Yoro Sangaré | juillet 17, 2026
Nouvelle en bref
À Pauly-Brousse, en Côte d’Ivoire, la plantation de madame Doumbia Affoussiata est plus qu’un simple champ de cacao. Depuis 2001, elle construit une exploitation qui combine production, protection de l’environnement et autonomie financière. Aujourd’hui, elle contribue aux dépenses de la famille et à la scolarisation de ses enfants en vendant du cacao et des arbres plantés à travers ses trois hectares de cacaoyers, y compris le petit kola et l’akpi. Après avoir découvert cette approche il y a plusieurs années lors de campagnes de sensibilisation et d’une émission de radio, madame Doumbia propage désormais l’information et aide d’autres agriculteurs et agricultrices à adopter l’agroforesterie.
À Pauly-Brousse, dans le département de Sassandra, la plantation de madame Doumbia Affoussiata est plus qu’un champ de cacao. C’est un modèle. Depuis 2001, elle développe une exploitation qui conjugue production, protection de l’environnement et autonomie financière. Aujourd’hui, elle contribue aux dépenses de la famille et à l’éducation de ses enfants en vendant des cacaoyers et des arbres plantés sur ses trois hectares de cacaoyers, y compris le petit kola et l’akpi. Après avoir découvert cette approche il y a quelques années dans le cadre de campagnes de sensibilisation et d’une émission de radio, madame Doumbia répand désormais l’information et aide d’autres agriculteurs et agricultrices à adopter l’agroforesterie.
Sur ces 3,5 hectares, trois sont consacrés à l’exploitation du cacao. Le demi-hectare restant est réservé au reboisement. Ce choix, assumé dès le départ, traduit une vision agricole à long terme : produire sans épuiser les ressources.
Madame Doumbia n’a pas découvert l’agroforesterie par hasard. Des agents et des agentes de l’Agence nationale pour le développement rural, ou ANADER, lui en ont présenté les principes lors d’une sensibilisation dans le village. Elle a été formée et a reçu des plantes. Mais c’est la radio qui a consolidé son engagement. Les émissions agricoles de la radio Assah’ di ont détaillé les techniques, expliqué les distances à respecter entre les arbres, clarifié le rôle de l’ombrage et l’impact sur l’humidité des sols. « La radio m’a rassurée, » déclare-t-elle.
Dans un environnement rural où les pratiques agricoles se transmettent souvent de génération en génération, cet appui technique diffusé à l’antenne a été décisif. Les interventions répétées des techniciens ont permis d’ancrer les connaissances et d’encourager le passage à l’action.
Concrètement, l’agroforesterie mise en œuvre par madame Doumbia consiste à intégrer des arbres utiles dans sa plantation de cacao et à associer des cultures dans sa parcelle vivrière. Les résultats sont visibles. Dans les zones ombragées, le sol conserve davantage d’humidité. Les cacaoyers sont en meilleure santé que dans les parties dépourvues de couverture arborée. L’intégration d’arbres réduit les effets de la sécheresse et renforce la résilience de la plantation.
À cette dimension écologique s’ajoute un impact économique tangible. Les arbres produisent des revenus complémentaires. Le petit cola coûte entre 3 000 et 4 000 francs CFA le kilogramme (5,20 $ – 7,00 $ US), et représente une source financière appréciable à la récolte. L’arbre du djansang (Ricinodendron heudelotii) constitue également un produit recherché. L’agroforesterie a ainsi permis à madame Doumbia de diversifier ses revenus et de devenir plus résiliente.
Cette stratégie a renforcé son autonomie financière. Madame Doumbia contribue à la scolarisation des enfants et participe activement aux dépenses du ménage. Son mari l’a soutenue dans sa démarche, facilitant l’intégration des nouvelles pratiques au sein de l’exploitation familiale.
Fait notable : l’adoption de l’agroforesterie ne s’est accompagnée d’aucune difficulté majeure. Grâce à la formation de l’ANADER et aux explications reçues à la radio, la transition s’est faite naturellement. Le seul défi ponctuel concerne parfois la disponibilité des semences. Sur le plan technique, la pratique est maîtrisée.
Progressivement, madame Doumbia est devenue une référence locale. Présidente d’une association qui compte plus de 100 femmes, elle a initié en 2023 la création d’un groupe d’écoute communautaire. Environ 28 femmes y participent régulièrement. Ensemble, elles écoutent les émissions agricoles, échangent et expérimentent les techniques apprises.
Au départ, convaincre les gens d’adopter l’agroforesterie n’a pas été simple. Elle a dû expliquer, démontrer et argumenter. Elle a partagé les enseignements de l’ANADER et les informations entendues à la radio. Elle a montré que les arbres protègent les cultures, maintiennent l’humidité et génèrent des revenus. L’exemple concret de sa propre parcelle a fini par convaincre.
Aujourd’hui, plusieurs femmes du groupe pratiquent l’agroforesterie dans leurs exploitations. Des hommes du village et d’autres localités s’y intéressent également. L’information diffusée par la radio s’est transformée en pratique communautaire.
Madame Doumbia participe désormais elle-même aux émissions en tant qu’invitée. Son parcours illustre un cycle vertueux : bénéficiaire d’une sensibilisation, elle devient un relais d’information. Auditrice, elle devient intervenante. Productrice, elle devient modèle.
