Burkina Faso : Roukiyatou Compaoré joue le rôle de cheffe de famille en l’absence de son mari

| mars 28, 2024

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Nouvelle en bref

Roukiyatou Compaoré, 38 ans, est une cadre des affaires sociales de Ouagadougou, au Burkina Faso, qui maintient l’équilibre entre sa carrière et les défis d’une mère célibataire et cheffe de ménage. Son mari a émigré depuis une décennie pour des raisons de travail. Avec sa fille de 16 ans, elle gère les tâches quotidiennes et prend les décisions familiales majeures. Le revenu de madame Compaoré permet de subvenir aux besoins élémentaires de sa famille, et elle est dynamique dans sa communauté, où elle appuie l’éducation et mène des actions de sensibilisation. En tant que cheffe de famille, elle doit s’organiser pour satisfaire les exigences de ses responsabilités professionnelles et familiales.

Comme d’habitude, le jeudi, la journée de travail de Roukiyatou Compaoré s’arrête à 17 h. La jeune dame de 38 ans rentre du bureau au secteur 55 de Ouagadougou, au Burkina Faso, où elle cadre des affaires sociales dans l’administration publique du pays. Elle participe à la lutte contre les inégalités de genre pour un développement humain équitable et durable au Burkina Faso, ainsi qu’à la promotion des femmes et du genre. Après une journée de travail, elle se prépare à accomplir avec l’aide de sa fille les tâches ménagères du soir, y compris la vaisselle, la cuisson du repas, les courses et la lessive.

Elle déclare : « Mon mari est parti à l’aventure depuis 10 ans. Je suis partagée entre les tâches ménagères, l’éducation de mon enfant et mon travail. »

Madame Compaoré est devenue cheffe de famille lorsque son époux a émigré. Elle travaille pour subvenir aux besoins matériels et financiers de sa famille, prend des décisions pour la bonne marche de son foyer en collaboration avec son mari et sa belle-famille. Elle explique : « Quand il y a des décisions importantes à prendre concernant l’entretien et l’éducation notre enfant, je discute avec mon mari ou mes beaux-parents. » Madame Compaoré fait participer aussi sa fille à certaines décisions. Elle ajoute : « Comme ma fille est une adolescente, je l’associe souvent à certaines discussions où elle peut donner son avis. Mais la décision me revient. »

Elle explique qu’il est difficile de gérer seule la responsabilité de chef de famille. Surtout, avec ses occupations professionnelles, il lui manque du temps pour le suivi scolaire de sa fille et les tâches domestiques. Pour cela, madame Compaoré se fait aider souvent dans les activités domestiques. Elle raconte : « Je donne souvent des tâches ne nécessitant pas beaucoup d’efforts à ma fille pendant ses temps libres comme la vaisselle. »

Madame Compaoré subvient aux besoins de sa famille grâce à son travail. Elle déclare : « Avec mon salaire, j’assure la santé, l’alimentation et la scolarisation de mon enfant, ainsi que les autres dépenses courantes. » Elle trouve également du temps pour participer à la vie communautaire. Madame Compaoré est une membre active de l’association des mères éducatrices qu’elle a rejointe il y a neuf ans. L’association aide les enfants en difficulté et sensibilise les femmes sur diverses questions liées au genre.

Ousmane Sawadogo est expert en genre depuis trois ans au Bureau international pour les droits des enfants (IBRC) et il travaille actuellement en qualité de spécialiste de l’égalité des genres et de l’inclusion à Radios Rurales Internationales. À ses dires, avoir des femmes à la tête des foyers influence positivement la dynamique familiale et communautaire. Grâce à la proximité des femmes avec les enfants, elles peuvent transmettre facilement l’éducation familiale. Il estime que cela accorde aussi de l’importance aux décisions des femmes vis-à-vis des enfants en tant que cheffes de ménage.

Monsieur Sawadogo soutient que les femmes contribuent à la santé et à la sécurité alimentaire de la famille en assumant leur rôle de leader, et en prenant des décisions qui favorisent le bien-être de la famille.

Toutefois, il reconnait que les femmes cheffes de famille rencontrent certaines difficultés comme les pesanteurs socioculturelles, l’éducation des enfants et la disponibilité de ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de la famille. Mais il pense que les compétences des femmes en matière de communication et leur affirmation par la défense des droits et des besoins de leurs familles et la leur peuvent les aider à surmonter ces difficultés.

Monsieur Sawadogo ajoute que l’éducation des filles au changement de comportement peut promouvoir l’acceptation et la compréhension du rôle des femmes cheffes de famille dans la société et leur donner les moyens d’influencer les comportements des hommes.

Il souligne que les femmes constituent un levier de développement économique et social de la famille. En effet, elles sont souvent rationnelles en termes de dépenses et proactives en termes de diversification des sources de revenus afin de mettre sa famille à l’abri du besoin. Il soutient que madame Compaoré est un exemple éminent au sein de sa communauté grâce à ses efforts de dialogue et d’interaction avec d’autres personnes et d’autres groupements. Il croit que les autres femmes pourraient être inspirées par son exemple.

Pour équilibrer ses responsabilités professionnelles et les tâches ménagères, madame Compaoré organise sa semaine. Elle cuisine tous les deux jours et consacre ses week-ends à la lessive et au marché. Malgré les difficultés, madame Compaoré pense que les femmes peuvent bien jouer le rôle de chef de famille. Elle conclut en affirmant que : « Les femmes peuvent bien gérer la famille comme les hommes si elles ont l’occasion. »

La présente nouvelle a été produite dans le cadre du projet « UCARE – Soins non rémunérés en Afrique subsaharienne » qui vise à renforcer l’égalité des genres et le pouvoir des femmes par un engagement pour un partage plus juste et équitable des soins non rémunérés et des travaux domestiques au sein des ménages et des familles en Afrique subsaharienne. Ce projet est réalisé en partenariat avec Radios Rurales Internationales (RRI), ONU Femmes et le Réseau de développement et de communication des femmes africaines (FEMNET) grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.