Côte d’Ivoire : Discuter de santé sexuelle avec les jeunes adultes pour leur bien-être

| novembre 11, 2024

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Nouvelle en bref

Un dimanche après-midi, une dame dans la soixantaine, Affoussiata Ouattara, profite de l’ombre de sa véranda à Dorkaha, un quartier de Korhogo, au nord de la Côte d’Ivoire. Elle a une conversation animée avec sa fille cadette de 29 ans, Nahana. Madame Ouattara souligne l’importance de leur proximité, en déclarant : « Je suis très proche de mes filles, et cela me permet de discuter de sujets importants tels que la santé sexuelle et reproductive pour leur bien-être. » Dans une communauté où parler de sexualité est souvent tabou, elle ne ménage aucun effort pour fournir à ses filles des informations précises, en vue de les aider à faire des choix éclairés.

En un après-midi de dimanche, Affoussiata Ouattara, une sexagénaire, est assise à l’ombre de la véranda de sa maison à Dorkaha, un quartier de la ville de Korhogo, au nord de la Côte d’Ivoire. Elle a une discussion animée avec Nahana, sa benjamine de 29 ans. Madame Ouattara souligne l’importance de la complicité qu’elles ont entre elles, et déclare : « J’ai cultivé une relation de complicité avec mes filles, ce qui me permet d’aborder certains sujets comme la santé sexuelle et reproductive avec elles pour leur épanouissement. » Dans une communauté où il est souvent tabou de parler de sexualité, elle se consacre à fournir à ses filles des informations précises pour les aider à faire des choix éclairés.

Madame Ouattara est mère de cinq enfants, dont trois filles. Elle vit au sein d’une communauté musulmane où la sexualité est un sujet tabou. Malgré cela, madame Ouattara veut donner à ses filles les bonnes informations sur la gestion des menstruations et les méthodes de contraception pour les préserver des infections et des grossesses non désirées.

Elle déclare : « Quand ma dernière fille a eu ses premières règles par exemple, elle était inquiète. Mais grâce aux discussions que j’ai avec mes filles, je l’ai rassurée en lui expliquant que les menstrues sont normales pour une femme. »

Madame Ouattara explique que les moments de cuisine sont les périodes privilégiées pour discuter avec ses filles de sujets sensibles. Elle déclare : « C’est quand nous sommes entre filles dans la cuisine qu’elles me parlent de certains sujets. J’en profite pour leur donner des conseils. »Madame Ouattara profite de la confiance établie entre elle et ses filles pour les sensibiliser aux risques liés aux relations sexuelles non protégées comme les infections sexuellement transmissibles ou les grossesses non désirées qui peuvent nuire à leur avenir.

Ses filles profitent également de cette confiance pour lui parler de leur vie intime. Nahana, la benjamine, raconte que grâce aux discussions qu’elle a avec sa mère, elle a eu de bonnes informations comme l’hygiène corporelle pendant les menstruations. Elle déclare :« Notre mère est notre confidente. Quand nous avons des questions sensibles, elle nous écoute et nous donne des conseils. »

Nahana explique avoir eu peur au début de parler de menstruations avec sa maman. Elle déclare : « Quand j’ai vu le sang coulé entre mes cuisses pour la première fois, j’ai eu peur et je ne savais pas comment ma mère allait réagir si je lui en parlais. »

Madame Ouattara pense que beaucoup de parents n’abordent pas la question de la santé sexuelle avec leurs adolescents et leurs adolescentes à cause des mythes et des traditions. Elle déclare : « C’est sacré et c’est un secret, donc on ne peut pas en parler avec les enfants. »

Laure Koné, une mère et conseillère pédagogique à Bouaké, parle aussi de santé sexuelle avec sa fille Arielle. Elle déclare : « Il faut donner les bonnes informations aux adolescents pour éviter l’autoformation sur les réseaux sociaux. » Elle pense qu’il faut favoriser le dialogue sur la santé sexuelle et reproductive avec les adolescents et les adolescentes pour les protéger des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles.

Le Dr Ardjouma Yéo est gynécologue-obstétricien au centre de santé urbain de Nimbo, à Bouaké. Il souligne que le dialogue entre parents et adolescents sur la santé sexuelle et reproductive contribue au bien-être des jeunes. Il plaide pour la création d’un cadre ouvert et sûr qui encourage les adolescents à poser des questions et à exprimer leurs préoccupations sans crainte de jugement. En leur fournissant de bonnes informations, les parents peuvent aider à réduire les tabous associés à la santé sexuelle et à promouvoir de saines attitudes chez les enfants.

Le Dr Yéo reconnaît aussi le poids des coutumes qui ne favorisent pas souvent un dialogue ouvert en matière de santé sexuelle et reproductive entre les parents et leurs enfants. Pour pallier cette situation, il recommande de créer un véritable lien affectif, une forte capacité d’écoute et le calme pour mieux expliquer ces sujets sensibles aux adolescentes. Cette approche peut donner les moyens aux jeunes femmes de maîtriser leur santé sexuelle avec confiance et compréhension.

En encourageant une communication ouverte, madame Ouattara a créé les conditions favorables qui permettent à ses filles de connaître leur corps, préserver leur santé et faire des choix éclairés pour leur avenir. Son approche révèle comment la confiance et la compréhension entre les parents et les enfants permettent de briser les tabous, d’outiller les jeunes femmes pour s’orienter par rapport à leur santé sexuelle et reproductive avec confiance.

La présente nouvelle a été produite grâce à des fonds du projet PASSERELLE qui est réalisé en partenariat avec l’EUMC grâce au soutien financier d’Affaires mondiales Canada.

Photo : Affoussiata Ouattara et sa fille, Nahana, en discussion au Burkina Faso, 2024.