Tesfanesh Tadesse | août 14, 2026
Nouvelle en bref
Les agriculteurs et les agricultrices du continent sont obligés de s’adapter aux répercussions du changement climatique, ce qui a une incidence sur le régime des précipitations, les températures et la fertilité des sols. Dans plusieurs régions, les femmes en particulier ont un défi distinct, car elles ont moins accès aux formations, aux informations et aux financements. Toutefois, des émissions de radio comblent ces lacunes dans plusieurs régions, notamment dans les hauts plateaux du district de Bensa, en Éthiopie, où Berso Bayona écoute une émission agricole sur les solutions fondées sur la nature, financée par Radios Rurales Internationales. Elle déclare : « Un jour, j’écoutais une émission de [radio] concernant un agriculteur qui a amélioré sa terre grâce au compost et à la plantation d’arbres. Il expliquait tout étape par étape dans notre langue. Cette émission m’a motivée à tester cela sur ma propre exploitation. » Aujourd’hui son exploitation paraît différente, avec une terre plus noire et plus fertile qui retient plus d’eau et favorise des plantes robustes.
Les agriculteurs et les agricultrices de part et d’autre du continent s’adaptent à la pluviosité aléatoire, la hausse des températures et l’érosion accrue des sols, et ils tentent de maintenir et d’améliorer la quantité qu’ils récoltent, afin de pouvoir nourrir leurs familles et vendre le surplus pour payer les frais de scolarité, les médicaments et d’autres nécessités. Certains rencontrent des difficultés particulières pour s’adapter, notamment les femmes qui ont souvent un accès limité aux informations, aux formations et aux financements.
Pour Berso Bayona, une femme de 30 ans, mère de deux enfants et chef de famille dans la région des plateaux du district de Bensa, en Éthiopie, la situation semblait désespérée à un moment donné. Elle déclare : « J’avais remarqué que, pendant les quatre à cinq dernières années, ma terre avait été très infertile. … Il ne pleuvait pas comme on l’espérait, et, parfois, la chaleur brûlait les cultures. Le sol s’érodait tranquillement, et je me demandais comment j’allais nourrir mes enfants. »
À l’instar de beaucoup d’agricultrices en milieu rural éthiopien, madame Bayona a un accès limité aux informations agricoles et aux services de vulgarisation. Les formations et les visites des services de conseil ciblent souvent les ménages dont les chefs sont des hommes, ce qui laisse les agricultrices avec peu de chances d’obtenir des renseignements concernant les pratiques agricoles améliorées.
Elle déclare : « Les agents de développement rendent généralement visite aux hommes de notre communauté. Ils s’arrêtent rarement chez moi. Je voulais apprendre comment améliorer mon exploitation agricole, mais j’ignorais où trouver les informations. »
Tout commença à changer lorsque madame Bayona se mit à écouter une émission de Bensa FM sur les solutions fondées sur la nature, financée par Radios Rurales Internationales. L’émission, réalisée en langue sidamigna, communique des informations pratiques sur l’agriculture intelligente face au climat et les solutions fondées sur la nature que les communautés peuvent appliquer avec des ressources locales.
Grâce à l’émission, madame Bayona a découvert des pratiques, telles que la préparation du compost, le paillage, la culture intercalaire et la plantation d’arbres locaux, en vue de restaurer la fertilité des sols et protéger les terres agricoles contre l’érosion.
Elle déclare : « Un jour, j’écoutais une émission concernant un agriculteur qui avait amélioré sa terre grâce au compost et à la plantation d’arbres. Il a tout expliqué étape par étape dans notre langue. Cette émission m’a motivée à tester cela sur ma terre. »
Petit à petit, madame Bayona planta des variétés d’arbres locales à la lisière de sa terre et ajouta de faux bananiers, ou bananier d’Abyssinie, pour procurer de l’ombre et favoriser la conservation de l’humidité dans le sol.
Encouragée par les premiers résultats, elle introduisit par la suite le paillage et la culture intercalaire, afin d’améliorer la santé des sols et le rendement agricole.
Un documentaire radio sur la préparation du compost a particulièrement retenu son attention.
Elle ajoute : « Ils expliquaient comment rassembler les matériaux, comment les disposer en couches et combien de temps il fallait attendre avant d’utiliser le compost. J’ai écouté l’émission plusieurs fois, afin de ne pas oublier le processus. »
Avec des résidus de cultures, des feuilles et des déchets ménagers organiques, madame Bayona prépara son premier tas de compost. Au fil du temps, l’impact de ces pratiques devint visible. Elle déclare : « Aujourd’hui, mon exploitation paraît plus différente qu’avant. La terre est plus noire et plus fertile. L’eau reste plus longtemps après la pluie, et mes cultures poussent mieux. »
Ces changements ont considérablement amélioré la résilience de son ménage. Avec un sol en meilleure santé et de meilleurs rendements, madame Bayona parvient à mieux nourrir ses enfants et à faire face aux conditions météorologiques imprévisibles.
Son succès commence également à faire tache d’huile dans toute la communauté. Les agriculteurs et les agricultrices qui passent à côté de son champ constatent les améliorations et commencent à lui poser des questions concernant les pratiques qu’elle a adoptées. Batimo Mercho, l’administrateur du village, déclare : « L’exploitation de Berso est devenue un exemple puissant de ce qui est possible. Grâce aux connaissances qu’elle a acquises à la radio, elle a transformé sa terre. Son succès encourage les autres agriculteurs, notamment les femmes, à tester ces pratiques. »
