Cameroun : Associer les connaissances traditionnelles et culturelles à la science moderne face au changement climatique

| octobre 31, 2022

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Nouvelle en bref

Tout récemment encore, le changement climatique était surtout perçu comme le résultat d’un programme occidental et quelque chose qui n’a rien à avoir avec les pays en développement, notamment ceux d’Afrique. Cependant, les gens réalisent que le changement climatique nuit déjà à plusieurs pays en développement, ils se sentent pris au dépourvu et piégés, et ne savent pas à qui demander de l’aide. Beaucoup, y compris les chefs traditionnels, affirment qu’ils ont un grand rôle à jouer pour changer le sort de leurs communautés, mais qu’ils ont besoin de la science pour les aider à créer des possibilités. Lors du récent Forum mondial sur les paysages, des chefs traditionnels du Cameroun ont expliqué la contribution qu’ils pourraient apporter à la lutte contre le changement climatique, notamment en servant d’intermédiaire entre la population et le gouvernement, et en adoptant des pratiques écologiques au niveau du village.

Tout récemment encore, le changement climatique était surtout perçu comme le résultat d’un programme occidental et quelque chose qui ne concernait pas les pays en développement, notamment ceux d’Afrique.

Cependant, les gens réalisent que le changement climatique touche déjà plusieurs pays en développement, ils sentent pris au dépourvu et piégés, et ne savent pas à qui demander de l’aide.

La majorité des agriculteurs et des agricultrices d’exploitations familiales d’Afrique a besoin de bonnes conditions météorologiques et est désagréablement surprise à mesure que les récoltes diminuent à chaque saison pluvieuse qui passe.

En effet, la survie des agriculteurs et des agricultrices d’exploitations familiales en Afrique est difficile à cause du changement climatique. Alvario Lario est le président du Fonds international de développement agricole, ou FIDA. Monsieur Lario déclare : « Ce sont les petits exploitants agricoles cultivent le tiers des denrées alimentaires dans le monde, mais ils vont parfois se coucher le ventre vide. »

Cette situation pourrait changer si différents pays, secteurs et les scientifiques s’unissent. Beaucoup, y compris les chefs traditionnels, affirment avoir un grand rôle à jouer pour changer le sort de leurs communautés, mais qu’ils ont besoin de la science pour les aider à créer des possibilités.

Au Cameroun, les chefs traditionnels soutiennent pouvoir user de leur statut au sein de la communauté pour lutter contre le changement climatique. Lors de son allocution au récent Forum mondial sur les paysages, Mankfu Findo Marie Louis Kwinbu, la reine mère du royaume de Bondede Nkambe, s’est dit être convaincue que les chefs traditionnels peuvent contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Elle déclare : « Mon rôle en tant que reine consiste à veiller au respect des rites traditionnels. Je suis une mentore pour les jeunes filles et les femmes et je prodigue des conseils aux chefs et à mon peuple. De plus, je constate que pour lutter contre le changement climatique, nous pouvons associer nos croyances traditionnelles et nos coutumes à ce que la science nous enseigne pour faire basculer le changement climatique en notre faveur. »

Toujours durant la même session, la facilitatrice du chapitre Nkambe du Forum mondial sur les paysages, Nfor Blessing, a déclaré que les chefs traditionnels avaient un rôle important à jouer, car ils sont des intermédiaires entre la population et le gouvernement.

Madame Nfor a déclaré : « Ce leadership est inculqué dans notre culture. Nous avons grandi avec ça et… si la réglementation coutumière donne une instruction, les gens se plient à cette instruction à cause du respect qui leur est inculqué pour le leader. »

Elle a ajouté que les chefs traditionnels exercent une grande influence et un contrôle non seulement à Nkambe, au Cameroun, mais partout en Afrique, et que, lorsqu’il y a un problème, les gens se tournent vers leurs chefs pour obtenir des solutions. Elle déclare : « Ils sont responsables de tout, y compris des questions de développement et, par conséquent, pour lutter contre le changement climatique, la responsabilité leur incombe. »

Fon Stanley Chifu est le chef du village de Njap, dans la subdivision centrale de Nkambe, au Cameroun. À ses dires, chaque communauté doit s’assurer qu’il n’y a pas de déboisement ou de combustion de déchets, qui contribuent tous les deux au changement climatique.

Le chef traditionnel a ajouté que l’utilisation des engrais est déconseillée dans son département, tandis que celle du fumier organique est encouragée.

Il a ajouté : « Nous utilisons les injonctions de la tradition pour restreindre les activités dans la réserve forestière. Je possède une pépinière d’arbres et une plantation d’essences pour bois de feu. En tant que communauté, nous travaillons avec différentes parties prenantes, dont des ONG, en vue de restaurer nos forêts et j’encourage d’autres communautés à faire de même. Ces solutions devraient insuffler à nouveau la vie aux communautés.

La présente nouvelle est inspirée de discussions qui ont eu lieu durant la Conférence numérique Afrique 2022 du Forum mondial sur les paysages, organisée en ligne en septembre. Pour obtenir plus de renseignements sur le forum, ou regarder des enregistrements de présentations, cliquez sur : https://conference.globallandscapesforum.org/africa-2022/sessions

Photo : Fon Stanley Chifu, chef du village de Njap dans la subdivision centrale de Nkambe au Cameroun.