse. Selon monsieur Gutema, l’engorgement lui coûte cher en termes de semences, d’engrais et de main-d’œuvre, car l’excès d’eau submerge ses plantes avant même qu’elles puissent pousser.
De nombreux agriculteurs et agricultrices utilisent un sillonneur pour préparer la terre avant de semer du blé, étant donné que le blé supporte moins l’excès d’eau que le tef.
Bien que le labour et le traçage des sillons fassent partie de la tradition agricole vieille de milliers d’années, certains agriculteurs et agricultrices investissent dans une nouvelle technologie en vue d’améliorer cette pratique. Monsieur Gutema et d’autres ont investi dans une Aybar BBM, après avoir appris qu’elle permettait d’économiser du temps et de la main-d’œuvre.
Teshome Workinet est l’agent de développement de la circonscription d’Awash Bune. Monsieur Workineh souligne que la qualité du sol n’est pas la même partout. Les zones en pente peuvent ne pas nécessiter une BBM, puisque l’excès d’eau s’écoule naturellement. Dans cette partie de l’Éthiopie, les paysans et les paysannes possèdent souvent plusieurs petits champs éparpillés à travers la collectivité, et le sol est parfois différent d’un champ à l’autre. Il s’agit peut-être d’un sol vertisol, sablonneux ou limoneux. Par conséquent, les paysans et les paysannes n’ont pas toujours besoin d’employer un sillonneur sur tous leurs champs.
Pour ceux et celles qui utilisent un sillonneur traditionnel, le labour est difficile. L’outil métallique attaché à la charrue peut peser plus de sept kilogrammes, surtout lorsqu’il est recouvert d’une boue épaisse. Par contre, l’Aybar BBM pèse juste 3,5 kilogrammes.
Contrairement aux charrues qui remuent la terre, les petites ailes situées à droite et à gauche de l’Aybar repoussent simplement la terre sur le côté, creusant ainsi un sillon par lequel l’excès d’eau peut s’écouler. Une tige placée à l’extrémité de chaque aile aplatit la terre dans un lit sur les deux côtés.
Monsieur Gutema a un vieux modèle d’Aybar BBM, qu’il a acheté à 170 birr (8 $US). Les tout nouveaux modèles coûtent environ 360 birr (16 $US), car on peut démontrer les ailes du sillonneur.
Même si monsieur Gutema a acheté son propre sillonneur, Aster Etuche et Tslhay Tedesu font partie d’un groupe de six agriculteurs et agricultrices qui se partagent une Aybar BBM entre eux. Les deux femmes ont appris l’existence de l’Aybar BBM en écoutant leur émission radiophonique agricole, et ont conseillé à leurs maris de s’en servir pour les sols gorgés d’eau sur lesquels ils cultivent le blé.
Ils sèmeront à la volée et utiliseront ensuite l’Ayar BBM pour pousser les semences à l’intérieur des lits. Puis, lorsqu’il pleuvra abondamment, les sillons achemineront l’excès d’eau loin des cultures.
Comme ils n’utilisent l’Aybar BBM qu’une seule fois chaque saison, Mme Tedesu et Mme Etuche ne voient pas la nécessité d’en avoir une chacune, et préfèrent s’en partager une. Cependant, elles voient la différence que cela fait. Lorsqu’elles voient leurs maris labourant les champs, elles se rendent compte que le travail est plus rapide et moins difficile. Mme Etuche déclare : « Les bœufs n’ont pas besoin d’être aussi dodus et robustes pour tirer la BBM [Aybar]. »
Mme Tedesu ajoute : « Ça n’enfonce pas trop la graine dans le sol comme le faisait l’ancien BBM. Cet ancien BBM entraînait beaucoup de terre dans son sillage et les semences étaient enterrées en profondeur et ne parvenaient pas à germer. » Ils ont utilisé l’Aybar BBM pour la première fois l’an dernier, et leur récolte a augmenté de 25 %.
Bien que l’Aybar BBM soit actuellement disponible qu’en Éthiopie, la société Aybar Engineering travaille à la rendre disponible dans d’autres pays d’Afrique de l’Est, et à promouvoir son utilisation. Siyoium Mzkonin est technicien chez Aybar Engineering. Il affirme que les premières versions d’Aybar BBM étaient uniquement destinées aux vertisols engorgés d’eau, mais les nouvelles versions serviront au labourage, à la récolte des pommes de terre et des arachides, et l’ouverture de canaux d’irrigation.
This was part of a project to use information and communication technologies to scale-up agricultural technology in Ethiopia, which was made possible with the support of Digital Green through USAID’s New Alliance ICT Extension Challenge Fund, a component of the New Alliance for Food Security and Nutrition.