Congo-Brazzaville : Un maraîcher relance sa production grâce à la micro-finance ( par Privat Tiburce-Massanga pour Agro Radio Hebdo au Congo-Brazzaville)

| septembre 3, 2012

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Joachim Mouyala Mbemba  est maraicher dans le district de Boko dans le département du Pool au Congo-Brazzaville. Il produit des ciboules, des tomates et des piments. Jusqu’à tout récemment, ses récoltes étaient faibles. Il est confronté depuis plusieurs années à une baisse de sa productivité à cause de l’irrégularité des pluies. Grâce à un prêt, M. Mbemba a acheté une motopompe. Aujourd’hui, les mauvaises récoltes ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Habituellement, les petits exploitants agricoles ne disposent pas de garanties suffisantes pour accéder aux crédits bancaires. Des institutions de micro-finance tentent de combler ce vide en octroyant aux agriculteurs de petits prêts.

Pour M. Mbemba, ce prêt lui m’a permis de faire face à l’instabilité des pluies. Les points d’eau sont à plusieurs centaines de mètres de son exploitation agricole et il n’est pas facile d’arroser manuellement tout un champ. C’est ainsi qu’il a eu l’idée d’un arrosage artificiel.

Avec l’argent gagné lors d’une vente de ses produits à Brazzaville, il a pu acheter des tuyaux d’occasion. Mais il lui manquait une motopompe.

Un jour, lorsqu’il est allé faire un versement à la Caisse de la MUCODEC (Mutuelle Congolaise d’Epargne et de Crédit), on lui a parlé d’un prêt avec des conditions de remboursement intéressantes pour les agriculteurs. Il explique : « J’ai pu obtenir un crédit qui m’a permis d’acheter une motopompe à 250.000 Francs CFA (environ 480 dollars américains). Je rembourse chaque mois environ 7.000 francs Cfa (environ 13 dollars américains). » Il a aussi 4 ans pour rembourser le prêt.

Après avoir reçu son prêt, il a vite mis en place son système d’irrigation artificielle. M. Mbemba dit que le prêt lui a pris de faire ce que ses propres économies ne pouvaient lui permettre d’accomplir, soit de donner corps à son idée d’adaptation aux caprices de la saison pluvieuse. Il rajoute: « J’ai repris goût à la pratique maraichère grâce à un crédit qui m’a permis de faire face à l’instabilité des pluies. »

Depuis que M. Mbemba  a acquis sa motopompe, ses récoltes sont davantage meilleures et ses gains aussi ont augmenté.

Chaque semaine, après la vente de ses produits, Joachim Mouyala Mbemba se rend à la caisse où il effectue des versements dans son compte. Par rapport aux ventes de ses produits, il rembourse plus que le montant prévu par mois pour vite finir avec son crédit. L’agriculteur peut aussi solliciter une période de différé de payement par rapport à sa filière agricole.

Dan Ngombe est un agent commercial à la MUCODEC. Il explique que l’intérêt de ce prêt pour les petits producteurs agricoles, c’est sur la souplesse du remboursement. Il rajoute: « Le crédit à l’agriculture est l’un des moins contraignants dans notre établissement. Les agriculteurs bénéficient de petits prêts sans courir le risque d’hypothéquer leur terre ou un quelconque bien. » La seule contrainte c’est que l’agriculteur doit avoir à son compte plus ou l’équivalent de la somme sollicitée.

Avec le développement de la micro-finance ces dernières années, offerte par des banques et des organisations à but non-lucratif, les petits producteurs accèdent de plus en plus à des prêts. Ce meilleur accès aux prêts change progressivement la vie des agriculteurs, aux plans économique et social.

M. Mbemba est heureux qu’il achève de repayer son prêt. Il xprime sa satisfaction en ces mots : « Il me reste quatre mois pour rembourser complètement ce crédit et après j’en prendrai un autre pour créer un point de vente des semences améliorées ici à Boko.»