Burkina Faso : Les couples s’entraident pour la gestion des travaux domestiques

| février 5, 2024

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Nouvelle en bref

Wendyam Sawadogo est une assistante de direction, basée à Ouagadougou, au Burkina Faso, qui est parvenue véritablement depuis 2015 à trouver un équilibre entre la vie professionnelle et la famille en collaboration avec son mari qui est ingénieur civil. Ils ont trois enfants et partagent les responsabilités à la maison : elle gère la cuisine, les enfants et les courses, et ensemble ils font l’épicerie. Ils ont changé d’approche après que madame Sawadogo commença à travailler en 2019, mettant plus l’accent sur la collaboration, y compris l’embauche d’une femme de ménage. Les Sawadogo œuvrent pour la compréhension mutuelle et l’apprentissage de l’importance du partage des tâches ménagères à leurs enfants.

Il est presque 17 h ce lundi du mois de décembre, la fin de la journée de travail. Après une journée bien remplie, l’assistante de direction Wendyam Sawadogo née Sia revient à la maison, dans le quartier Bassinko, au nord de Ouagadougou, au Burkina Faso. Maintenant, elle peut s’occuper de quelques tâches ménagères avec l’appui de son époux. Elle explique : « Après le travail, je m’occupe de la cuisine et mon mari ramène les enfants de l’école. »

Le couple Sawadogo a décidé de partager les travaux domestiques pour l’épanouissement de leur famille. Ils sont mariés depuis 2015 et ont trois enfants. Madame Sawadogo travaille dans le domaine des assurances, tandis que monsieur Sawadogo est ingénieur en génie civil dans l’administration publique. Madame Sawadogo s’occupait exclusivement des travaux domestiques, mais elle a commencé à travailler dans une société d’assurance de la place en 2019. Au regard de ses nouvelles occupations, elle a échangé avec son époux pour partager les travaux domestiques avec lui.

Elle déclare : « Grâce à la compréhension de mon époux, nous avons redistribué les travaux domestiques. Je réussis à mener mon activité professionnelle et à jouer pleinement mon rôle d’épouse et de mère. »

Monsieur Sawadogo reconnait que sa femme ne pouvait plus s’occuper seule des travaux domestiques et continuer son occupation professionnelle. Il explique : « Nous avons mis sur la table toutes les tâches courantes de la maison et avons décidé du rôle de chacun en fonction de ses occupations. » Il s’occupe de la gestion des enfants, ainsi que des autres courses courantes pour les besoins de la famille et son épouse s’occupe de la cuisine. Il ajoute : « Pour ce qui concerne les travaux ménagers, je lui apporte mon aide autant que possible. Nous faisons quelquefois le marché ensemble. »

En plus du soutien mutuel, le couple Sawadogo a également recruté une aide-ménagère et décidé d’inscrire leurs enfants dans des écoles à proximité de la maison pour éviter les longs trajets.

Blaise Tiénin est un expert en égalité du genre dans l’administration publique du Burkina Faso. Il déclare que le Code des personnes et de la famille du pays autorise chacun des époux à exercer une profession sans même le consentement de l’autre sauf si l’exercice de la profession peut mettre en péril l’intérêt de la famille. Selon monsieur Tiénin, c’est un devoir pour les conjoints de s’entraider dans la gestion du foyer, y compris les travaux domestiques. Il déclare : « Les hommes doivent aider leurs épouses dans les travaux domestiques, afin qu’elles puissent avoir le temps d’exercer un travail rémunéré et s’épanouir. » Cela permet à la femme d’avoir des revenus et de gérer efficacement la famille.

Monsieur Sawadogo soutient que l’emploi de son épouse contribue beaucoup à l’épanouissement, et que son revenu professionnel permet de satisfaire les besoins et les demandes de la famille. Madame Sawadogo est du même avis, et déclare : « Ce travail me permet de m’épanouir. J’arrive à subvenir à mes petits besoins et j’aide mon mari dans ses projets. »

Pour madame Sawadogo, la réussite de leur partenariat repose sur l’organisation, la discussion et la compréhension entre elle et son mari. Elle pense que pour perpétuer ce succès avec les générations futures, il faut éduquer les enfants sur l’importance de partager les tâches en famille. Monsieur Tiénin partage cet avis, et insiste sur l’importance dans les ménages d’avoir une éducation parentale sensible au genre, de promouvoir la justice et l’équité au sein des ménages; d’offrir les mêmes chances et les mêmes opportunités aux filles et aux garçons, de construire une société juste et équitable débarrassée des inégalités de genre et d’aller vers un développement inclusif et durable.

Monsieur Tiénin conclut en conseillant aux parents de valoriser les tâches ménagères et les personnes qui les accomplissent, et d’être attentifs au partage équitable des tâches entre les filles et les garçons afin que chacun participe à sa manière à l’épanouissement du ménage. Madame Sawadogo ne cache pas sa satisfaction pour le soutien que son mari lui apporte, déclarant : « Je suis contente et heureuse de ma famille! »

La présente nouvelle a été produite dans le cadre du projet « UCARE – Soins non rémunérés en Afrique subsaharienne » qui vise à renforcer l’égalité des genres et le pouvoir des femmes par un engagement pour un partage plus juste et équitable des soins non rémunérés et des travaux domestiques au sein des ménages et des familles en Afrique subsaharienne. Ce projet est réalisé en partenariat avec Radios Rurales Internationales (RRI), ONU Femmes et le Réseau de développement et de communication des femmes africaines (FEMNET) grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.

Photo : Jackson Steven Mazengo avec sa femme Rose Yonathan devant leur maison à Rudewa Mbuyuna, près de Morogoro, Tanzanie le 27 mai 2014.