Nelly Bassily | septembre 17, 2012
Beaucoup d’agriculteurs trouvent que c’est la culture parfaite. On les plante une fois puis on les laisse pousser pendant cinq ans ou plus. Pas besoin de désherbage ni d’engrais. Quand les cinq ans sont écoulés, on fait un bon profit.
Il s’agit des arbres – les arbres à croissance rapide comme l’eucalyptus. Et les collines du nord du Burundi en regorgent. Les agriculteurs de cette région délaissent les plants de café au profit des arbres parce que les arbres sont plus faciles à entretenir et sont plus rentables.
Claver Gahungu est un agriculteur qui a décidé d’essayer la culture d’arbres. Il réserve une partie de son terrain aux arbres et continue de faire pousser du café sur la partie restante. « Chaque année, ma forêt me rapporte à peu près 200$ (américains), dit M. Gahungu. C’est plus que ce que me rapportent les 600 plants de café qui occupent plus d’un demi-hectare sur ma propriété fertile ».
Le café est le produit le plus exporté par le Burundi. Mais durant les dix dernières années, la production a diminué de moitié. Cela est dû en partie au fait que les plants de café vieillissent. Beaucoup d’entre eux datent des temps coloniaux. Durant la guerre civile des années 1990s, ils n’ont pas été bien entretenus. Les plants de café sont maintenant peu fiables: souvent, ils ne produisent que tous les deux ou trois ans.
De nombreux agriculteurs trouvaient que le temps requis pour désherber et pailler les plants de café, en plus des frais d’achat des engrais chimiques n’en valaient simplement pas la peine. Nyandwi Christian, de la municipalité de Mwumba, a décidé qu’il ne pouvait plus gagner sa vie en cultivant du café. « Chaque année, se plaint-il, je dépensais plus de 100$ (américains) pour prendre soin des 200 plants de café qui sont sur mon terrain, même quand ils ne produisaient rien. C’est devenu insupportable »!
Les agriculteurs locaux trouvent que la culture d’arbres constitue une source de revenus plus fiable. Après cinq ans de croissance, un eucalyptus peut se vendre pour 5$ (américains). Après dix ans, il vaut 40$ (américains) -bien que la plupart des agriculteurs les vendent plus tôt. Chaque année, les agriculteurs coupent seulement les arbres les plus gros, gardant le reste pour les années à venir.
Les cultivateurs d’arbres disposent d’un marché très accessible auprès des fabricants de briques locaux. Le bois est en forte demande à cause de l’intensification de la construction de bâtiments.
Les arbres ont aussi d’autres avantages. Ils peuvent s’épanouir sur des terres moins fertiles. Et les agriculteurs peuvent faire pousser des plantes fourragères, dans l’espace libre entre les arbres.
Mais les arbres ne sont pas sans avoir de mauvais côté. Bien qu’ils soient prisés pour le fait qu’ils poussent vite et qu’ils produisent du bon bois de chauffage, les arbres d’eucalyptus requièrent aussi beaucoup d’eau. Pour le moment, cependant, les agriculteurs du nord du Burundi voient un bel avenir dans la culture d’arbres.
Servillien est un résident de la municipalité de Gashikanwa. Il regarde une plaine qui appartient au gouvernement et qui est pratiquement inutilisée. Il dit: « Si on pouvait m’offrir une partie de la plaine de Vyerwa, je planterais des arbres et je ne connaîtrai plus la pauvreté pour le restant de mes jours ».