admin | octobre 15, 2025
Nouvelle en bref
Sur sa parcelle de deux hectares, Maan Alima Tagnan cultive du millet, du niébé et d’autres cultures avec l’aide de son petit-fils. Parmi ces plants, des « arbres fertilitaires » soigneusement espacés améliorent la fertilité des sols grâce à une technique agroforestière ancestrale que l’Association pour la promotion des arbres fertilitaires, de l’agroforesterie et la foresterie (APAF). Des arbres comme l’Albizia, le Ferruginea et l’acacia albida augmentent les éléments nutritifs, diminuent la dépendance aux engrais chimiques et procurent de l’ombrage. Ayant suivi des formations sur les techniques de plantation, d’élagage et d’entretien, Tagnan et d’autres agricultrices soutiennent que les cultures se portent mieux et que les sols se reconstituent. Malgré les enjeux, comme la raréfaction de l’eau et la propriété foncière, cette pratique se répand au Burkina Faso, au Sénégal et au Togo.
Le soleil resplendit au-dessus de la commune rurale de Cassou, où des sentiers poussiéreux serpentent à travers les petits champs. Sur une parcelle, Maan Alima Tagnan, une grand-mère de plus de 70 ans, est penchée sur ses cultures, une houe à la main. Son petit-fils de huit ans l’aide à désherber la terre qu’elle a héritée de son défunt mari. Cette parcelle de deux hectares nourrit sa famille et elle y cultive du millet, du niébé et d’autres denrées.
Ce qui frappe dans le champ de madame Tagnan, ce sont les arbres soigneusement espacés parmi les cultures. Ce sont des « arbres fertilitaires » qui font partie d’une technique agroforestière ancestrale que l’Association pour la promotion des arbres fertilitaires, de l’agroforesterie et la foresterie (APAF) a ravivée.
Firmin Hien, le directeur général adjoint de l’APAF-Burkina Faso, explique que cette pratique n’est pas nouvelle. Il déclare : « Nos parents avaient l’habitude de planter des arbres pour enrichir le sol, mais les gens l’ont abandonnée lorsque les engrais chimiques sont arrivés. » Des recherches certifient cette pratique, et démontrent que les arbres fertilitaires peuvent accroître de 30 à 60 pour cent les éléments nutritifs du sol, notamment l’azote, le potassium et le phosphore.
Madame Tagnan a planté plusieurs variétés, y compris l’Albizia stipulata, le Ferruginea et l’acacia albidia, localement appelé zaanga. Cheick Zouré, un spécialiste de l’Université Joseph Ki-Zerbo, affirme que l’acacia perd ses feuilles en saison pluvieuse et procure de l’ombre durant la saison sèche, ce qui le rend indispensable pour la préservation de la fertilité des sols. Madame Tagna a testé des engrais chimiques lorsque sa terre a cessé d’être productive, mais elle n’avait pas les moyens de s’en procurer. Maintenant, elle affirme que son sol reprend vie à mesure que les arbres prennent racine et grandissent.
L’APAF a formé madame Tagnan et d’autres agricultrices sur les bonnes techniques de plantation, d’espacement, d’arrosage, de sarclage et d’élagage. Adjara Diasso, la présidente de l’association paysanne locale Les Marolaines, raconte que ces pratiques ont transformé sa terre jadis infertile. Elle déclare : « Tout va à merveille maintenant. Tout ce que je plante à côté des arbres réussit. »
Les pénuries d’eau et la propriété foncière demeurent des enjeux. Edwige Ouédraogo, présidente de la Coopérative des femmes de Bazoulé, explique que les femmes doivent souvent négocier pour avoir de petits lopins de terre et qu’elles ne peuvent pas planter d’arbres sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Elle déclare : « Pour l’instant, nous nous contentons de nos potagers. »
Malgré ces obstacles, les arbres fertilitaires se répandent à Cassou et ailleurs, contribuant ainsi à restaurer les sols et à améliorer les moyens de subsistance au Burkina Faso, au Sénégal et au Togo.
Photo : Maan Alima Tagnan sous l’un des arbres qu’elle a plantés dans son champ. Image prise par Yvette Zongo pour Mongabay.
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Yvette Zongo pour Mongobay, intitulé « Burkina Faso’s women farmers reviving the land with fertilizer trees. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.mongabay.com/2025/09/burkina-fasos-women-farmers-reviving-the-land-with-fertilizer-trees/.