Jean Melaine Bitty | août 14, 2026
Nouvelle en bref
Des cultivateurs et des cultivatrices de cacao de la région d’Agnéby-Tiassa, en Côte d’Ivoire, adoptent l’irrigation goutte à goutte face aux longues périodes de sécheresse et à l’imprévisibilité des pluies. Une coopérative a installé près de 14 kilomètres de tuyaux d’irrigation à travers 220 hectares de plantations de cacao, et prend l’eau de la rivière Bandama. Les agriculteurs et les agricultrices paient seulement les frais de maintenance et reçoivent un soutien technique pour gérer le système. Des spécialistes agricoles soutiennent qu’une irrigation ciblée permet de préserver l’humidité du sol, de protéger les cacaoyers du stress climatique et de renforcer la résilience des agriculteurs et des agricultrices d’exploitations familiales.
Dans la région de l’Agnéby-Tiassa, en Côte d’Ivoire, les cultivateurs et les cultivatrices de cacao rencontrent beaucoup plus de difficultés, car les régimes pluviométriques sont devenus moins prévisibles. Les périodes de sécheresse prolongées et la hausse des températures nuisent aux cacaoyers, entraînant le jaunissement des feuilles, la chute des feuilles, ainsi que des risques pour les récoltes des agriculteurs et des agricultrices.
Pour aider les producteurs et les productrices à affronter ces problèmes, les membres de la coopérative Société Nouvelle SIAT Cacao, ou SN-SIAT, à Tiassalé utilisent un système d’irrigation goutte à goutte pour fournir de l’eau directement aux cacaoyers en périodes sèches.
Ce système d’irrigation couvre les plantations de cacao de 220 hectares de la coopérative qui comportent plus de 230 000 cacaoyers. Près de 14 kilomètres de tuyaux ont été installés à un coût d’environ cinq millions de francs CFA (8 780 $ US). L’eau servant à l’irrigation provient directement de la rivière Bandama qui coule le long des plantations.
L’initiative a été introduite sous le leadership de Paul Cédric Tossavi, président du conseil d’administration de la coopérative. Il soutient que les agriculteurs et les agricultrices ont besoin de nouvelles approches pour réduire leur dépendance à la pluviométrie imprévisible.
Monsieur Tossavi déclare : « Attendre la pluie aujourd’hui en Côte d’Ivoire, c’est jouer l’avenir de nos enfants à la roulette russe. Avec le dérèglement climatique, nous devions rompre avec la fatalité. Le goutte-à-goutte n’est plus un luxe, c’est notre bouclier. »
Grâce à la coopérative, les producteurs et les productrices ont accès au système d’irrigation moyennant seulement des frais de maintenance mensuels d’environ 10 000 francs CFA (17,50 $ US). De plus, la coopérative apporte un soutien technique pour les aider à gérer le système et à préserver son utilisation à long terme.
Pour le planteur de cacao Marc Kouassi, le système a changé sa façon de gérer sa plantation. Avant d’adopter l’irrigation goutte à goutte, il peinait à protéger ses cacaoyers durant les périodes de chaleur intense et de temps sec.
Monsieur Kouassi déclare : « Avant, je ne comprenais pas comment sauver mes plants de la forte chaleur, et je me sentais spectateur de ma propre ruine. Grâce au système goutte à goutte, j’ai appris à maîtriser le stress hydrique et à protéger mes revenus. »
Après avoir constaté les avantages, monsieur Kouassi se mit à partager son expérience avec des collègues de la région, et il les encourageait à explorer des solutions pouvant contribuer à protéger leurs exploitations des problèmes liés au climat.
Selon des spécialistes agricoles, l’irrigation ciblée peut favoriser la rétention de l’humidité dans le sol tout autour des racines des cacaoyers tout en réduisant les risques associés à l’arrosage excessif. Jean-Jacques Djéjdé est agronome au Centre national de recherche agronomique de la Côte d’Ivoire. Il déclare : « Ces types de solutions peuvent aider les planteurs à s’adapter aux conditions climatiques qui changent. »
Yves Koné, le représentant local de l’Agence nationale d’appui au développement rural, raconte que les organisations paysannes jouent un rôle important en aidant les petits planteurs à accéder aux innovations agricoles.