Fanta Kando | août 30, 2024
Nouvelle en bref
À Sagala, au Burkina Faso, Olivier Paré pratique l’agriculture, l’élevage et la foresterie sur son exploitation de 24,5 hectares, suivant une approche appelée agrosylvopastoralisme qui profite à sa production en général et à la biodiversité locale. Il a 11 hectares de forêt, un hectare pour le bétail et 10,5 hectares pour des cultures comme le maïs et le sorgho. Il récolte trois tonnes de fourrage par saison et gagne un revenu annuel de 18 millions de FCFA (30 000 $ US). Ses arbres et sa terre bénéficient du fumier animal, tandis que son bétail a l’avantage de pouvoir se nourrir grâce au fourrage et à la forêt. L’expert en environnement Hamidou Sawadogo affirme que les agriculteurs et les agricultrices peuvent adopter cette pratique sur de petits et de grands lopins de terre, et obtenir des avantages en termes de rendement et d’environnement.
Sagala, une commune rurale située à 20 kilomètres de la ville de Dédougou, dans la région de la Boucle du Mouhoun, au Burkina Faso, connaît des modifications de saisons qui affectent leur quotidien et l’agriculture. Un matin, sous une fine pluie, Olivier Paré arrive dans son exploitation agricole. Il exploite un patrimoine familial de 24,5 hectares. Monsieur Paré associe les activités d’agriculture, d’élevage et de foresterie sur son domaine. Les mains derrière le dos, il fait le tour de la propriété pour constater l’état d’évolution des semis en cette saison d’hivernage avant de visiter les autres espaces de son domaine. Il déclare : « Vu l’évolution actuelle des plants, je pense que nous aurons une bonne récolte. »
Olivier Paré pratique depuis 18 ans l’agrosylvopastoralisme sur son exploitation pour optimiser sa productivité, minimiser l’utilisation des intrants et réduire l’impact de ses activités sur l’environnement. Il a 11 hectares de forêts qui comptent environ 1 900 arbres de karité et d’autres plantes utiles. Monsieur Paré fait de l’élevage sur un hectare, avec un cheptel de 18 bœufs. Il fait également des expérimentations sur 1,5 hectare, où il pratique différentes méthodes agroécologiques pour améliorer son rendement agricole. Enfin, monsieur Paré pratique l’agriculture sur les 10,5 hectares restants sur lesquels il produit des cultures fourragères comme le sorgho, le niébé et le maïs. Il obtient trois tonnes de fourrage par saison.
Monsieur Paré explique que l’agriculture, l’élevage et la foresterie ont des interactions et sont interdépendants. Il affirme qu’en exerçant ces trois activités sur son domaine, les terres et la forêt bénéficient du fumier produit par les animaux. En retour, les animaux ont de quoi se nourrir grâce au fourrage et à la forêt. Il déclare : « Je ne regrette pas d’avoir adopter cette pratique. » La combinaison cultures-élevage-arbres permet de bénéficier des avantages de chacun, tout en créant un microclimat favorable et en améliorant la biodiversité locale.
Hamidou Sawadogo est expert en environnement à l’Institut de génie de l’environnement et du développement durable de l’Université Joseph KI-ZERBO à Ouagadougou. Il déclare que l’agrosylvopastoralisme est bénéfique pour la nature, car elle respecte les liens entre les écosystèmes et entre les espèces. Il explique qu’on peut pratiquer l’agroforesterie sur de vastes et de petites superficies en organisant adéquatement différentes activités, ce qui permet de convertir les surfaces forestières en des surfaces mixtes de forêts, d’élevage et de cultures. À ses dires, cette pratique n’est pas encore courante au Burkina Faso, mais il encourage les agriculteurs et les agricultrices à adopter cette pratique qui assure de meilleurs rendements pour les communautés sur une longue durée, tout en protégeant leur cadre de vie. Cela est également efficace pour la lutte contre le changement climatique.
Monsieur Paré explique que l’agrosylvopastoralisme est rentable. Cette pratique lui permet d’avoir une source de revenus durable grâce à la diversification des cultures et la vente de produits tels que les céréales, les tubercules, le fourrage, les fruits de la forêt comme les noix, le bois, la viande et les produits laitiers. Il estime à 18 millions de francs CFA (30 000 $ US) son chiffre d’affaires annuel.
Les activités agrosylvopastorales de monsieur Paré ont contribué à améliorer les conditions de vie de sa communauté. Il explique que grâce à son activité, il a trois employés permanents pour l’entretien de son exploitation. Pendant les récoltes, environ 250 travailleurs contractuels, essentiellement des femmes travaillent et gagnent des revenus pour leur famille. Monsieur Paré contribue aussi aux travaux de recherche sur l’agriculture et l’environnement. Chaque année, son domaine agricole accueille de nombreux étudiants et associations qui viennent s’enquérir de son expérience. Il déclare : « C’est ma manière d’être utile à ma communauté en gagnant ma vie et en protégeant l’environnement. »
Photo : M. Paré, prise au Burkina Faso par Fanta Kando, 2024.