2. Côte d’Ivoire: préoccupés par la grippe aviaire, les éleveurs de volaille diversifient leur élevage avec des lapins (Fraternité Matin)

| décembre 1, 2008

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Afian Michel sait très bien que tout bétail est vulnérable à la maladie. En premier, cet éleveur ivorian a vu la fièvre porcine ravagée les porcheries dans son pays. Maintenant, il s’inquiète des effets de la grippe aviaire. Dans son champs à l’extérieur du village de Cola, M. Afian continue à élever des poulets. Mais récemment, il a commencé à diversifier son élevage avec des lapins. Il dit que les éleveurs ne sont jamais totalement à l’abri des maladies animales, ce qui les amène donc à diversifier pour rester rentables.

M. Michel est l’un des nombreux éleveurs de volailles ivoiriens qui diversifient leurs exploitations avec des lapins. Cette diversification vient suite à l’avènement du virus H5N1, une souche pathogène de l’influenza aviaire, ou grippe aviaire, en Afrique.

La grippe aviaire a été détectée pour la première fois en Afrique sub-saharienne au début de l’année 2006, lorsque des oiseaux infectés ont été identifiés au Nigéria. Depuis lors, le virus a été détecté dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest. La Côte d’Ivoire a signalé des flambées du virus H5N1 chez les animaux sauvages et la volaille domestique en avril 2006. Bien que ces derniers foyers semblaient avoir disparu en mars 2007, un nouveau foyer a été signalé au Togo en septembre dernier.

Avant l’arrivée de la grippe aviaire, Bamba Tiéfi Paul ne possédait que 40 lapins sur sa ferme près d’un quartier résidentiel de Cola, en Côte d’Ivoire. Mais maintenant, les cages à lapins sont réparties sur une vaste zone. À l’intérieur des cages, quelques 1000 lapins sont organisés en fonction de leur poids, de leur âge et de leur sexe. Des centaines de lapins mâles sont prêts pour la vente dans le marché voisin.

La demande en viande de lapin a augmenté parallèlement à l’augmentation du nombre de lapins élevés en Côte d’Ivoire. La viande de lapin est appréciée pour sa tendreté, sa valeur nutritive et sa faible teneur en matières grasses. Les supermarchés et les restaurants en sont de grands acheteurs. La viande de lapin est aussi une source importante d’éléments nutritifs pour les familles d’agriculteurs.

L’autre avantage de l’élevage de lapins, c’est que les lapins n’ont pas besoin de beaucoup d’espace ou de soins. Contrairement aux cages de poulets, on peut empiler les cages de lapin les unes sur les autres. Margueritte Dehon élève des lapins chez elle. Elle a commencé avec une dizaine de lapines en 2003 et dit qu’il a été facile d’apprendre à s’occuper d’elles. Une femelle peut produire jusqu’à 40 lapereaux par an, ce qui a rapidement fait grossir son stock de lapins. Mme Margueritte gagne maintenant 450000 francs CFA (environ 870 dollars américains ou 680 euros) par mois. Elle affirme que les lapins lui permettent de mettre de la nourriture sur sa table.
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