Burkina Faso : Des agriculteurs construisent des réservoirs de récupération d’eaux pluviales pour résister aux sécheresses

| juin 23, 2025

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À Zoundoun-Tampouo, au Burkina Faso, le cultivateur d’ignames Mwinto Somda utilise un réservoir de fabrication artisanale pour irriguer les cultures en période sèche. Construit grâce au soutien d’un projet local, ce réservoir de 200 m3 retient l’eau des premières pluies, ce qui lui permet d’arroser les cultures pendant 21 jours. Après la perte de sa récolte de maïs causée par la sécheresse, monsieur Somda cultive maintenant du maïs, du riz, des ignames et des légumes sur près de cinq hectares. Le surplus de produits agricoles lui rapporte un revenu et il partage l’eau avec ses voisins. Il déclare : « Depuis que ce réservoir m’a sorti de la pauvreté, j’en prends soin comme d’un enfant. »

En mai, Zoundoun-Tampouo, un village situé à environ 300 kilomètres de Ouagadougou, au Burkina Faso, s’est retrouvé sous l’emprise de la saison sèche. Cependant, les premières pluies commencent à tomber, annonçant le début de la saison pluvieuse. Dans les champs d’igname, des rangées de monticules de terre s’étendent à perte de vue. Parmi les feuilles fraîches vertes, le cultivateur d’igname Mwintio Somda entretient sa parcelle d’à peu près un hectare. Il déclare : « Grâce à l’eau des premières pluies que j’ai recueillie, j’arroserai mes jeunes plants jusqu’à ce que la saison pluvieuse s’installe. Ce réservoir est une bénédiction ! »

Monsieur Somda a aménagé un réservoir d’eau d’une capacité d’environ 200 m3, afin d’avoir une source d’irrigation d’appoint. Cela lui permettra d’arroser ses cultures pendant au moins 21 jours durant les périodes sèches.

Il explique que cette structure lui permet de recueillir et de stocker l’eau de pluie. Le réservoir mesure huit mètres par treize et a une profondeur de deux mètres. Pour éviter les infiltrations, il a tapissé le fond avec une bâche en plastique. Il est muni de canaux de drainage qui dirigent l’eau de pluie vers le réservoir, et une couche de roches à l’entrée permet de filtrer les débris végétaux.

Avant de construire le réservoir, monsieur Somda affirme avoir perdu trois hectares de sa récolte de maïs à cause de la sécheresse il y a quatre ans. Grâce au financement d’une organisation partenaire, il a par la suite érigé des murets de pierre et un réservoir de récupération des eaux de pluie pour mieux gérer l’eau et protéger ses cultures.

Monsieur Somda, à l’instar d’autres agriculteurs et agricultrices, a reçu gratuitement du matériel dans le cadre d’un projet de l’organisation partenaire, y compris une bâche en plastique, une motopompe, un rouleau de fil de fer de 60 mètres, du goudron, des pelles, des brouettes, des barres à mine et 60 000 francs CFA (environ 103 $) pour les frais de main-d’œuvre. Selon lui, la construction d’un réservoir, y compris les études de sol, coûte environ un à deux millions de francs CFA (1 730 $ à 3 460 $), en fonction de la taille. Personnellement, il a contribué à l’organisation et à l’apport d’une main-d’œuvre communautaire pour le forage.

Mamadou Niang, un ingénieur agricole du Programme de développement agricole (PDA) de la Coopération allemande, basé à Diébougou, explique que les réservoirs servant à recueillir l’eau de pluie pour l’irrigation constituent une stratégie d’adaptation au changement climatique, en vue d’aider les agriculteurs et les agricultrices à s’adapter aux sécheresses qui se multiplient.

Monsieur Niang reconnaît que le coût de construction d’un réservoir est hors de la portée de la majeure partie des agriculteurs et des agricultrices locaux. C’est pourquoi il recommande également d’autres méthodes de collecte et de stockage d’eau, telles que le paillage, l’aménagement de cordons pierreux et le traçage de rangées de monticules en bordure des champs pour favoriser la rétention des eaux de ruissellement.

Bayizié Dabiré, un autre agriculteur de Zoundoun-Tampouo, dépend d’un réservoir dans son champ de maïs depuis plus de cinq et fait l’éloge de ses avantages. Il y a deux ans, lorsque la région fut confrontée à une sécheresse de 14 jours, ce réservoir lui a permis d’irriguer ses cultures jusqu’à la reprise des pluies. Il ajoute que son voisinage profite également de l’eau du réservoir, ce qui fait qu’il l’aide à l’entretenir chaque année. Monsieur Dabiré déclare : « Mon réservoir m’a sauvé de la faim et la honte. »

Depuis l’aménagement de son réservoir, monsieur Somda a agrandi sa zone de production et a un meilleur rendement. Il cultive désormais du maïs, du riz, des ignames et des légumes sur près de cinq hectares. Il déclare : « Mes cultures ne souffrent plus de l’irrégularité des pluies. » Grâce au jardinage, les réserves alimentaires de sa famille ont augmenté, et il gagne un revenu moyen de 150 000 francs CFA (259 $) chaque année en vendant le surplus de ses produits agricoles. Il a acheté une moto et reconstruit sa maison. Monsieur Somda partage également l’eau avec ses voisins, et irrigue parfois leurs champs en période de sécheresse. Il termine : « Depuis que ce réservoir m’a sorti de la pauvreté, j’en prends soin comme d’un enfant. »