John Ndinga-Ngoma | juillet 10, 2023
Nouvelle en bref
C’est la mi-journée dans le quartier de Loussala, à l’est de Point-Noire, au Congo-Brazzaville. Jean Jacques Mouanga et sa famille viennent de finir leur plat du midi composé de riz et de sauce de saka-saka, faite avec des feuilles de manioc pilées. Monsieur Mouanga cultive du riz pour la consommation famille, car le prix du riz importé a augmenté. Il déclare : « Je suis à la retraite et je n’ai pas les moyens de faire face à la flambée du prix du riz. Alors, j’ai décidé d’en produire pour ma propre consommation. »
Il est midi au quartier Loussala, à l’est de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville, et la famille de Jean Jacques Mouanga vient de finir de déjeuner. Ismaël Mouanga est le cadet de la famille. Il déclare : “J’ai bien mangé du bon riz.” Aujourd’hui, Odile Mouanga, l’épouse de monsieur Mouanga a préparé un plat de riz local accompagné de la sauce de saka-saka, à base de feuilles de manioc pilées. Son mari a cultivé le riz local.
Monsieur Mouanga cultive du riz pour sa famille parce que le riz importé est devenu cher. Il déclare : “Je suis à la retraite et je n’ai pas les moyens pour faire face à la flambée des prix du riz. J’ai alors décidé de produire pour ma propre consommation.” Sur le marché local, le sac de 25 kilogrammes de riz importé est passé de 10 000 FCFA (16,60 $ US) de 13 000 FCFA (21,60 $ US) depuis la crise ukrainienne.
Cela fait un an que monsieur Mouanga cultive du riz dans sa rizière de 500 mètres carrés, au bord d’un marigot du village Nkomi, à environ 30 kilomètres à l’est de Pointe-Noire. Durant sa première saison, il a récolté 400 kilogrammes de riz paddy.
Il déclare avoir appris les meilleures pratiques rizicoles de ses parents. Il explique : “Je suis né à Kindamba à près de 200 kilomètres à l’ouest de Brazzaville. C’était une localité productrice du riz au Congo. Mes parents étaient des riziculteurs. Je connais toute la technique de production.” Monsieur Mouanga n’emploie pas de main d’ouvriers et n’utilise pas d’engrais chimique. Il explique : “Je fais tout moi-même. Je n’achète pas d’engrais. J’utilise uniquement des engrais verts comme l’humus pour mon champ. Je ne dépense pas pour ma production de riz.” Il affirme que la variété de semence qu’il utilise produit en quatre mois. Sa dernière récolte était en février.
Boris Mouléné est nutritionniste au service pédiatrique de l’hôpital général public Adolphe Sicé de Pointe-Noire. Il déclare que le riz est un aliment riche en fibres, une source de vitamines du groupe B et riche en antioxydants.
Monsieur Mouanga soutient que le riz local est biologique et coûte moins cher que le riz importé. Selon les statistiques officielles, le Congo dépense plus de 10 milliards de francs (près de 16,8 millions de dollars américains) par an pour l’importation du riz. Pourtant, le pays dispose de terres propices à la production du riz. À Pointe-Noire et dans ses environs, monsieur Mouanga est l’un des rares riziculteurs. Il sollicite ainsi l’appui de l’État afin de moderniser sa production. En attendant cet appui, monsieur Mouanga se dit satisfait d’avoir trouvé un début de solution à l’augmentation du prix du riz importé en produisant pour sa propre consommation.
Il déclare : “Je ne peux qu’être heureux de consommer un produit issu de mes efforts personnels. J’ai aussi réduit mes dépenses et cet argent me permettra désormais de faire face à d’autres besoins.”