Côte d’Ivoire : Des coopératives de producteurs de plantains vendent collectivement pour améliorer les conditions de vie de leurs membres

| mars 21, 2022

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Nouvelle en bref

Kouadio N’Guessan Agbassi cultive le plantain à Bongouanou, une ville de la région de Moronou, à 200 kilomètres d’Abidjan, la capitale ivoirienne. Madame Agbassi préside également la coopérative « 3B du vivrier », créée en 2014, et qui représente plus de 150 coopératives membres. L’an dernier, la coopérative a produit plus de 150 tonnes de bananes plantains. Cent quinze tonnes furent vendues localement, et les 35 tonnes restantes transportées à Abidjan. Malgré ce succès, madame Agbassi est la première à admettre que la coopérative a des problèmes de logistique en matière de transport et d’entreposage, qui font que les plantains pourrissent ou sont écrasés en cours de route vers le marché, entraînant ainsi une baisse de leur prix final. En regroupant leurs économies, les membres de la coopérative louent maintenant des camions pour transporter leurs plantains au marché chaque semaine. Cela leur permet de vendre leurs produits agricoles avant qu’ils se gâtent. Avec le reste des revenus, les femmes achètent ensemble plus de matériaux végétaux et d’intrants afin d’accroître leur production, y compris des systèmes d’irrigation qui permettent de maintenir le rendement des plantains lorsque les pluies sont rares.

Aujourd’hui encore, comme chaque jeudi matin, Kouadio N’Guessan Agbassi parcourt sa plantation à la recherche de bananes plantains pour satisfaire sa clientèle.

Madame Agbassi est une cultivatrice de bananes plantains de Bongouanou, une ville de la région de Moronou située à environ 200 kilomètres d’Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire. Les grossistes qui achètent chez madame Agbassi viennent de la capitale éloignée pour se ravitailler en bananes plantains.

Madame Agbassi est aussi la présidente de la coopérative agricole appelée « 3B du vivrier », créée en 2014, et qui représente plus de 150 membres. À ses dires, le nom « 3B » fait référence à une bonne entreprise : « bonne culture, bonne structure et bonne base de compétences » ou bonnes pratiques agricoles, un groupe bien structuré et un bon ensemble de compétences pour ses membres.

L’an passé, la coopérative a produit plus de 150 tonnes de bananes plantains. Cent quinze tonnes ont été vendues localement et les 35 tonnes restantes convoyées à Abidjan.

Malgré ce succès, madame Agbassi est la première à admettre que la coopérative fait face au problème de manque de logistique, y compris pour le transport et la conservation. Par conséquent, la banane pourrit ou est écrasée sur le chemin du marché, ce qui entraîne une baisse du prix final.

Madame Agbassi explique : « Souvent, il y a beaucoup de pertes lors des chargements dans les camions. Le manque d’emballages adéquats fait que nous perdons des bananes en chemin. »

Elle affirme également qu’en raison du manque d’installations d’entreposage, elle doit vendre ses bananes plantains après les avoir récoltées pour réaliser un profit.

Elle poursuit : « Si, par exemple, j’ai un hectare de plantains, je ne peux vendre que deux tonnes et demie sur la totalité des trois à cinq tonnes produites. Une grande partie se gâtera au champ avant même la récolte. »

Vu ces difficultés, la coopérative « 3B du vivrier » donne la chance aux planteuses de bananes plantains de réunir leurs forces, de réaliser de meilleurs profits et de surmonter ces problèmes ensemble.

En regroupant leurs économies, les membres de la coopérative louent maintenant des camions pour transporter leurs plantains au marché chaque semaine, ce qui leur permet de vendre leurs produits agricoles avant qu’ils se gâtent.

Avec les autres revenus, les femmes achètent ensemble plus de matériaux de plantation et d’intrants pour accroître la production, y compris des systèmes d’irrigation qui contribuent à maintenir le rendement des plantains lorsqu’il pleut beaucoup moins.

Le reste d’argent est destiné aux femmes pour leurs dépenses familiales.

Arlette Koffi Gbamé est ingénieure agronome et chef de service des cultures vivrières au ministère de l’Agriculture ivoirien. Pour elle, le problème de financement évoqué par les membres de « 3B du vivrier » est courant, mais ils sont vécus de façon disproportionnée par les femmes.

Madame Gbamé explique : « Le secteur de la banane plantain est dominé à hauteur de 70 % au moins par les femmes. »

Elle soutient que c’est la raison pour laquelle l’État ivoirien demande désormais aux producteurs, notamment les femmes, de se regrouper en coopératives afin de pouvoir avoir plus facilement accès aux prêts et aux formations.

Pour madame Agbassi, les productrices doivent être engagées et travailler ensemble pour réussir.

Elle ajoute : « L’agriculture est une profession. Elles doivent d’abord l’aimer malgré les difficultés qu’elle comporte… [Cela] pourrait leur servir à mieux organiser leur coopérative et à être rentables dans l’avenir. »

Cette nouvelle a été produite grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme des Centres d’innovations vertes.

Photo : Marché de bananes et de plantains à Ikire, dans l’État d’Osun au Nigeria. Crédit : Adebayo pour IITA.