Harouna Sana | juin 24, 2024
Nouvelle en bref
Un après-midi de mai, Mamadou Ouattara rentre de son verger, et traverse la forêt luxuriante de la Comoé-Léraba, rempli d’arbres gigantesques et de vibrants chants d’oiseaux. L’agriculteur de cette localité déclare : « La forêt est notre source de vie. Nous y tirons beaucoup de sources de revenus, tels que le miel, les fruits, etc. C’est pour cela que nous nous organisons pour la protéger. » La forêt jalonne les berges de la Comoé et son affluent, la Léraba, dans la région des Cascades, au sud-ouest du Burkina Faso. Depuis 2001, le gouvernement burkinabé a confié la gestion de ces ressources à une association regroupant 17 villages riverains, qui a organisé les habitants en comités villageois. Monsieur Ouattara est le président du comité villageois de Ouangolodougou. Il explique que les comités sensibilisent les membres des communautés aux bonnes pratiques de gestion des forêts à l’utilisation rationnelle des ressources naturelles.
Ouangolodougou est un village de la commune de Niangoloko située à une soixantaine de kilomètres de Banfora, dans la région des Cascades, au sud-ouest au Burkina Faso. En cet après-midi du mois de mai, Mamadou Ouattara, un agriculteur de la localité rentre de son verger, en traversant la forêt luxuriante de la Comoé-Léraba. Il déclare : « La forêt est notre source de vie. Nous tirons beaucoup de sources de revenus comme le miel, les fruits, etc. C’est pour cela que nous nous organisons pour la protéger. » La forêt est située sur les berges de la Comoé et de son affluent, la Léraba, une zone de transition entre la savane et la forêt dense humide. Des arbres gigantesques et les vibrants chants d’oiseaux mettent en exergue l’abondance de la forêt.
Les communautés riveraines protègent la Comoé-Léraba pour tirer profit de ses ressources naturelles. Et depuis 2001, l’État burkinabé a concédé la gestion de ces ressources à une association regroupant 17 villages riverains qui a organisé les populations en comités villageois.
Monsieur Ouattara est le président du comité villageois de Ouangolodougou. Il explique que les comités sensibilisent les membres des communautés aux bonnes pratiques de gestion des forêts et à l’utilisation rationnelle des ressources naturelles.
Le comité choisit parmi les membres de la communauté des surveillants et leur confie la protection de la forêt contre les intrusions illégales humaines ou animales, le braconnage, l’exploitation non durable et l’orpaillage en collaboration avec le service des eaux et forêts. Le comité construit également des bandes de pare-feu pour prévenir les incendies. Ce sont des couloirs créés autour et à l’intérieur de la forêt pour empêcher les feux de brousse de se propager dans la forêt.
Pour s’assurer que les membres de la communauté utilisent les ressources de façon rationnelle, le comité apprend aux gens les bonnes périodes de cueillette des fruits, et encourage les populations à planter des arbres utilitaires comme le néré (Parkia biglobosa), le karité et le baobab dans la forêt.
Mamadou Karama est le directeur exécutif de l’association intervillages. Monsieur Karama affirme que la croissance démographique et le changement climatique exercent une pression sur la forêt de la Comoé-Léraba, en ajoutant que le pillage des ressources et les sécheresses aggravent la dégradation des forêts. Des groupes armés ont également occupé ces dernières années, rendant impossibles la protection et la restauration des parties occupées de la forêt.
Malgré ces défis, monsieur Karama estime que la forêt de la Comoé-Léraba demeure riche en biodiversité, car on y dénombre 301 espèces végétales, 123 espèces de mammifères et 490 espèces d’oiseaux.
Pour conserver cette richesse, il conseille aux communautés de restaurer les terres dégradées à la périphérie de la forêt à travers le reboisement des parcelles individuelles, la pratique de la régénération naturelle assistée (RNA) et l’utilisation d’autres techniques agroforestières.
Monsieur Ouattara soutient que la forêt lui procure des revenus qui améliorent sa vie. Il affirme posséder des ruches, des manguiers et un champ d’anacardiers qui lui rapportent chaque année plus de 700 000 francs CFA (soit 1 150 $ US).
Fatouma Ouattara est la présidente du groupement des femmes An-houmafa de Noffesso, un des 17 villages riverains de la forêt. À ses dires, sa vie dépend beaucoup de cette forêt, et elle ajoute : « Grâce aux fruits de la forêt, je fabrique du beurre de karité, du soumbala que je vends. Je gagne plus de 200 000 FCFA, soit 332 dollars par an. » Avec ses revenus madame Ouattara contribue à la scolarité de ses enfants et la santé de sa famille.
Lorsqu’on lui demande d’imaginer la disparition de la forêt un jour, elle soupire et déclare : « Ah !!! Hum !!! Cette forêt-là est indispensable pour notre survie. Il faut la sauvegarder ! »
Photo: Groupe communautaire du Burkina Faso, par Harouna Sana, 2024.
