Côte d’Ivoire : Des ONG aident les communautés à lutter contre la déforestation

| octobre 16, 2023

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Nouvelle en bref

Sur son terrain de six hectares reboisés longeant le tronçon Affery Adzopé, Gaoussou Coné vérifie si ses semis d’arbre ont pris racine. Il est le secrétaire général d’une organisation de propriétaires forestiers et de plantations qui aide les communautés à lutter contre la déforestation. L’organisation demande le soutien des responsables villageois pour une sensibilisation concernant l’enregistrement des forêts et l’importance du reboisement. Elle fournit également des semis d’arbre pour restaurer les terres dégradées, s’occupe des terres et des arbres pendant trois ans avant de les rendre aux propriétaires

C’est un matin du mois de juillet à Affery dans le district d’Adzopé, à 100 kilomètres d’Abidjan, au sud de la Côte d’Ivoire. Le soleil pointe à l’horizon et les nuages se dissipent peu à peu en laissant apparaître un ciel bleu clair.

Gaoussou Coné est sur une parcelle de six hectares reboisés sur l’axe routier Affery Adzopé, où il vérifie si certains semis d’arbre ont bien pris racine. Monsieur Coné déclare : « Nous avons encadré le propriétaire pour le reboisement de son terrain. La forêt était complètement détruite, mais dans quelques années, il y’aura un bon couvert végétal ici. »

Monsieur Coné est le secrétaire général de l’Association des propriétaires de forêts naturelles et plantations d’Affery, une association de propriétaires de forêts et de plantations de la région. Ce groupe aide les communautés à lutter contre la déforestation à travers des sensibilisations, des dons d’arbres et des conseils. Il raconte aux communautés que le reboisement permet de préserver la biodiversité et les écosystèmes. Cela évite la dégradation des sols et protège les ressources halieutiques et fauniques nécessaires à la vie des riverains et des riveraines.

Pour sensibiliser les communautés, l’association demande le soutien des chefs de village. Il met à la disposition des communautés des informations concernant l’enregistrement des forêts et le code forestier ivoirien. L’enregistrement permet aux gens d’enregistrer un terrain en leur nom, ce qui sert de titre de propriété pour les agriculteurs et les agricultrices. Monsieur Coné déclare : « Nous vérifions si la législation est respectée par les gestionnaires des forêts. Lors des sensibilisations, nous expliquons, par exemple, quelle est la conduite à tenir pour une meilleure exploitation des forêts. »

L’association appuie aussi les communautés riveraines pour le reboisement et la protection des forêts. Elle leur fournit gratuitement des plantes pendant la saison pluvieuse pour la restauration des terres défraîchies. L’association signe un contrat avec propriétaires qui mettent à leur disposition la terre. Après le reboisement, elle s’occupe des plantes pendant trois années et remet ensuite le terrain au propriétaire.

L’Association des propriétaires de forêts naturelles et plantations d’Affery valorise également les produits résiduaires organiques comme combustible de cuisson propre. Elle organise par exemple des formations sur les techniques de fabrication du charbon avec la cabosse de cacao. Selon monsieur Coné, ces techniques évitent la destruction de la forêt pour les besoins en énergie des populations.

Le Groupement Ivoirien de Reboisement et d`Entretien des Forêts est une autre organisation active dans la lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts ivoiriennes. L’ONG est installée dans le village de Bieby, à Yakassé-Attobrou, à environ 130 kilomètres d’Abidjan. Elle fait la promotion de techniques agricoles et de reboisement, restaure les forêts, et encourage les jeunes à s’engager pour la préservation des forêts. Amon Adja Jean Renaud est le président fondateur.

Monsieur Renaud se souvient des difficultés que son ONG a rencontrées à ses débuts : « Au départ, la population n’a pas adhéré à cette initiative. Il a fallu des séances de sensibilisation et de formation avec des prospectus sur lesquels on a des photos d’avant et après la destruction d’une forêt. Ce sont des photos qui montrent les conséquences de la déforestation pour que les populations comprennent l’importance de planter des arbres. »

Au cours des 60 dernières années, la Côte d’Ivoire a perdu 90 % de son couvert forestier selon le gouvernement qui a identifié la préservation des forêts comme une priorité nationale. Une nouvelle politique forestière a été adoptée en mai 2018, en vue d’accroître la superficie de la forêt à trois millions d’hectares tout en maintenant les forêts existantes. Le pays entend porter son couvert forestier à 6,5 millions d’hectares d’ici à 2030. Et pour y arriver, l’État a décidé de reboiser 100 000 hectares chaque année au coût de 600 milliards de FCFA (environ 965 002 573 $ US).

Le Conseil du Café-Cacao est l’organe chargé de gérer la production du café et du cacao en Côte d’Ivoire. Pour soutenir le projet de reforestation gouvernemental, il mettra en terre 60 millions de plants d’essences forestières en milieu rural d’ici à 2024. De même, le Projet d’investissement forestier 2 va permettre d’aménager 320 000 hectares de plantations agroforestières. Enfin, le gouvernement a lancé des projets de reboisement comme l’initiative « Une école, 5 hectares de forêt » dans les zones rurales.

En 2022, l’Association des propriétaires des forêts naturelles et plantations d’Affery avait déjà reboisé plus de 50 hectares de plants endogènes, essentiellement le Mansonia altissima appelé localement bois bété. Monsieur Coné estime que cette action va permettre aux habitants d’Affery de pratiquer l’agriculture tout en préservant les forêts.

Il conclut : « Nous pourrions avoir une Côte d’Ivoire belle, agréable à vivre où on respire le bon air, mais, pour cela chacun doit s’engager à planter des arbres. »