2. Burkina Faso – « La santé maternelle est un droit humain, insiste Amnesty International » (Agro Radio Hebdo, Radio France Internationale, Amnesty International)

| mars 22, 2010

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Moussa est père de 5 enfants. En décembre 2008, sa femme est morte, suite à des complications durant un accouchement. L’enfant qu’elle portait est mort-né. Alors que sa femme accouchait, il a tenté d’appeler une ambulance mais celle-ci est arrivée trop tard. Plus d’un an après le décès de sa femme, Moussa est encore secoué, d’autant plus qu’il n’a jamais compris pourquoi sa femme est morte et pourquoi l’ambulance a tardé à venir.

Au Burkina Faso, plus de 2000 femmes meurent de complications liées à l’accouchement, chaque année. Le mois dernier, l’ONG Amnesty International Burkina Faso, a sillonné le pays pour faire une caravane de sensibilisation sur les questions de santé maternelle.

Christian Ouedraogo est le coordonnateur de la campagne sur la mortalité maternelle. Il explique que la caravane a permis à l’équipe d’Amnesty International de se déplacer dans le pays pour rejoindre le maximum de gens et leur parler des causes de la mortalité maternelle. Différentes causes affectent différentes régions du pays. Dans certaines zones, on peut parler d’excision comme cause de mortalité maternelle tandis que dans d’autres régions, on parle plutôt du mariage précoce ou du refus de fréquenter les structures de soins.

Mais, malgré ces différentes causes, le message qu’Amnesty véhiculait auprès des populations pendant la caravane était le même: « La santé maternelle est un droit humain. » Ainsi, les populations doivent revendiquer ce droit. Au Burkina Faso, les coûts liés à l’accouchement sont subventionnés. En principe, une femme qui n’a pas de complication ne devrait payer que 900 francs CFA. (Environ 1,9 dollars américains ou 1,4 euros) Mais, certaines femmes ne sont pas au courant de ces subventions et elles paient plus cher.

Les femmes au Burkina Faso sont également confrontées à d’autres pressions économiques et sociales. À Gorum-Gorum, dans le nord du Burkina Faso, Fadima est debout depuis 6 heures du matin. Cette jeune femme de 30 ans pile du mil pour des clients afin de se faire de l’argent. Elle se rend aussi en ville pour laver des vêtements pour obtenir des revenus supplémentaires. Ses journées sont très longues.

Fadima a deux enfants et est enceinte de 7 mois. Elle a aussi eu plusieurs autres enfants qui sont morts. Mais, cette fois-ci, son accouchement sera différent, grâce à l’aide de Mme Traoré, une animatrice d’une ONG qui travaille sur le droit à la reproduction et la santé maternelle. Mme Traoré encourage les femmes à accoucher dans des centres de santé. Fadima explique à Mme Traoré que ce sera sa dernière grossesse. Son mari est d’accord car il veut qu’elle prenne soin des autres enfants.

Toujours à Gorum-Gorum, un autre grand problème relié à la santé maternelle est la fistule obstétricale. La fistule est une rupture qui peut survenir lors d’un accouchement compliqué, où la césarienne est nécessaire mais pas disponible. Un partenaire d’Amnesty International, l’association Cellal Rewbe, travaille avec les populations pour les sensibiliser aux causes de la fistule obstétricale à travers des pièces de théâtre populaires, et pour soigner les femmes ayant des fistules.

M. Ouedraogo dit que le travail d’Amnesty continue. Jusqu’en juin 2010, Amnesty mettra l’accent sur les droits sexuels et reproductifs. En d’autres termes, le travail visera à faire en sorte que les femmes aient un meilleur accès à des méthodes contraceptives et soient informées sur les subventions gouvernementales existantes.