Charles Chulu | octobre 17, 2022
L’impact des activités humaines sur le climat à l’échelle planétaire est devenu étonnamment manifeste dernièrement. Dans plusieurs pays, les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales sont aux prises avec des sécheresses, des inondations et d’autres répercussions du changement climatique.
Cependant, plusieurs spécialistes de l’environnement affirment que les systèmes alimentaires qui pâtissent du changement climatique contribuent eux-mêmes considérablement à ce problème.
Lors du récent Forum numérique Afrique 2022 du Forum Mondial sur les paysages, Stepha McMullin du Centre mondial de l’agroforesterie déclarait : « Notre système alimentaire est défaillant, et plus de deux milliards de personnes dans le monde étaient en proie à l’insécurité alimentaire en 2021. »
Madame McMullin souligne que, bien que plusieurs pays soient confrontés à l’insécurité alimentaire, près de 40 pour cent de la population mondiale souffrent de surpoids ou d’obésité. Elle explique : « Cela signifie que le système alimentaire mondial n’est pas propice à de saines habitudes alimentaires et au bien-être. »
Selon elle, le système alimentaire mondial ne produit pas la variété d’aliments nécessaire pour une alimentation saine, puisque 15 cultures seulement constituent environ 90 pour cent de l’apport calorique dans le monde.
Elle ajoute que seuls 40 pays, soit environ 26 pour cent de la population mondiale, disposent de réserves suffisantes de fruits et de légumes pour satisfaire aux recommandations nutritionnelles.
Elle explique : « Cela signifie qu’il y a peut-être assez de nourriture, mais pas suffisamment de nutriments pour combattre la mauvaise alimentation qui est aujourd’hui un facteur majeur de mortalité dans le monde. »
De plus, pendant que le monde est aux prises avec ces carences alimentaires, le système alimentaire qui produit la nourriture du monde cause également des dommages à la planète.
Madame McMullin explique : « Le système alimentaire mondiale produit plus d’un tiers des émissions à gaz à effet de serre [générées par les activités humaines], et les pratiques agricoles entraînent l’érosion des sols, l’épuisement des éléments nutritifs et la disparition de la pollinisation naturelle. »
Toutefois, il y a encore de l’espoir, selon madame McMullin. Elle soutient que nous pouvons résoudre ces problèmes en plantant des arbres et en prenant soin des forêts. Un avantage des forêts est leur capacité à retenir l’eau douce, empêcher l’érosion du sol et atténuer les émissions de gaz à effet de serre.
Elle ajoute que les arbres et les forêts procurent des aliments très nutritifs tels que les fruits, les légumes, les noix, les graines et l’huile, et que la moitié de la population mondiale consomme des fruits de verger. Ils fournissent aussi du combustible pour la cuisine. Elle déclare : « Les arbres et les forêts renforcent les écosystèmes qui aident la production agricole, et ils augmentent également la stabilité et la résilience des écosystèmes en général. »
Madame McMullin affirme qu’il est important de changer de discours concernant les forêts et les arbres qui, selon certains agriculteurs et agricultrices, entrent en conflit avec leurs exploitations agricoles. Au contraire, explique-t-elle, les arbres peuvent inverser la dégradation des sols et augmenter les rendements en protégeant et en restaurant la qualité du sol.
Certains agriculteurs et agricultrices tirent profit des arbres en pratiquant l’agroforesterie, un système qui consiste à planter des arbres ou des arbustes autour ou parmi les cultures ou sur les pâturages pour en faire profiter aux cultures, au sol et aux animaux et les protéger.
Les forêts assurent également la viabilité de la faune sauvage qui contribue à la sécurité alimentaire des communautés vivant près des forêts grâce à la chasse et au trappage. Les déficits vivriers saisonniers peuvent être comblés par l’accès aux fruits, surtout pour 1,6 milliard de personnes qui dépendent des forêts pour leur subsistance. En plus, un grand pourcentage des denrées vivrières produites dans le monde sont pollinisées par des abeilles, des insectes et d’autres animaux dont la survie dépend des forêts.
Selon madame McMullin : « Nous pouvons constater comment les forêts et les arbres contribuent directement et indirectement au maintien de systèmes alimentaires en termes de denrées alimentaires et de services qu’ils offrent. »
La présente nouvelle est inspirée d’une présentation de Stepha McMullin lors du Forum numérique Afrique 2022 du Forum mondial sur les paysages qui s’est déroulé en ligne en septembre. Pour avoir de plus amples renseignements sur le Forum, ou pour regarder certaines présentations enregistrées, cliquez sur : https://conference.globallandscapesforum.org/africa-2022/sessions.