Des agriculteurs acquièrent et conservent des semences d’arachide de bonne qualité pour améliorer leur rendement

| juin 7, 2021

Téléchargez cette nouvelle

Nouvelle en bref

Un des défis que rencontre la cultivatrice d’arachides malawite Cynthia Mvalo est le manque d’accès aux semences de qualité. Le manque d’informations en est un autre. À ses dires, plusieurs cultivateurs(trices) d’arachides ne connaissent pas de distributeur(trices) agricoles qui stockent et vendent des semences d’arachide de qualité. Pour pallier ces problèmes et bien d’autres afférents à la production d’arachides, madame Mvalo demande des conseils auprès de scientifiques, en se tournant vers la station de recherche de Chitedze. Elle affirme que maintenant qu’elle achète des semences d’arachides seulement après avoir consulté des chercheurs(euses), elle n’a plus de problème de semences de mauvaise qualité.

Les mains sur les hanches, Cynthia Mvalo sourit. Elle regarde joyeuse le camion rempli d’arachides qu’elle a récoltées aujourd’hui, et qui sont prêtes à être transportées à l’entrepôt. Outre son enthousiasme, elle continue de penser à toute la peine qu’elle s’est donnée pour trouver les semences d’arachide de bonne qualité qu’elle a plantées afin d’obtenir cette récolte exceptionnelle.

Madame Mvalo se souvient : « Autrefois, chaque fois que je n’arrivais pas à acheter des semences de qualité au marché, mon rendement d’arachide était toujours faible. Je réalise maintenant que pour produire plus d’arachides, la solution c’est d’avoir des semences de bonne qualité, et, chaque année, je fais toujours de mon mieux pour en trouver pour les semis. »

Madame Mvalo vit à Lilongwe, la capitale du Malawi, et son champ se trouve dans le district de Mchinji, à 120 kilomètres environ de Lilongwe. Elle dit qu’en tant qu’agricultrice d’exploitation familiale elle a beaucoup de difficultés à trouver et garder des semences d’arachide de bonne qualité.

Elle explique : « Il y a des semences contrefaites sur le marché et l’agriculteur ne s’en rend compte qu’au moment de la germination alors que l’argent a déjà été payé. Cependant, les semences d’arachide de qualité coûtent cher. Alors, en tant qu’agricultrice d’exploitation familiale, je n’arrive pas à en acheter suffisamment pour mon champ. »

Selon madame Mvalo, le manque d’informations sur le marché est un autre problème qu’elle rencontre quand elle essaie d’acheter des semences d’arachide. Plusieurs cultivateurs(trices) d’arachides ne connaissent pas tous les agrodistributeurs(trices) de semences de bonne qualité accrédités, dont plusieurs n’ont pas de stocks de semences d’arachide de bonne qualité.

Pour surmonter ces difficultés, madame Mvalo demande conseil à des chercheur(euses), en se tournant vers la station de recherche de Chitedze pour savoir où trouver des semences.

Justus Chintu est le sélectionneur de végétaux de la direction des services de recherche agricole. Il explique que les agriculteurs(trices) d’exploitations familiales n’arrivent pas à s’approvisionner en semences d’arachide de bonne qualité, car la demande dépasse l’offre limitée.

Il déclare : « Les agriculteurs utilisent des semences récupérées ou des grains bien triés en guise de semences. Les prix élevés des semences dissuadent également les paysans et les empêchent ainsi d’acheter des semences de qualité. »

Monsieur Chintu ajoute que la prolifération des semences contrefaites sur le marché est une autre source de frustration pour les cultivateurs(trices). L’autre difficulté est la mauvaise circulation des informations sur les variétés d’arachides et les marchés de semence entre les centres de recherches, les agent(e)s de vulgarisation agricole et les agriculteurs(trices).

Monsieur Chintu soutient que les producteurs(trices) doivent préserver la qualité de leurs semences durant l’entreposage pour s’assurer d’avoir un bon rendement. De mauvaises conditions d’entreposage peuvent causer une baisse de rendements, même lorsque les agriculteurs(trices) trouvent des semences de bonne qualité. Selon ses explications, les semences d’arachide ont besoin d’une bonne aération et doivent toujours être entreposées dans un endroit sec. Elles doivent également être récoltées au bon moment si les producteurs(trices) veulent les conserver pour les réutiliser.

Monsieur Chintu ajoute que les organismes nuisibles, la chaleur et l’humidité nuisent à la qualité des semences. Il explique : « Généralement, les agriculteurs récoltent leurs arachides très tard, après d’autres cultures comme le maïs. Par conséquent, ils laissent les arachides dans le sol longtemps, les exposant ainsi aux organismes nuisibles et aux conditions défavorables comme la chaleur et l’humidité. Pendant le séchage, les agriculteurs font sécher leurs arachides sur des structures telles que les toits, ce qui expose les semences directement à la chaleur qui les abîme. »

Stan Juma est le responsable de la production à Multi Seed Company Limited. Il affirme qu’il est préférable de transporter les semences d’arachide dans leur coque, car la coque absorbe les chocs et empêche la graine de se craqueler et de subir des températures élevées.

Monsieur Juma explique : « Les semences d’arachide se conservent plus longtemps dans la coque que celles dépourvues de leur coque. Par conséquent, les agriculteurs devraient conserver les graines dans leur coque jusqu’à deux semaines avant la plantation. »

Il est important d’utiliser des semences de haute qualité pour la culture des arachides, car cela permet d’obtenir des récoltes exceptionnelles. Madame Mvalo raconte que, maintenant qu’elle achète les semences d’arachide seulement après avoir consulté des chercheurs(euses), elle n’a pas plus de problèmes de semences de mauvaise qualité.

Elle explique : « L’agriculture c’est ma vie, car elle me rapporte un revenu. Depuis que j’utilise des semences de qualité, j’ai pu construire une maison de trois chambres et j’arrive à payer les frais de scolarité de mes enfants. »

Cette nouvelle a été produite grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme des Centres d’innovations vertes.

Un agriculteur tient des arachides dans ses mains au Ghana, en 2016. Crédit : Tara Sprickerhoff