3. Kenya: L’élevage de papillons prend son envol (The Nation)

| avril 7, 2008

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Clavion Mwachola affirme que la plupart des gens pensent qu’il est bizarre. Ils s’interrogent sur son passe-temps inhabituel – un passe-temps qu’il a transformé en entreprise. M. Mwachola est éleveur de papillons. Il passe donc la plupart de son temps à capturer des papillons et des chenilles. C’est une opération délicate mais qui génère de bons profits.

L’élevage de papillons rapporte à M. Mwachola jusqu’à 10 000 shillings kenyans (environ 160 dollars américains, soit 100 euros) par semaine. Avec le temps, il y aura peut-être moins de gens dans son district qui penseront que son entreprise est étrange. En effet, quelques 900 éleveurs du district de Taita-Taveta de la province côtière du Kenya se préparent à prendre des filets à papillon et à investir dans ce marché lucratif.

Les papillons sont prisés à la fois pour leur beauté et pour la soie qu’ils produisent. Le marché a longtemps été limité pour les éleveurs de papillons qui produisent de la soie. Mais, les papillons vivants sont maintenant de plus en plus appréciés pour leur beauté et leur caractère unique. Au cours des deux dernières décennies, la demande en papillons capturés s’est accrue à mesure qu’à travers le monde, les expositions de papillons devenaient plus populaires. Les éleveurs des pays tropicaux tirent profit de cette tendance en vendant les espèces de papillons uniques de leur région.

Dans le district de Malida de la province côtière, plus de deux douzaines d’éleveurs de papillons ont formé des groupes. Ils font partie de la Kipepeo Project, qui vend des exposants de papillons et des producteurs de soie à travers le monde. Les papillons d’élevage dans le Taita-Taveta District seront également liés aux acheteurs internationaux à travers le Kipepeo Project.

Des groupes de conservation de papillons ont aussi un intérêt grandissant pour l’élevage de papillons. James Mwang’ombe est coordonnateur du projet pour le Taita-Taveta Wildlife Forum. Il dit qu’il y a neuf espèces de papillons dans la forêt de Taita qu’on ne peut trouver nul part ailleurs dans le monde. Les exposants apprécient ces créatures rares. L’élevage de papillons peut également contribuer à assurer leur conservation à l’état sauvage. Les papillons sont menacés par la destruction des forêts. Mais, les gens locaux qui font l’élevage de papillons ont une nouvelle incitation pour préserver les forêts. La formation des agriculteurs exploitant les papillons Taita-Taveta s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste pour préserver les forêts du district.

Étant donné que les forêts fournissent un habitat naturel où les papillons mangent et se reproduisent, l’élevage biologique de papillons peut être beaucoup moins coûteux que les autres types d’agriculture. Mais, là encore, le processus est laborieux.

Ce processus commence avec les éleveurs de papillons qui capturent les papillons dans des filets. Les papillons capturés sont nourris avec du jus de fruits jusqu’à ce qu’ils pondent des oeufs, puis ils sont relâchés dans la nature. Les œufs éclosent et donnent naissance à des chenilles qui se nourrissent de feuilles jusqu’à ce qu’elles se fassent un cocon protecteur. À ce stade de pupe, elles sont emballées pour l’exportation.

M. Mwachola apprécie chaque étape du processus, fasciné par la croissance et le développement de ces créatures ailées. Son dévouement pour les papillons a été si payant qu’il emploie maintenant six jeunes et dirige un groupe plus grand de personnes dédiées à la nature. M. Mwachola dit qu’avec de la patience et de l’ardeur au travail, l’élevage de papillons peut assurer une bonne qualité de vie.