Nelly Bassily | octobre 14, 2013
Des pluies abondantes près du Lac Tchad occasionnent parfois des inondations qui peuvent détruire les champs des agriculteurs. Mais les agriculteurs dans le nord du Cameroun se sont mis ensembles pour bâtir des greniers communautaires afin de protéger leurs récoltes des inondations. Un de ces agriculteurs est Ousmanou Garba.
Tenant un panier vide sous le bras, Ousmanou Garba se dirige vers une grande bâtisse. Il échange quelques paroles avec le responsable des lieux et signe un document. Quelques minutes plus tard, il ressort de la bâtisse avec un panier rempli de mil. Il explique: « Je suis venu dans ce grenier communautaire pour prendre une partie du mil que j’y avais gardé ».
M. Garba est un agriculteur du village de Dougui dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Il produit du mil et des arachides.
La région est sujette à des pluies abondantes qui occasionnent parfois des inondations et emportent les productions. Lorsque les agriculteurs réussissent à récolter, ils n’ont pas les moyens de conserver leur production pendant longtemps.
M. Garba s’est retrouvée dans cette situation décourageante. Il dit : « J’ai failli arrêter l’agriculture car j’avais l’impression de perdre mon temps ». Mais la construction du grenier communautaire lui a redonné de l’espoir. Il dit : « Cette saison, j’ai perdu une partie de ma production mais celle de la saison précédente est encore là. Au moins, je ne vais pas mourir de faim ».
M. Garba et d’autres agricultrices et agriculteurs se sont réunis en Groupement d’initiative commune (GIC). Les GIC sont composés de personnes qui se réunissent volontairement pour travailler ensemble pour leur propre développement et celui de leur communauté. Le grenier communautaire où M. Garba dépose son excédent de mil est entièrement administré par les agricultrices et agriculteurs bénévoles qui font parties du GIC.
Il est habituellement beaucoup trop cher pour qu’une agricultrice ou un agriculteur de Dougui puisse se construire un grenier individuel en ciment à même sa ferme. C’est pour cela que les agricultrices et agriculteurs ont décidé de s’unir pour construire le grenier communautaire, dans un endroit sécur et sec, loin des berges et des cours d’eau afin de le protéger contre les inondations.
Maintenant, les membres du GIC peuvent déposer leurs récoltés excédentaires dans le grenier communautaire. À tout moment, ils sont libres de venir récupérer une partie de leur récolte pour la ramener avec eux à la maison ou pour la vendre au marché.
Les agricultrices et agriculteurs non-membres du GIC peuvent aussi en profiter. C’est le cas de Maimounatou Vandi qui est elle aussi agricultrice à Dougui. Elle dit : « Il y a une semaine, j’ai emprunté du maïs sec auprès du grenier communautaire. Je rembourserai un cinquième de maïs en plus lors de la prochaine récolte. Je pense que c’est une bonne initiative ». Elle souhaite adhérer au GIC dès la prochaine récolte.