Issiaka NGuessan | avril 15, 2024
Nouvelle en bref
À Bouaké, en Côte d’Ivoire, l’éducatrice spécialisée Brongué Coulibaly travaille avec des élèves du Lycée classique et moderne no1 sur la santé sexuelle et reproductive afin de prévenir les grossesses indésirées. Cette initiative entre dans le cadre d’une initiative de plus grande envergure contre le taux élevé de grossesses chez les élèves dans le pays, après l’instauration de la Politique nationale de la santé sexuelle, reproductive et infantile en 2020. Des éducateurs et des éducatrices formés par l’Institut national de formation sociale, prodigue de précieux conseils sur la contraception et la prévention des maladies. Le club de santé de l’établissement, dirigé par l’élève Fatoumata Kamagaté, joue également un rôle clé dans la sensibilisation par les pairs.
Un matin de février, à 10 h, c’est la récréation au Lycée classique et moderne no1 de Bouaké, en Côte d’Ivoire. Brongué Coulibaly, une éducatrice spécialisée en santé sexuelle et reproductive, rencontre un groupe d’élèves dans son bureau. Les élèves sont là pour des conseils sur les bonnes méthodes de prévention des grossesses non désirées. Mademoiselle Coulibaly déclare : « Nous sensibilisons les élèves sur les bonnes pratiques en santé sexuelle et reproductive, car on se rend compte que les élèves ne sont pas informés. »
Des spécialistes en santé sexuelle et reproductive sont affectées dans des établissements scolaires à travers la Côte d’Ivoire. Ils sont formés à l’Institut national de formation sociale pour aider à la promotion de la santé sexuelle et reproductive en milieu scolaire. Mademoiselle Coulibaly explique : « Nous organisons des activités pour sensibiliser les élèves sur les bonnes pratiques en santé sexuelle et reproductive. » Son rôle consiste à enseigner les méthodes de contraception, la gestion des menstrues et la prévention des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles.
Ses conseils ne se limitent pas aux élèves à l’école. Elle déclare : « Je reçois aussi des parents pour leur donner des conseils sur la conduite à avoir vis-à-vis de leurs filles enceintes ou des jeunes garçons auteurs de ces grossesses. » De plus, elle aide les jeunes filles-mères à poursuivre leurs études.
Les éducateurs et les éducatrices spécialisés supervisent également les activités de sensibilisation en santé sexuelle et reproductive du « club santé » du lycée. Mademoiselle Coulibaly explique qu’au Lycée classique et moderne no1, le club santé organise des activités de sensibilisation pour le personnel de l’école et les élèves. Cela inclut la participation de conférenciers et de conférencières experts qui s’adressent à tout l’établissement ou seulement aux membres du club santé.
Fatoumata Kamagaté est élève au Lycée classique et moderne de Bouaké et elle est la présidente du club santé du lycée. Récemment, le club a discuté de l’hygiène et des menstrues, la planification familiale, des grossesses indésirées et des infections sexuellement transmissibles grâce au soutien de l’Association ivoirienne pour le bien-être familial. Elle déclare : « Nous organisons des journées de sensibilisation sur les méthodes contraceptives, car le manque d’éducation sexuelle chez les adolescents limite leurs connaissances. »
Le Dr Albert Kouakou Yao est un enseignant-chercheur en sociologie, à l’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa, dans le centre-ouest du pays. Selon lui, chaque année, la direction de coordination des programmes de santé scolaire et universitaire enregistre près 5 000 cas de grossesses au secondaire.
Face à la recrudescence des grossesses chez les élèves, la Côte d’Ivoire a adopté en 2020 une Politique nationale de la santé sexuelle, reproductive et infantile. Cela a permis la mise en place du service de santé scolaire et universitaire. Au-delà des soins médicaux offerts, ce service fournit des informations sur la santé sexuelle et reproductive aux élèves et aux étudiants.
Le travail des éducateurs et des éducatrices spécialisés en santé sexuelle et reproductive produit des résultats avec l’acceptation du dialogue sur ces sujets dans les écoles. Mademoiselle Coulibaly conclut : « Les jeunes s’expriment de plus en plus, sur leurs préoccupations liées à la santé sexuelle et reproductive, les relations amoureuses, la contraception et les infections sexuellement transmissibles. »
Cette nouvelle a été produite grâce au financement du projet PASSERELLE réalisé en partenariat avec l’EUMC grâce à un financement d’Affaires mondiales Canada.