Burkina Faso : Un couple marié brave les préjugés pour l’épanouissement de sa famille

| septembre 19, 2022

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Nouvelle en bref

C’est un après-midi frais d’août et le soleil brille timidement à Pissila, au Burkina Faso, alors que Paul et Esther Sawadogo quittent leur champ. Aujourd’hui dans la cinquantaine, monsieur Sawadogo a décidé de rompre avec les vieilles traditions du village qui veut que les femmes fassent toutes les tâches ménagères. Il dit agir ainsi pour le bien-être de sa famille. Grâce au soutien de son époux, madame Sawadogo affirme être une femme comblée. Elle explique : « Quand mon mari m’aide, je gère bien le travail et je reste en bonne santé. Cela nous rapproche et nous nous disputons moins. » En retour, madame Sawadogo aide son mari à gérer les dépenses familiales. Elle a également une petite activité commerciale qui lui rapporte un revenu en saison sèche. Elle utilise ce revenu pour les dépenses de la famille, et soutenir ainsi son mari.

En cet après-midi frais d’août, le soleil rayonne timidement à Pissila, au Burkina Faso. Il va bientôt se coucher, rappelant à Paul et Esther Sawadogo de s’apprêter à quitter leur champ où ils ont passé la journée. Madame Sawadogo met son enfant de trois ans au dos, et son mari attache soigneusement un fagot de bois derrière son vélo pour la cuisine du soir.

Une fois à la maison, toute la famille s’active pour la toilette du soir et la cuisine. Monsieur Sawadogo a devancé sa femme à la maison et s’assure que tous les enfants ont pris leur douche et que les plus grands ont commencé la cuisine en attendant le retour de leur mère. Monsieur et madame Sawadogo sont mariés depuis 15 ans.

Pissila est une commune rurale de la région Centre-nord au Burkina Faso. Elle est située à 30 kilomètres de Kaya, le chef-lieu de la région. C’est une petite communauté, dont la population est à majorité Mossi, l’ethnie majoritaire au Burkina Faso. Malgré l’influence de la vie moderne, les croyances et le mode de vie traditionnels occupent une grande place dans le quotidien des populations de Pissila. Dans cette localité du Burkina Faso, toutes les tâches ménagères incombent aux femmes, ce qui crée une charge de travail élevée qui retient parfois les femmes en retrait à la maison et dans la communauté. Les Sawadogo pensent que certaines croyances et coutumes traditionnelles défavorisent les femmes et les filles.

Monsieur Sawadogo est cultivateur. La cinquantaine révolue, il a décidé de rompre avec les vieilles habitudes du village qui consistent à laisser les femmes faire tous les travaux ménagers du foyer. Il dit faire cela pour le bien-être de sa famille, et il fait partie des quelques hommes de la région qui donnent un coup de main à leur épouse en partageant certaines responsabilités familiales.

Ce comportement lui vaut souvent des critiques de la part d’autres hommes du village. Mais monsieur Sawadogo est convaincu du bien-fondé de son action et de celui de sa femme dans l’épanouissement de leur famille, même si cela implique qu’ils doivent adopter des rôles contraires à ceux définis par la tradition.

Il explique : « Ma femme et moi, nous nous épaulons mutuellement et j’en suis fier, je n’ai pas honte de le faire. »

Monsieur Sawadogo confie que dans sa famille, tout le monde contribue. Par exemple, toute la famille cultive ensemble. Il déclare : « Cela permet d’aller vite et bien, et nous avons de bonnes récoltes chaque année. »

Il continue : « C’est pourquoi, depuis que j’ai remarqué cela, je ne cesse de donner un coup de main à la maison, afin que ma femme puisse se reposer et être efficace [au champ] le lendemain. »

Madame Sawadogo affirme être une épouse épanouie grâce à l’appui de son mari. Elle explique : « Lorsque mon mari m’aide, je fais tout pour bien travailler et rester en bonne santé. Cela nous rapproche et nous nous disputons moins. »

Elle est très satisfaite de leur mariage. Elle déclare : « Je suis très contente de mon époux. Il m’aide beaucoup dans les tâches, dont beaucoup pensent que c’est uniquement réservé aux femmes. Il arrive que des femmes me demandent ce que je fais pour qu’il accepte me donner souvent un coup de main. » Elle leur dit qu’elle ne fait rien de particulier, mais que son mari juge important de la soutenir.

Madame Sawadogo soutient son mari dans la gestion et les dépenses de la famille. Elle tient un petit commerce qui lui permet d’avoir un revenu pendant la saison sèche. Elle contribue aux dépenses de la famille et soutient son époux. Elle collabore également avec son mari pour accompagner leurs enfants dans leurs études.

Monsieur Sawadogo se réjouit de cela. Il déclare : « Ma femme me soutient beaucoup dans les responsabilités familiales, l’éducation des enfants, et cela me soulage beaucoup, car sinon cela aurait été difficile pour moi. »

Le comportement de monsieur Sawadogo a un impact positif sur sa communauté et les mentalités changent autour de lui, ce pour le grand plaisir des femmes.

Joseph est un habitant de Pissila et un ami de Paul. Selon lui, le comportement de monsieur Sawadogo l’a inspiré et il a commencé à changer ses habitudes. Il explique : « Ici au village, les hommes ne se mêlent pas des travaux comme la cuisine ou la vaisselle. »

Mais la situation est en train de changer. Joseph déclare : « De temps en temps, je chauffe l’eau pour la douche de notre enfant. »

Monsieur Sawadogo raconte que la collaboration entre lui et sa femme est pour le bien de leur famille. Il déclare : « Ensemble, nous essayons d’assurer un bon avenir pour nos enfants. »

La présente nouvelle a été produite pour le projet VIMPlus. VIMPlus fait partie du programme de renforcement de la résilience au Sahel de l’USAID (RISE) qui aide les communautés vulnérables au Burkina Faso et au Niger à se préparer et à gérer efficacement les crises récurrentes et trouver des moyens durables pour sortir de la pauvreté.

Photo : Paul et Esther Sawadogo dans leur champ. Crédit : Sita Diallo Traoré.