Jean Melaine Bitty | décembre 6, 2024
Nouvelle en bref
À Yopougon, un quartier très animé d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, une ONG locale sensibilise les jeunes de la localité à la santé sexuelle et reproductive. Nahomie Kouado, 19 ans, se rend au centre de ressources de l’organisation pour s’informer sur les infections sexuellement transmissibles, ou IST, et la façon dont elle peut s’en protéger. Elle déclare : « J’ai entendu à la radio que 20 % des cas d’IST en Côte d’Ivoire touchaient les jeunes de mon âge. » Le centre propose des ressources essentielles, y compris des séances de sensibilisation et de la documentation pratique, visant à donner les moyens aux jeunes de prendre des décisions éclairées pour leur santé.
Nahomie Kouadio est une étudiante de 19 ans. Elle habite à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire. Ce matin, elle n’a pas cours à l’université. Mademoiselle Kouadio en profite pour s’informer sur les infections sexuellement transmissibles à la bibliothèque du Centre du Mouvement Action des Jeunes de l’Association Ivoirienne de Bien-Être Familial, une organisation de jeunes qui œuvre pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive par l’éducation et la sensibilisation.
Mademoiselle Kouadio explique avoir entendu à la radio que 20 % des cas d’infections sexuellement transmissibles touchent les jeunes de son âge dans son pays. Elle déclare : « Quand j’ai entendu les chiffres, j’ai eu peur. Cela m’a amené à venir chercher des informations sur les IST. » Elle espère trouver des réponses à ses nombreuses interrogations sur les modes de transmission et moyens de se protéger.
Il est parfois difficile d’obtenir des renseignements sur ces sujets qui sont souvent tabous et dont les parents ne discutent pas avec les enfants. Mademoiselle Kouadio se rappelle une fois où sa mère l’a confrontée après avoir découvert des préservatifs dans son sac d’école. Elle déclare : « Ces préservatifs m’avaient été donnés lors d’une séance de sensibilisation à l’école, ce qui a irrité ma mère. » Cependant, elle a pris le temps d’expliquer à sa mère que ces préservatifs faisaient partie d’une initiative éducative, une explication qui a rassuré cette dernière.
Amélie Kouadou, est une bénévole du centre des jeunes de Yopougon. Elle accompagne les jeunes dans leur quête d’informations. Mademoiselle Kouadou déclare : « La majorité des jeunes qui fréquentent le centre viennent chercher des informations sur la santé sexuelle et reproductive. Nous sommes toujours là pour les accompagner. »
Sa mission consiste à sensibiliser les adolescents et les adolescentes sur les risques de grossesse précoces, la protection contre les IST, et plus. Elle déclare : « Le sexe est un sujet tabou dans nos sociétés, ce qui complique l’accès à l’information pour les jeunes. Pourtant, les adolescents, en pleine découverte, ont besoin de bonnes informations. En l’absence de dialogue avec les parents sur la santé sexuelle et reproductive, le centre les reçoit et les oriente. »
Mademoiselle Kouadou souligne que le centre est un lieu privilégié de communication et de sensibilisation. Il dispose de fiches et de livres pratiques contenant des messages clairs sous forme de bandes dessinées pour expliquer les bonnes pratiques en santé sexuelle et reproductive. C’est un espace où les jeunes peuvent s’exprimer librement et apprendre à prendre soin de leur corps grâce aux documents mis à leur disposition. Le centre organise également des séances vidéo de films de sensibilisation sur les IST, la contraception et la gestion hygiénique des menstruations.
Dans sa quête d’informations, mademoiselle Kouadio a compris l’importance de ces ressources et s’est engagée à participer aux activités pour approfondir ses connaissances. Les activités du centre, dirigées par mademoiselle Amélie Kouadou, incluent la formation, le conseil, le partage d’information et l’éducation.
La présente nouvelle a été produite avec des fonds du projet PASSERELLE, mis en œuvre en partenariat avec l’EUMC, grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.
Photo : Des jeunes au centre consultant des ressources, prise par Jean Melaine Bitty en Côte d’Ivoire, 2024.