admin | novembre 27, 2023
Nouvelle en bref
En Éthiopie, Mengistie Tegenie s’emploie à mettre fin aux mariages d’enfants et à la violence contre les femmes. Sa motivation vient des mariages précoces de ses quatre sœurs. Le conflit, la sécheresse et le COVID-19 ont aggravé la situation en Éthiopie et monsieur Tegenie a travaillé avec Norvegian Church Aid, ONU Femmes et le FNUAP sur un programme de lutte contre la violence basée sur le genre. Des discussions communautaires ont été entreprises dans le cadre de ce programme, avec l’implication de facilitateurs et de facilitatrices professionnels, en vue de sensibiliser le public aux répercussions du mariage des enfants et de la violence à l’égard des femmes. L’objectif est de changer les normes sociales en impliquant les hommes, les garçons et les responsables communautaires, y compris les chefs religieux, par des formations et des déclarations publiques contre les pratiques nocives. À long terme, le programme vise à influencer les communautés et, au fil du temps, changer les normes sociales préjudiciables.
Mengistie Tegenie a quatre sœurs, et elles se sont toutes mariées avant l’âge de 18 ans. Malgré leur intelligence et leurs bons résultats scolaires, elles ont dû arrêter leurs études après leur mariage, une situation courante chez plusieurs jeunes femmes en Éthiopie.
Au début de ses études universitaires, monsieur Tegenie s’est senti coupable de pouvoir poursuivre ses études pendant que ses sœurs ne le pouvaient pas. Il réalisa que les mariages d’enfants empêchaient non seulement les femmes d’entreprendre une carrière, mais les exposent également à la menace de la violence basée sur le genre.
La vue de l’impact du mariage précoce sur sa famille, surtout les femmes et les filles qui vivaient de la violence, poussa monsieur Tegeni à vouloir apporter un changement. Actuellement, il est spécialiste dans les questions de violence basée sur le genre à Norwegian Church Aid, où il se consacre entièrement à mettre fin au mariage des enfants et à la violence à l’égard des femmes.
Les femmes sont devenues plus vulnérables en raison du conflit qui dure depuis deux ans, de la sécheresse et de la pandémie de COVID-19 en Éthiopie. Les mariages d’enfants ont plus que doublé dans les régions les plus touchées. Face au problème, monsieur Tegenie et Norwegian Church Aid se sont associés à ONU Femmes et au FNUAP pour lutter contre les mentalités et les idées qui favorisent la violence basée sur le genre et les inégalités de genre dans les communautés locales éthiopiennes.
En 2021, ils ont lancé une initiative financée par une subvention internationale du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) afin de prévenir et de lutter contre la violence basée sur le genre dans six pays, dont l’Éthiopie.
Monsieur Tegenie croit que le changement des normes sociales doit commencer à l’échelle communautaire. Grâce au soutien d’ONU Femmes, Norwegian Church Aid a organisé des dialogues communautaires animés par des facilitateurs et des facilitatrices professionnels. Ces discussions portaient sur les répercussions négatives du mariage des enfants et de la violence contre les femmes. À la fin des conversations, des leaders communautaires ont publiquement dénoncé ces pratiques et ont incorporé des sanctions dans les règlements locaux.
L’objectif est d’impliquer les hommes, les garçons et de changer leurs mentalités concernant ces pratiques nocives. Monsieur Tegenie veut leur faire comprendre comment celles-ci nuisent à la vie des femmes et des filles et promouvoir des initiatives communautaires pour faire cesser la violence perpétrée contre elles.
Il reconnaît que le changement des normes sociales demande du temps et nécessite le soutien des responsables communautaires, y compris les chefs religieux. Certains leaders religieux encouragent des pratiques nocives à l’égard des femmes et les filles. Monsieur Tegenie et Norwegian Church Aid ont offert une formation à 48 responsables religieux de confessions orthodoxe, protestante et musulmane. Ils ont également exhorté les principaux conseils religieux du pays à déclarer que la violence basée sur le genre et le mariage des enfants n’étaient pas prônés par leurs confessions, ce qui influera sur les mentalités des prêtres et des pasteurs des paroisses de leurs communautés. C’est ce qui, selon monsieur Tegenie, permet de changer les normes.
La présente nouvelle est inspirée d’un article d’ONU Femmes intitulé « UN Women and partners fight gender-based violence by helping to change social norms and attitudes in Ethiopia. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez : https://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/ao%C3%BBt-2023/en-%C3%A9thiopie-onu-femmes-et-ses-partenaires-luttent-contre-la-violence-sexiste)