Nelly Bassily | juillet 13, 2009
Cela fait 20 ans que Mary Wambui n’a pas cultivé la terre. Mme Wambui était sans terre depuis l’indépendance du Kenya. Il fut un temps où elle vivait sur des terres publiques. Mais elle en a été expulsée en 1989. Depuis, elle compte sur l’aide alimentaire. Mais cette année, elle a obtenu des terres pour cultiver sa propre nourriture.Avant l’indépendance du Kenya, les frontières terrestres et les allocations de terres avaient été officiellement mises en place dans de nombreuses régions du pays. Mais des milliers de Kenyans n’ont pas d’obtenu de terres. Certains ont vendu leurs terres. D’autres travaillaient loin de leur demeure au moment de la démarcation. Et, d’autres encore n’étaient tout simplement pas propriétaires des terres sur lesquelles ils habitaient.
Pendant des décennies, 2900 familles ont vécu sur le Mont Kenya et les chaînes de montagnes Aberdare, dans la Province Centrale. Lorsque le gouvernement les a expulsées hors de la forêt, elles se sont installées dans des abris de fortune, sur le bord des routes. Ces familles ont récemment reçu des terres du gouvernement kenyan.
Chaque famille a reçu 1,8 hectare de terre: une petite surface pour une maison et une grande parcelle de terre agricole. Les familles se sont mises à cultiver du blé, des haricots et du maïs.
Japhter Kiplimo Rugut est le commissaire de la Province Centrale. Il a supervisé une réinstallation. Il veut favoriser l’amélioration de la sécurité alimentaire locale. Selon M. Rugut, le gouvernement envisage également fournir des terres aux paysans sans terre dans les provinces de l’Est et de la Côte.
Les pluies ont été rares, cette saison, dans la Province Centrale. Pourtant, les agriculteurs nouvellement installés gardent espoir. James Mwangi est âgé de 75 ans. La plupart de sa vie, il a été sans terre. M. Mwangi déclare qu’il ne peut que remercier Dieu et le gouvernement de lui avoir enfin donné une parcelle de terre.
Quand on regarde les cas d’appropriation de terres, nous constatons souvent que les populations rurales perdent l’accès à la terre qu’ils ont traditionnellement possédé et cultivé. Toutefois, au cours des derniers mois, il y a eu quelques nouvelles histoires encourageantes. Ces histoires parlent des populations rurales qui ont obtenu le droit à leurs terres ancestrales ou des terres qu’ils ont longtemps cultivées. Veuillez consulter ces liens pour voir les autres histoires d’ARH sur les paysans sans terre qui obtiennent finalement le droit à la terre:
« Afrique Australe – Des ouvriers agricoles deviennent propriétaires de fermes » (ARH 69, juin 2009)
« Namibie: le peuple Bochiman retourne sur ses terres ancestrales » (ARH 49, décembre 2008)