Trésor Wayitsomaya | juillet 17, 2026
Nouvelle en bref
La résurgence de la maladie à virus Ebola bouleverse de nouveau la vie des populations dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo. À Kasugho, un village situé à environ 45 kilomètres de Lubero-centre, l'inquiétude gagne les producteurs et les productrices de manioc, ainsi que les commerçants et les commerçantes locaux. Les mesures de prévention, les restrictions de déplacement et la peur de la contamination ralentissent les activités agricoles et commerciales. Eveline Kavugho, revendeuse de farine de manioc, évoque une baisse du pouvoir d'achat des clients et une chute des prix. Elle explique : « Les acheteurs manquent d'argent. Un sac de farine se vend autour de 70 000 francs congolais à Kaseghe et environ 80 000 francs à Kagheri. Les agriculteurs limitent leurs déplacements vers les centres commerciaux à cause de la peur d'Ebola. Beaucoup hésitent aussi à confier leurs produits à d'autres personnes, faute de confiance. »
La résurgence de la maladie à virus Ebola bouleverse de nouveau la vie des populations dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo. À Kasugho, un village situé à environ 45 kilomètres de Lubero-centre, l’inquiétude gagne les producteurs et les productrices de manioc, ainsi que les commerçants et les commerçantes locaux. Les mesures de prévention, les restrictions de déplacement et la peur de la contamination ralentissent les activités agricoles et commerciales.
Kasugho est l’un des principaux bassins de production de farine de manioc qui approvisionne plusieurs centres commerciaux du territoire de Lubero. Mais aujourd’hui, cette activité est fortement perturbée.
Selon les autorités sanitaires, plus de 2 000 cas de maladie à virus Ebola avaient été enregistrés en République démocratique du Congo au 13 juillet 2026. Quarante-deux des 140 zones de santé du pays ont signalé des cas, tandis que cinq provinces restent touchées. Cette situation affecte non seulement la santé publique, mais aussi l’agriculture, le commerce, l’élevage, les transports et l’éducation.
Dans son champ de manioc, Kavira Lwanzo poursuit ses travaux malgré l’inquiétude. Pour cette agricultrice, la production n’est pas le principal problème. C’est l’écoulement de la récolte qui devient de plus en plus difficile.
Elle explique : « Nous pouvons récolter le manioc jusqu’à produire la farine, mais nous avons peur d’aller au marché. Nous ne savons pas qui est en bonne santé et qui a été en contact avec la maladie. Même lorsque nous nous lavons les mains aux points de contrôle, nous restons inquiets malgré le respect des mesures barrières. »
Comme de nombreux producteurs et productrices, Masika Vaghen, 56 ans et mère de six enfants, parcourt près de 15 kilomètres pour rejoindre son champ. Elle constate une forte augmentation du coût du transport des récoltes.
Elle affirme : « Nous recevons les informations sur Ebola à la radio et grâce aux relais communautaires. Mais aujourd’hui, il est devenu difficile d’évacuer nos produits. Avant, deux ou trois enfants pouvaient accompagner la farine jusqu’à la maison. Désormais, les autorités sanitaires demandent qu’une seule personne fasse le trajet. Il est aussi difficile de trouver des journaliers, car beaucoup craignent d’être contaminés. Les autorités doivent agir rapidement pour mettre fin à cette menace sanitaire. »
Pour Kambale Maliro, 60 ans, cette situation rappelle la précédente épidémie d’Ebola qui avait durement frappé les régions de Beni, Butembo et Lubero en 2018.
Il déclare : « Je me suis installé dans mon champ pour limiter les déplacements. J’y cultive le manioc et les bananes. J’envoie parfois mes petits-fils vendre une partie de la récolte afin d’acheter du sel et d’autres produits de première nécessité. Nous suivons les conseils des médecins diffusés à la radio, mais nos activités économiques sont fortement perturbées. »
Les commerçants ressentent également les conséquences de cette crise.
Eveline Kavugho, revendeuse de farine de manioc, évoque une baisse du pouvoir d’achat de la clientèle et une chute des prix.
Elle explique : « Les acheteurs manquent d’argent. Un sac de farine se vend autour de 70 000 francs congolais à Kaseghe et environ 80 000 francs à Kagheri. Les agriculteurs limitent leurs déplacements vers les centres commerciaux à cause de la peur d’Ebola. Beaucoup hésitent aussi à confier leurs produits à d’autres personnes, faute de confiance. »
À Kasugho, la résurgence d’Ebola dépasse désormais le seul cadre sanitaire. Elle fragilise les moyens de subsistance des familles agricoles, ralentit les échanges commerciaux et accentue les difficultés économiques des communautés rurales.
Ce texte a été préparé par Trésor Wayitsomaya pour Barza infos et pour la Radio Télévision Communautaire Tayna (RTCT), station de Kasugho (lubero)