Des agriculteurs améliorent leurs rendements et leurs revenus, grâce à des systèmes d’irrigation à petite échelle (Institut International pour la Gestion de l’Eau)

| septembre 3, 2012

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Selon un dicton du sous-district de Gursum, dans la région d’Oromia, en Éthiopie: « Pas d’étang, pas de femme ». Les agriculteurs de cette région collectent l’eau dans les étangs formées par la pluie, en utilisant de grandes bâches de plastique. C’est une méthode simple mais efficace pour récupérer et stocker de l’eau pour leurs cultures. Cette technologie a été introduite à Gursum il y a une décennie, et a changé le sous-district de plus d’une façon. On dit des agriculteurs qui n’ont pas d’étang qu’ils ont de la difficulté à se trouver une femme!

L’histoire sur le sous-district « Pas d’étang, pas de femme » a été publiée dans un nouveau rapport de l’Institut International pour la Gestion de l’Eau. Ce rapport a étudié les pratiques des agriculteurs d’Afrique sub-saharienne et d’Asie du Sud, en matière d’irrigation. Il a trouvé que les agriculteurs qui sont fatigués d’attendre des grands modèles d’irrigation prennent leur destin en main. Ces agriculteurs utilisent de plus en plus des systèmes d’irrigation à petite échelle, pour améliorer leur production.

Les systèmes d’irrigation à petite échelle, tels que les motopompes et les étangs d’eau de pluie appartiennent à des agriculteurs particuliers, à des groupes d’agriculteurs ou à des communautés. Ils servent de mesure de protection contre les pluies irrégulières, permettant aux agriculteurs d’irriguer leurs cultures à des étapes-clés de leur croissance. Ils permettent aussi aux agriculteurs de faire pousser des cultures durant la saison sèche. L’impact sur les rendements et sur le revenu peut être frappant.

Veronica Sianchenga dit que sa vie a été transformée par une simple pompe et une trousse d’irrigation. Elle cultive un petit lopin de terre, dans une région rurale de la Zambie. Dans sa communauté, les pluies et les eaux de surface ne sont disponibles que quelques mois dans l’année. Parce qu’elle a investi dans une pompe, elle peut maintenant avoir accès à de l’eau sous-terraine tout au long de l’année.

Mme Sianchenga cultive maintenant des tomates, des poivrons et des aubergines. Les profits qu’elle fait en vendant ses légumes lui ont permis de s’acheter une nouvelle maison et d’envoyer ses enfants à l’école. Et, alors que les agriculteurs d’Éthiopie trouvent que les systèmes d’irrigation les aident à se trouver des épouses, les femmes de la communauté de Mme Sianchenga y trouvent d’autres avantages. « Nous les femmes, nous ne dépendons plus de nos maris, dit-elle. Nous sommes capables de faire nos propres projets. Maintenant, nous mangeons mieux et notre croissance est meilleure. »

L’étude a trouvé que 20 pour cent des petits agriculteurs de Zambie cultivent maintenant des légumes durant la saison sèche. Ces agriculteurs gagnent environ un tiers de plus en revenus par rapport à ceux qui ne cultivent que des produits irrigués par la pluie. D’après le rapport, l’irrigation à petite échelle est bien établie en Asie du Sud, et gagne du terrain en Afrique sub-saharienne. D’autres exemples d’irrigation à petite échelle incluent les puits tubés et les rivières détournées gérées par la communauté.

Meredith Giordano a coordonné l’étude de l’Institut International pour la Gestion de l’Eau. Elle explique: « Malgré les contraintes telles que les frais élevés à payer à l’avance et des chaînes d’approvisionnement peu développées, les petits agriculteurs de partout en Afrique et en Asie sont allés de l’avant et utilisent leurs propres ressources pour financer et installer des technologies d’irrigation. Il est clair que les agriculteurs eux-mêmes sont les moteurs de cette tendance. »

En fait, il y a des zones où les petits modèles d’irrigation gérés par des agriculteurs prennent maintenant plus de place que les grands modèles publics. Au Ghana, par exemple, les systèmes d’irrigation à petite échelle couvrent 25 fois plus de terres agricoles que les systèmes publics.

L’Institut International pour la Gestion de l’Eau trouve que l’irrigation à petite échelle a un grand potentiel en matière d’amélioration des revenus des agriculteurs d’Afrique sub-saharienne. Selon son rapport, les investissements faits dans les pompes motorisées pourraient bénéficier à des millions de gens, aidant les agriculteurs de la région à amasser 22 milliards de dollars américains par année.